ESPÉRANCES DU PAPE. 85I
Le 21, Cybo écrit à Mellini : « N. S. ne cesse de vouloir la paix entre les princes catholiques, afin que la guerre puisse se continuer contre les Turcs. Déjà le nonce à Paris aura informé V. Em. des démarches, que d'ordre de S. S., il a faites auprès du très-chrétien touchant la probabiUté d'un traité ; et à présent on a des renseignements qui laissent espérer de bonnes dispositions de cette Cour pour la concorde. V. Em. doit continuer à correspondre avec Ranuzzi. »
Le 22, Jacobelli prévient Cybo qu'il sait seulement que dans la réunion du Collège on a décidé d'écrire au général de Dalmatie pour qu'il traite avec douceur les Morlacques, qui sont rentrés dans leurs quartiers après avoir dévasté et incendié les propriétés des Turcs. Certains voulaient les punir et prendre leurs chefs comme otages, mais au contraire on en a fait partir quelques-uns qui se trouvaient ici en leur faisant cadeau de colliers. « On parle de la ligue à faire et il paraît qu'on est unanime à la conclure, toutefois aucune invitation n'a encore été faite et pour cela on demande le nonce, et Ascanio Giustiniani m'a fait prier d'en écrire à V. Em. pour en faire hâter le départ, le nonce portant avec lui le mandat invitant la République à la ligue et à la guerre contre les Turcs, ajoutant que S. B. verra comme la République agira sérieusement, en mettant sur la mer des barques pour faire une diversion à la guerre. Dans l'assemblée on a ordonné d'armer 25 galères et
pello de Contantinople, disent que le Moscovite y est arrivé et a déclaré au gr. Seigneur que les deux Czars se sont accordés, l'un se contentant d'être l'évêque, soit d'avoir le pouvoir spirituel, cédant à l'autre le temporel. Et, l'envoyé, parlant au nom de son maître, a fait instance pour la restitution de l'Ukraine et d'autres localités car ses prédécesseurs n'ont jamais ratifié la cession, ne pouvant pas le faire. Le gr. Seigneur lui répondit de s'adresser au gr. Vizir, mais le moscovite ayant dit que son Czar voulait la réponse de lui et non d'autre, le gr. Seigneur le menaça de lui faire couper la tête ; mais les ministres ont obtenu la suspension de l'ordre. Il paraît que les Turcs sont irrités contre la République : ils demandent des réparations pour les barques séquestrées, d'où on prévoit la guerre inévitable et demain il y aura une Consulta,
de défendre à qui que ce soit l'entrée dans l'Arsenal ; et tout bâtiment arrivant de la Dalmatie doit s'arrêter au Lido ».
Le 23, Cybo écrit à Ranuzzi : pour ce qui touche à l'ordre qu'on lui a donné de ne pas parler de la médiation parce que le nonce à Nimègue n'a pas été bien traité, il semble qu'il est plus opportun de n'en plus parler ; les parties voudront aussi un médiateur pour les hérétiques, du commerce desquels le nonce devrait s'abstenir. Et, le même jour, il ajoute :
Il Sig^ Ambasciatore di Francia nella sua udienza d'hieri ha dato parte a S. S. délia dichiarazione fatta dal Rè intorno alla pace générale dell'Europa, et aile sicurezze, che ne vuol dare, come si vede dalla stessa dichiarazione, che il S'" Ambasciatore lesse distesamente à S. S., che ne hà sentito una contentezza particolare per vedere le cose incaminate al trattato délie pretensioni communi. E se bene il Rè si avvanza a dimandare diversi luoghi ; nondimeno, spera che possa ancora ridursi à qualche moderazione. V. S. 111™'* hà prevenuto con le sue lettere la consolazione di S. San^^^ che poi si è accresciuta con la confermazione più specifica, che ne hà riferita il S^ Amb^^ in nome di S. M. Preme N. S. che V. S. 111'"^ continui la sua applicazione à questo gravissimo negozio, che è il maggiore, et il più utile di tutta la Cristianità, e commenda singolarmente il suo zelo, e tutto quello che hà oprato in ordine à questo fine col S'"^ di Croissy, e con S. M.,e quanto hà scritto al S^^ Cardinal Mellini, et all'internunzio di Fiandra in tal proposito. La S^^ Sua è determinata di contribuire tutti quelli uffizii che stimerà profittevoli in Germania, et in Spagna, come ha fatto sinora, e li rinoverà efficacemente, essendovi eccitato dalla sua pietà connaturale, ed all'apostolica sollecitudine che l'obliga ad eseguirlo efficacemente. Se potesse riuscire à V. S. Ill"^^ di far ritirare le truppe Francesi dalli Stati di Fiandra, che hanno portati tanti aggravii alli poveri habitatori con lasciarli miserabili senza loro colpa sarebbe un'introduzione molto opportuna per facilitare li negoziati, che sono in piedi, e di somma sodisfazione di S. S. che hà una particolare commiserazione délie loro angustie, ecc.
Le 26, Tanari écrit de Bruxelles : les graves pertes subies par la flotte hollandaise, rendant impossible l'embarquement à Guttembergh des troupes suédoises, ont servi de prétexte à la ville d'Amsterdam pour se maintenir dans la décision de