LES DEMANDES DU TRÈS-CHRÊTIEN
Marchese di Grana, che inclinando hora le cose ail' aggiustamento si contenti di tenere una condotta che non cagioni maggior acrimonia, e successi che alterino la présente dispositione senza profilto alcuno per la sua parte, mentre è certo che nello stato in cui sono le armi, che egli hà in Fiandra, non è capace di tentare alcuna impresa, o fare altra azione, che gli sia vantaggiosa, ma solamente di dare incentivo à i Francesi di far peggio di quello, che hanno fatto sin hora, corne n'appariscono le minaccie, non solo in voce, ma anco negli ordini, che sono stati dati al Maresciallo di Umieres, e posti alla stampa, ancorche sin hora qui non publicati. Ne ho ritratto ch'egli scriverà, ma che il Marchese hà gli ordini di Spagna intorno al modo, nel quale deve contenersi, e che non potrà partirsi da quelli ; al che ho replicato doversi intendere gli ordini secondo lo stato délie cose nel tempo che furon dati, e che havendo horamutata faccia, un ministro délia conditione che è un governatore di Fiandra, non puô essere cosî strettamente ligato, che non habbia l'arbitrio di modificare, e sospendere simili esecutioni, eper meglio assicurarmi, ho notificato tutto ciô che passa à Mons'" Internunzio di Fiandra acciocchè egli possa far col governatore le parti, che gli detterà la sua prudenza, e la premura di ben servire al zelo paterno di N. S''*^^ per la pace délia Christianità. Le 2, Cybo exprime à Ranuzzi le contentement du pape d'apprendre qu'on doit retirer les troupes des Pays-Bas espagnols, car S. S. espère que du retard concédé jusqu'à mars on pourra s'accorder pour la paix ; « toutefois V. S. continuera ses démarches auprès du roi ; et N. S. espère apprendre un bon résultat de la première audience. » Le 5, le nonce écrit : « Croissy est venu me dire que le roi dans la question avec l'Espagne, était décidé à prendre Courtray, comme il l'a fait ; il déclara vouloir la paix autant que S. S., qu'il consentirait à la démolition de la forteresse à moins qu'on ne veuille lui livrer Luxembourg. Croissy ajouta que pour faciliter la paix avec l'empereur le roi avait écrit à son ministre à Ratisbonne : que si la trêve de 30 ans était trop longue on pouvait la réduire à 20 ou à 25 ; mais que S. M. voulait une réponse de l'empereur et de l'Espagne dans l'année courante autrement il reprendrait sa liberté (i).Le même jour,il mande :
(i) Le 8, il ajoute que s'étant rendu à Versailles, il a appris du roi même la prise de Strygonie par les chrétiens. « S. M. se montra très-contente du
S^S DANS l'occident DE l'eUROPE.
«ayant dit à l'ambassadeur du catholique que les Français sont en train d'attaquer quelque place, il me répondit irrité qu'on y répond par le canon, que l'Espagne n'avait rien à dire, qu'on devait réunir un Congrès et que je devais en parler à Croissy. Mais je me suis excusé, n'ayant pas d'instructions, de ne pas me mêler de cette affaire, d'autant plus que réfléchissant mieux on peut voir que la place de Courtray n'a pas d'importance surtout si on démolit la forteresse ; et que pour décider l'Espagne on lui demande des cessions en Catalogne » (i).
Le 6, Cybo répond à Tanari :
Riesce di grand' afflizione all'animo paterno di S. S. il vicino pericolo di una nuova guerra frà le due corone, mentre, che l'armi dell' Imperio, e di Polonia stanno per raccogliere il frutto délie vittorie ottenute contro il nemico comune. V. S. continui ad avvisare quello, che anderà succedendo, con sicurezza d'incontrare un pieno gradimento ecc.
Le 7, Cybo écrit à Mellini : « de l'acquisition qu'on vient de faire de Strygonie on voit que Dieu bénit les armées chrétiennes ; toutefois, il est bien à craindre que les Turcs ne perdront pas courage et qu'ils reviendront en force, par conséquent il y a toujours plus besoin d'argent. S. S. a fait son possible et avec un grave poids pour le trésor apostolique, mais il est à
bien qui en résulte pour la cause commune et de la gloire qu'on doit à N. S. pour tout ce qu'il y a contribué et par son application à l'union des armées.» (i) Le 8, il ajoute, qu'il a parlé à S. M. de la douleur de N. S. en apprenant l'affaire de Courtray, voyant qu'on rouvre les hostilités ; et « je l'ai priée de vouloir prêter l'oreille à la suspension d'armes surtout qu'ayant occupé cette place il ne reste que des petites localités pour que la France ait ce qu'elle prétend de l'Espagne ; et j'ai ajouté qu'à la suite de l'incident de Courtray j'avais dit à l'ambassadeur que la France était disposée à accepter quelques autres localités à la place de Luxembourg, et que par conséquent il fallait accorder du temps pour les négociations... Je n'ai rien pu tirer du roi ; peut-être parce que d'Avaux n'avait pas encore renseigné sur l'impression en Hollande de la prise de Courtray ».Et,à la même date, il informe : d'Avaux a dit aux E. G, de la Hollande ; que l'Espagne, ne voulant pas donner au très-chrétien les satisfactions à propos d'Alost et du vieux bourg de Gand, et, à la suite des hostilités du marquis de Grana contre les troupes françaises, il leur déclara que son roi au lieu d'Alost demande Luxembourg ou d'autres localités en Catalogne.