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LES RAPPORTS ENTRE FRANCE ET SAVOIE

que le très-chrétien a fait dire à la duchesse qu'il ne pense pas rappeler ses soldats parce qu'ils seraient passés par le Montferrat. On n'en a pas été content, voyant qu'on ne peut plus s'empêcher de donner les logements. Le duc proteste disant qu'il a été trompé par celui qui devait le défendre contre les surprises ; on croit que pour le tranquilliser on tâchera de faire partir, au moins quelques jours, une partie de la troupe pour le Montferrat, et que, plus tard, sous le prétexte du manque de fourrages, elle retournera dans le duché.

Le 15, Jacobelli (i) informe qu'il y a des lettres de Con-

e movesse altre pratiche per compor le parti, non lasci d'avvisarmene subito, e di suggerire insieme quai sarebbe il mezo piij opportuno.

Le 2 septembre 1682, Mgr Muzio informe qu'à Pignerol sont arrivées 12 compagnies de cavalerie française, qui devraient passer à Casai pour remplacer autant de troupes qui rentreraient en France. Mais on trouve que cet échange de garnison n'est qu'un prétexte pour cacher que c'est la duchesse qui a demandé ces troupes, et on le trouve nécessaire car on voit que le duc ne partira pas cette année et qu'il n'y aura pas de guerre. Mais, le 30, il annonce qu'on l'a assuré que les officiers français insistent auprès de la duchesse pour avoir les quartiers d'hiver pour les troupes du Dauphiné, alléguant qu'elles ont été demandées par Madame afin d'étouffer les tumultes qui auraient pu avoir lieu au départ du duc. « Qu'on ne croit pas que la duchesse ignorait l'arrivée des troupes ; peut-être les Français ontils précipité à la suite des informations touchant la mauvaise santé du duc, et on dit que les officiers français envoient une circulaire aux ministres pour leur assurer que ce mouvement n'est pas destiné à troubler la tranquillité de l'Italie. « Toutefois, écrit-il, on ne voit pas quelle garantie peut donner cette simple déclaration ; en tout cas, les adversaires du mariage du duc espèrent que cet incident rompra toute négociation. » Et, le 14, il confirme qu'à Moncalieri on continue à tenir des conseils de guerre en présence du marquis de la Trousse ; on croit qu'on discute sur le logement des troupes françaises ; on l'a accordé aux 3000 chevaux, mais on le voudrait pour 14,000 hommes ; on craint la rupture de la paix en Italie. Mais, le 21, il écrit qu'à la suite de l'opposition de la duchesse on a abandonné l'idée d'augmenter les troupes françaises ; on prévoit aussi que du moment que la France ne fera la guerre que lorsque l'empereur sera engagé contre les Turcs, les officiers français devant la négative de la duchesse n'insisteront pas. On dit déjà que Madame s'est repentie d'avoir considéré la situation pire qu'elle l'est.

(i) Le 20, il dit qu'on n'a pas de foi dans les bruits qui courent sur les mouvements de troupes vers Gênes, tandis qu'il paraît que par cette crainte

828 DANS l'occident DE L'EUROPE.

stantinople du Bailo Donati, qui rend compte de l'accord conclu pour le fait des Morlacques à Zomenico, moyennant le payement de 85,000 zecchini en outre des différents cadeaux ; choses qu'ici on n'accepte pas de bonne volonté... Lundi il y a eu une dispute au Boglio entre les sénateurs G. Gradenigo et Aloise Contarini ; ils se sont battus, on les a séparés et séquestrés dans leurs maisons. Mais, le même jour, il dit que l'accord proposé par Donati s'est fait avec 100,000 zecchini, dont la moitié a été empruntée à des marchands de Constantinople par des traites, et on obtint six mois pour le reste. On dit que cela a coûté 400 bourses, dont 300 pour le gr. Seigneur et les autres partagées entre les ministres, en outre de cette somme 200,000 réaux, 40,000 autres sont allés en cadeaux et pour échanges. Le sénat ne veut pas y consentir et refuse de payer, on est furieux contre le Bailo et on garde le secret sans rien décider (i). Toutefois à la même date, il mande :

on espère que les Génois renonceront à armer les quatres galères, et accorderont à la France le magasin de sel à Savone comme on le désire pour le Montferrat.

(i) Le 22, i\ annonce que le sénat n'ayant pas approuvé ce que fit le Bailo on l'a destitué de ses fonctions, le privant des provisions et mettant sous séquestre ses biens avec l'ordre de se constituer prisonnier ; on enverra le secrétaire Capello avec la qualité d'envoyé. Et, à la même date, il ajoute que Capello doit partir dans 15 jours, portant avec lui le reste de la somme parce que l'ambassadeur de France en est garant. On a écrit au secrétaire du Bailo de dire à celui-ci qu'il est destitué et de partir de suite. Certains disent qu'il en a tiré profit, soit agrandissant la somme soit y mettant des zecchini di calo : il a déclaré aussi d'avoir régalé un ministre de deux vases d'argent, mais ici on n'y croît pas parce que d'ici rien n'est parti et il n'en existe pas à Constantinople. Samedi, on a envoyé une circulaire à toutes les Cours, que le Bailo ayant fait l'accord sans le consentement et l'approbation du sénat, on a décidé de le punir et de l'obliger à rendre compte d'une si mauvaise affaire ) et on dit cela parce que s'étant ébruité que l'accord a été conclu à l'instigation de l'ambassadeur de France, on a peur qu'on dise que la République a des intelligences avec la France en Angleterre. Et, le 26 juin, il écrit : hier Capello s'est embarqué sur un navire public avec l'argent. Des lettres du Bailo disent qu'à Constantinople sont^arrivés des navires français avec So,ooo pezze à remettre au gr. Seigneur pour l'affaire de Chio ; que Constantinople est dépeuplée, tout le monde étant parti avec les troupes.

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