NÉGOCIATIONS FRANCO-ESPAGNOLES
16,000 hommes ; elle reproche aussi aux espagnols de n'avoir pas en Flandre 40,000 soldats comme c'était convenu, d'autant plus que la ligue entre le catholique et la Suède n'est pas encore ratifiée. A présent on verra ce que décideront les Etats Généraux, car selon les précédents de la République, indépendamment du refus d'Amsterdam de s'unir aux autres, on peut faire la levée. D'autre part, il y a ce danger : Amsterdam concourant pour plus du tiers au Trésor il faut voir s'il y aura l'argent nécessaire (i). Mais, le 27, Cybo l'engage à marcher d'accord avec Mgr Ranuzzi pour traiter avec le gouverneur et disposer les choses pour un accord auquel, au dire du nonce, semble inclinée la situation faible de l'Espagne et surtout pour qu'on reste dans la défensive et non dans les hostilités en Flandre, car on pourrait rendre tout plus difficile en se mettant en guerre complète.
Le même jour il écrit à Bonvisi : « V. Em. saura par Mgr Ranuzzi ce que le duc d'Estrées a communiqué à N. S. touchant les bonnes dispositions du très-chrétien, qui, pour complaire le pape et assurer la paix générale en Europe, consent à renoncera prétendre certaines localités. S. S. m'a ordonné d'en informer Ranuzzi, afin qu'il puisse obtenir du roi qu'il ait à se contenter de proroger le bref terme qu'il a fixé et, en attendant, de rappeler ses soldats de la Flandre espagnole. J'en informe V. Em. pour que l'empereur ait à continuer à négocier avec le roi, et qu'elle tâche de veiller pour que, si possible, la paix se fasse, afin que l'empire soit complètement libre dans son action contre les Turcs ». Mais, le même jour.
(i) Le 17 décembre, il promet de suivre les instructions de Ranuzzi. Mais ce qui a lieu en Flandre ne correspond pas au pieux désir du pape : la paix entre les deux Couronnes. On ne peut pas s'expliquer les cruautés des français en Flandre, même dans les lieux sacrés, contre les personnes et toute chose ; les espagnols font des représailles dans les localités françaises mais avec peu de succès. Le gouverneur craint que sous peu les français ne commencent le siège des places fortes. La ville d'Amsterdam en outre d'avoir rendue incertaine la ligue, en a retardé l'efficacité, parce que si même la ligue est respectée à présent elle n'aura d'effet qu'au printemps.
Bonvisi lui rend compte d'une réponse, qu'il a faite à Ranuzzi. Ce nonce, par lettre du 29 dernier, l'informait qu'il lui semblait pouvoir espérer la conclusion de la paix entre les deux Couronnes de France et d'Espagne, en offrant au très-chrétien une compensation en Catalogne ou Navarre au lieu du Luxembourg ; et on attend de Madrid une réponse catégorique à ce sujet. Il y aura toutefois la difficulté sur la forme à donner au traité, parce qu'à Paris on ne veut pas de congrès général des traités particuliers, desquels on suspendra l'effet jusqu'à ce qu'on se soit accordé avec tous. « A cette information Bonvisi répondit au nonce : à Vienne on trouve inacceptables les conditions imposées par la France à l'Espagne avec Courtray et les dix bourgades de Flandre, trouvant qu'on change les frontières établies à Nimègue ; cédant Luxembourg on perd la plus grande place du Pays Bas. Par contre avec les cessions en Catalogne on met en dépendance (servitu) cette principauté et, cédant Pampelune et Fontarabie, on ouvre la seule porte qui rassure l'Espagne de ce côté. A Vienne aussi on attend des nouvelles de Madrid, mais il assure qu'on ne veut pas de traités particuliers. »
Le 27, Jacobelli annonce à Cybo :
La Consulta di domenica passata hà dato occasione à due Pregadi straordinarii per proporvi la materia in essa discorsa ; l'uno fù mercordi nel quai si delibero, anzi passô la parte di armar presentemente altre venti galère, e di accrèscere il datio all'entrata, sei per cento, che altre volte per urgenze délia Rep'^^ era stato imposto ad tempus ; si discorse nella medesima Consulta ancora sopra l'impositione di altri datij, corne di Quattro soldi per quartarolo di sale ; di due lire per staro di farina, e di due soldi per libra d'oglio, et anche di nova tassa sopra le arti, oltre l'aggregatione di dodici famiglie alla nobiltà ; Si è saputo che siano stati ancora chiamati li deputati all'Arsenale, e li Proti per sapere che legni, in termine di quaranta giorni, possano esser all'ordine, et è stato risposto, 27 galère 4 galeotte ; et 8 navi. L'altro Pregadi fù fatto hieri sera, e con tutto che fosse dato giuramento di segretezza, si è pénétra to nondimeno esservi stata disputa contro il Collegio, perche essendosi risoluto nella Consulta di domenica di scrivere al Sig^ Confarini ambasciatore in Vienna d'investigare con applicatione se la Lega trà rimp*"^ e Polonia sia per durare, e sia per proseguirsi la guerra, e che ricava-