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LA RÉPUBLIQUE SE TIENT SUR LA RÉSERVE

protestante, et in aifTari implicati con quelli di principi eretici, mentre non puô caminare concordemente ne le è permesso di porre le mani in tutto. Oltre che detta mediazione, corne disarmata, non puo operare con tutta quella efficacia che sarebbe necessario, ne di lei si fà per lo più tutto il conto, che si dovrebbe. A questo si agiunge che N. S'"^ desidera bensi sopra ogn' altro la concordia, e la tranquillità publica, ma non si cura di conseguire il titolo di conciliatore. Per tutti questi rispetti non crede la S^^ Sua di poter ammettere il pensiero di cotesto Sig»" Ambasciatore Cesareo, quale nondimeno potrà V. E. render certo, che qui non si ommetterano mai quelle parti, e ufficii fuor délia mediazione che si crederanno proficui ed opportuni a un cosi gran bene (i). Le 31, Jacobelli informe encore qu'on a répondu à l'ambassadeur impérial, que l'on ne pouvait pas donner de secours à cause de la pauvreté du Trésor et de la nécessité de se défendre dans le Frioul et sur mer. Toutefois, on apprend que ces messieurs tiennent secrètes leurs offres à l'empereur quoique apparemment on laisse voir de les refuser. Mais, le 21 août, il écrit que, jeudi dans le Collège, Nicolo Cornaro proposa de lever le masque et d'aider l'empereur, car la chrétienté, dont la République est un des membres, l'exige ; de suivre l'exemple de N. S. qui, avec tant de libéralité dispose des revenus du Saint-Siège, ajoutant que si on veut que l'argent passe par des mains secrètes on pouvait imiter le grand duc et autres princes qui en chargent S. S. La proposition a été acceptée et on décidera (2). Et, le 28, il ajoute qu'on maintient

(i) Le 19, Lauri transmet à Cybo la liste publiée des navires du roi : 92 vaisseaux, 4014 pièces de canon, 31,610 hommes d'équipages. Dans ces nombres ne sont pas compris : 8 grands navires armés récemment et les navires de compagnies orientales et occidentales dont le roi est le chef.,. Il y a aussi d'autres vaisseaux neufs de Rochefort, ce qui donne en total 258 navires. Et, le 23, il lui annonce que le comte Fieschi a publié une seconde requête au roi contre la Maison Doria et autres princes italiens... Il transmet aussi un nouvel arrêt du roi pour que les fils de huguenots convertis, ne dépassant pas 14 ans, deviennent catholiques ; il y a des peines comminatoires contre les ministres protestants s'ils les reçoivent aux sermons.

(2) Le 28, Cybo répond que la liberté et le zèle de Nie. Cornaro sont dignes d'éloges, ayant excité la République à faire sa part dans le danger commun et on ne comprend pas comment le Sénat peut attendre la chute de Vienne pour courir à sa défense,car ce malheur entraînerait la perte de la Hongrie.

838 DANS l'occident DE L'EUROPE.

le secret sur ce Pregadi, mais il paraît qu'on enverra des secours à l'empereur pour la campagne future, d'autant plus que l'ambassadeur à Vienne écrit que Caprara a envoyé, de la part du gr. Vizir, un projet de paix partageant la Hongrie

— la partie nord resterait aux Turcs et la basse à l'empereur

— si ce projet était accepté on lèverait le siège de Vienne (i).

Le 30, Mgr Ranuzzi de Paris, informe à Cybo qu'augmentent les soupçons d'une campagne en Flandre ; on parle de concentration de troupes et que le roi veut profiter de la situation pour de nouvelles conquêtes (2). En attendant, l'époque du voyage de S. M. est incertaine ; le roi ne désire pas qu'on en parle ; on croit qu'on attend des nouvelles de Vienne. Et, le lendemain, il annonce que l'ambassadeur d'Espagne est venu lui dire que le très-chrétien veut faire entrer ses troupes dans les possessions de son roi en Flandre et qu'il est chargé de demander une prolongation du terme imposé. « J'espère, conclut le nonce, que S. B. sera contente en apprenant qu'ici on facilite un accord à l'amiable entre les deux Couronnes sans troubler la tranquillité » (3). Mais, le 3 septembre, l'abbé Tanari, internonce à Bruxelles, mande à Cybo : « je dois avec regret informer V. Em. que la guerre entre les deux Couronnes si elle n'est pas commencée, sera déclarée sous peu. Les français non seulement sont entrés dans le pays espagnol en occupant plus des deux tiers des possessions de la Flandre

(i) Le 18 septembre, Cybo écrit : « quoique ces messieurs en présence des besoins urgents de la chrétienté n'aient pas cru devoir secourir l'empereur, toutefois N. S. ne veut pas perdre l'espoir qu'on donnera quelques secours pour la Hongrie et la Croatie à la suite de la demande faite par Martinitz ; car ce sont des provinces dont la sûreté intéresse la République. »

(2) Et, le 4, MgrMuzio, de Turin avertissait, qu'on dit qu'au retour de l'armée navale d'Alger, commandée par Duquesne, — où, avec argent et sans coups de canons, on a obtenu la paix et la restitution des esclaves, — on veuille attaquer Gênes ; toutefois on ne voit pas de préparatifs pour un assaut, par terre.

(3) Et, le 6 septembre, il ajoute : « l'ambassadeur m'a dit que les français sont entrés en Flandre et que le maréchal de Humiers a publié un édit. S. Exe. me pria d'en parler au roi pour la paix entre les deux Couronnes ».

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