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LE SÉNAT VÉNITIEN ET ROME

tene le notitie accertate, le riferisca al Senato, accioche si possa venire dal medesimo aile délibération! opportune ; ne fù portata hieri sera dal Collegio al Senato la lettera, alla quale fù opposto solo che non si dovessero scrivere le ultime parole per venire aile risolutioni opportune ; essendo queste di troppo impegno, ma il Collegio ne vinse l'opinione, essendo passata la lettera con esse parole, da che si argomenta che il Senato voglia la Lega, e la guerra.

Mi si dice ancora che nella Consulta di domenica si trattasse circa il modo d'introdurre il negotiato délia Lega, e vi fù chi propose che per li dispareri, che corrono in Roma si doveva introdurne la pratticca in Vienna, ma il Sig"^ Andréa Valiero si oppose, dicendo che la Rep'^^ ne tempi passati, non haveva trattato mai simili leghe, che con il Pontefice e che per tutti li rispetti, anche per riputatione délia Rep^^, questa non SI doveva trattare che con S. B^. A taie opinione mi si dice aderissero quasi tutti li congregati.

Mi vien detto che l'ambasciatore di Vienna habbia scritto in Senato, che S. M^à. Cesarea gl'havesse communicato, che passera in Mantova un presidio che verra pagato la meta da Spagnuoli,e l'altra dalla Corte Cesarea, con ordine di significarlo segretamente alla Rep'^^, accioche non prendesse gelosia per la calata di queste truppe, anzi dasse ogni assistenza possibile, essendo tutto cio diretto alla quiète d'italia ecc.

Le 29, il ajoute que dans le Pregadi de samedi soir (i) on

(i) Le 4 décembre, il informe : que dans le Pregadi le chev. Zeno a proposé d'envoyer à S. B. un noble pour négocier. Cappello, Savio de terreferme, fut au contraire d'avis d'attendre encore, mais son collègue Giov. Cornaro lui répondit et gagna la partie en faisant considérer qu'il trouvait étrange que tandis que le Sénat a pour loi d'exclure dans les discussions d'affaires touchant Rome non seulement les parents au ler degré des ecclésiastiques, mais toute personne qui a la moindre attache avec eux, on continue par contre à confier les négociations des matières les plus graves aux mêmes ecclésiastiques. Ce discours entraîna le Sénat à approuver la mission à Rome, avec 30 voix contraires. On proposa plusieurs sujets, et, sur sept candidats, Giovanni Lando a été élu avec plus de 100 voix; après lui c'est Nicolo Cornaro qui en a eu le plus. Ce matin aussitôt qu'on a publié l'élection toute la ville a applaudi ; « j'espère qu'elle sera bien agréée aussi par S. S., qui connaît déjà les bons sentiments de ce patricien, car par ses oraisons Lando obtint du Sénat la possession de Spalatro à Mgr Cosmi, la licence de mon bref, la délibération de recevoir le nonce et la restitution des barques d'huile. Il partira sous peu avec l'ordre d'habiter dans un cou-

discuta au sujet de Rome. Andréa Valiero excita le Sénat à rétablir une véritable correspondance avec le pape, la trouvant nécessaire dans le moment actuel et aussi eu égard à la sainteté de la personne de N. S., de sa bonté et du zèle pour la chrétienté. Et Valiero, voyant d'après les dernier» faits, qu'il n'était pas possible de s'entendre, demanda de proposer au Sénat d'envoyer aux. pieds du pape une personne pour lui représenter les raisons de la République et pour traiter la ligue. Il proposait aussi d'envoyer à Rome un ambassadeur extraordinaire, ou un secrétaire pour éviter la question du quartier ou, mieux encore, un patricien en forme privée et qui devrait habiter dans un couvent. Mais Pietro Valiero, le Savio de la semaine, lui coupa la parole disant : V. Exe. ne doit pas se fatiguer à ce sujet, parce que tout le Collège partage la même opinion et va présenter au Sénat une proposition de ce genre. « Mgr Cosmi m'a dit que le choix tombera sur Federico Marcello ou sur J. Ascanio Giustiniani ». D'après des lettres de Contarini de Vienne, l'entrée de la Moscovie dans la ligue semble certaine, et le roi de Pologne a écrit aussi au Sénat l'invitant à s'unir contre les Turcs.

Le 30, Cybo envoie trois lettres à Ranuzzi ; dans la première il écrit : « l'occupation de Courtray et de la citadelle a fait bien de la peine à N. S., à cause des circonstances actuelles et pour ce qui pourra suivre ; S. B. tâchera de faire des démarches, tant auprès de l'empereur que du roi. » Et, dans la seconde, il lui répond : « N. S. a été bien content d'apprendre les félicitations du très-chrétien pour la prise de Strygonie par les armées chrétiennes. Il ne s'attendait pas à autre chose

vent de moines. Lando possède plusieures qualités à le rendre respectable quoique jeune ; modeste, avec des manières douces et par sa parole il gagne l'auditoire et de cette élection V. Em. peut calculer l'estime dont il jouit auprès du Sénat », Le 11 décembre Cybo répond : « on a appris avec une satisfaction particulière la décision du Sénat d'envoyer G. Lando dont S. S. a notice des belles qualités et bons sentiments ; mais s'il ne vient pas ici avec des déclarations qui rendent justice aux réclamations de N. S., le pape regretterait qu'il eût à partir sans être satisfait ».

CONSIDÉRATIONS DE BONVISI. 857

de la piété de S. M., mais le contentement du pape a été diminué par la prise de Courtray, car cela pourra être cause du rappel des troupes impériales de la Hongrie ; d'autant plus qu'on dit que les Turcs se préparent avec de grandes forces pour la campagne future ; ainsi on voit comme il est nécessaire de maintenir une bonne entente entre les chrétiens pour s'y opposer. V. S. tâchera d'employer ses bons offices afin que S. M. veuille, même pour sa gloire, arrêter la marche de ses troupes et chercher, en négociant, la résolution des questions accordant au moins une suspension d'armes, pour qu'on puisse s'opposera l'ennemi commun ». Dans la troisième, il lui mande : « V. S. voit bien le dommage que peut causer la prise de Courtray dans des moments si difficiles, d'autant plus que des lettres des ministres et des assurances de l'ambassadeur on espérait arriver à un accord. V. S. doit donc faire des démarches auprès du roi pour qu'il arrête le mouvement de ses troupes et prolonge les négociations jusqu'à janvier, le mois accordé n'étant pas suffisant. J'ai écrit à Mellini et à Honvisi à Linz ; mais on craint toujours que la prise de Courtray ne trouble tout » (i).

Le 4 décembre, Jacobelli mande :

Il Rè di Polonia con lettera, che hà scritto al Senato, mi si dice habbia mandate ancora una lettera del primo Visir scritta al Techeli, nella quale si riconosce apertamente l'intentione, che havevano li Turchi

(i) Et, le 21 décembre, Cybo lui écrit encore : qu'à la suite de sa lettre touchant la promesse de la paix entre les deux Couronnes, il a ordonné à Bonvisi à Linz et à Mellini de travailler réciproquement à persuader les deux Couronnes. « Il est vrai que toutes les démarches de l'empereur auprès de l'Espagne n'auraient d'efficacité à moins que le très-chrétien n'agisse avec modération, finissant avec les prétentions qui augmentent chaque jour... Toutefois, la prospérité des armées chrétiennes, l'abattement des lurcs engagent à profiter d'une telle opportunité. V. S. doit dire à La Chaise, à Croissy et au roi même : que Dieu veut la guerre contre les Turcs et qu'il enverra des fléaux sur ceux qui l'empêchent d'une manière quelconque. N. S. ordonne à V. S. de parler en ces termes précis, car il sait bien que le plus souvent on n'ose pas parler aux princes avec la liberté qui convient à la dette et à la qualité de père commun que le pape tient dans l'Eglise, spécialement dans des moments aussi critiques. »

dopo l'acquisto di Vienna d'invadere lo stato délia Rep^^», ad effetto di muover questa ad una lega offensiva, e defensiva contro il Turco, alla quale S. Mtà l'invita con impegnare la sua fede reale per il mantenimento di essa Lega, e di più che non si sarebbe mai trattata la pace senza il consenso et intervento délia Rep<^^, rimostrandogli, che mai più era per presentarsi una congiontura più favorevole, non solo di ricuperare l'occupatogli dal Turco, ma d'impadronirsi ancora di tutte le isole dell'Arcipelago, e perciô esortava il Senato à prevalersi di cosi bella occasione perché egli sperava di veder le due armate in Constantinopoli, cioè la sua per terra, e quella délia Rep^^ per mare.

Mi dicono habbiano havuto ancora una lettera del Dragomanno Tarsi, quale si trova appresso il Visir nel tempo délia fuga da Vienna, gl'avvisa questo che il Turco fosse in una total costernatione, che perciô non bisognava abusarsi di si opportuna congiontura per ricuperare l'usurpatogli dal Turco. Questa sera si deve portare al Senato la risposta per il Rè di Polonia, che dicono sia con parole che danno speranza alla Lega. Si è trattato anche nella Consulta di spedire à S. M^^ ancora un inviato, ma mi si dice che questa deliberatione si sia differita per' sentir prima à che si porranno li negotiati del Sig^" Gio.Lando con S. B^ circa questo particolare délia Lega, quale dicesi che si concluderà quando S. S^à vi si voglia interessare con la sua autorità, e con gl'aiuti, sopra quali per quello si sente qui, si fà grandissimo fondamento. In tanto non si tralascia di far tutti li preparamenti necessarii in Arsenale, dove continuamente fanno visite li Savii per sollecitare li lavori ecc.

Le 5, Bonvisi écrivait à Ranuzzi : « D'après les nouvelles de Flandre on voit combien on s'éloigne d'une conclusion ; et on dit qu'on ne peut pas se fier aux déclarations de Croissy à V. S. car on continue toujours à étendre les occupations sous le prétexte que les premières entraînent les nouvelles. Je voudrais que les Espagnols calculassent bien le fondement qu'ils peuvent faire de leurs forces et de celles de leurs alliés avant de prendre des résolutions vigoureuses, du moment que la ville d'Amsterdam jusqu'à présent ne consent pas à armer 16.000 hommes. L'ambassadeur d'Espagne a dit que jamais son roi n'acceptera de signer des traités particuliers, mais seulement un traité général, voyant que la France, peu à peu, veut occuper tout le Pays Bas espagnol, le séparant de ses alliés ; et que l'Espagne doit tout risquer, mais non se laisser

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