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BONVISI PROPOSE UNE TRÊVE

dépouiller peu à peu ; que du reste les Hollandais devaient aussi réfléchir pour ne pas avoir comme voisins les Français ; et qu'enfin on pouvait espérer en Dieu voyant qu'on paraissait n'avoir que le but de détourner les forces à l'avantage des Turcs. L'ambassadeur, ajoute Bonvisi, m'a dit tout cela, mais l'empereur et les ministres restent dans la réserve et répètent seulement qu'ils ne veulent qu'un traité général. Il me vient l'idée que, tandis que les français occupent Courtray et Dixmunda, on pourrait faire une trêve d'une année afin de convoquer un congrès ; et l'ambassadeur de France m'a dit qu'il manquait d'instruction sur ce sujet, mais qu'il croyait que son roi refuserait parce que soit lui soit l'Espagne devraient rester armés. Toutefois nous autres, ministres de S. S., devons tenter tous les chemins et proposer des tempéraments, même sans le consentement des parties pour voir si on peut accepter. Si V. S. peut persuader le roi je tenterai près de César ». Le 10, Ranuzzi annonce que l'ambassadeur d'Espagne lui a communiqué que les lettres de Madrid sont pour un congrès, refusant toute négociation particulière ; et Croissy se plaint que l'ambassadeur se soit vanté de demander la trêve. « J'espère encore, écrit-il, parce que la situation est l'effet des dires de l'ambassadeur et qu'il peut se faire qu'on finisse par accepter la suspension d'armes et négocier * (i).

Le II, Jacobelli ajoute, que dans le Prégadi de jeudi il y a eu discussion au sujet des instructions à donner à Lando, mais on a fini par les rédiger en termes généraux d'humiliation aux pieds de S. B., au nom du public, et de la féliciter du triomphe des armées chrétiennes, œuvre du grand zèle et

(i) Le 6, il avait mandé que le marquis de Béthunes s'est présenté pour lui offrir d'enrôler des soldats au nom de S. S. pour la Pologne, et des ingénieurs et officiers pour attaquer des places dont les polonais sont incapables. « J'en donne communication à V. Em. pour qu'elle voit si la chose est possible... Ne pouvant pas se mettre d'accord la France et l'Espagne, l'ambassadeur de la Fuente est rappelé ».

86o DANS l'occident de l'europe.

des engagements de S. S., espérant de plus grands progrès (i). Le i8, Cybo lui répond :

E propria dalla saviezza di cotesto Senato, e del rispetto, che deve à S. S^à^ et à questa S. Sade la parla da lui imposta al Sig'" Giovanni Lan-

(i) Et, le i8, il informe que samedi, dans le Prégadi, on a agité le projet d'un envoyé au roi de Pologne, mais on décida à la presque unanimité d'attendre la réussite des négociations de Lando, ne trouvant pas opportun de discuter la ligue sans la participation de S. S. Contarini a annoncé de Vienne que le gr. chancelier s'est rendu chez lui et lui a dit que l'empereur offrait à la République d'entreprendre la guerre contre les Turcs ; qu'il n'y avait plus de danger, et qu'on pouvait espérer un heureux succès et la victoire, étant unies huit puissances : le Pontife, l'empereur, le roi de Pologne, le duc de Bavière, celui de Saxe, le grand duc de Toscane et la République, déclarant que la ligue était offensive et défensive et que jamais on ne traiterait la paix sans la satisfaction de la République ; que du reste on ne pouvait pas avoir de doutes sur la durée de la ligue car on avait juré au pape de ne pas se séparer avant d'avoir chassé les Turcs des pays conquis ; qu'enfin la République ne devait pas hésiter car tout ce qu'on conquérait en Dalmatie et dans l'Archipel, tant par les armées vénitiennes que par les auxiliaires, resterait à Venise, comme étant son ancien patrimoine ; qu'enfin la ligue devait se conclure à Rome ou dans le pays que voudront les coalisés. Le gr. chancelier' ajouta aussi que l'empereur, à plusieurs demandes des Morlacques de les prendre sous sa protection, s'est borné à leur répondre courtoisement afin de ne pas les décourager, espérant que la République les assisterait comme tous ses autres sujets ; avertissant qu'on envoyait des missions en Perse et en Moscovie pour obtenir le concours de ces princes. En même temps au collège le comte Délia Torre a fait un nouvel appel à la ligue, disant que l'empereur a ordonné de gros enrôlements et que le roi de Pologne fait de grands préparatifs pour la future campagne, tandis que les Turcs ne peuvent pas mettre en ordre leurs troupes. Jeudi il y a eu la Consulta avec le concours de tous les Savi, et on fut unanime pour conclure cette ligue ; il y a eu toutefois question touchant la manière de la faire et de s'armer à cause du maintien des troupes, calculant qu'à la République manquent 700,000 ducats. Les fauteurs de la guerre furent d'opinion que dans l'Archipel on trouvera beaucoup d'argent et qu'il faut aussi espérer dans la générosité du pape. « Et pour ce qui regarde la stabilité de la ligue on m'a dit, écrit-il, qu'on a approuvé la forme employée pour celle de l'empereur et la Pojogne, jurée dans le consistoire parles cardinaux Pioe Barberini ; dans le Pregadi de ce soir on décidera sur le nombre des vaissaux et le concours des sénateurs est extraordinaire. »

CONSEILS DE CYBO A L'ESPAGNE. 86i

do. N. S""^ ne hà intesa volontieri la notizia, et hà comendata l'attenzioneda lei usata in servirla quà ecc

Le 19, Cybo écrit à Mellini :

Scrive coll'ultime lettere Mons"^ Nunzio in Francia di haver riferito à V. E. ciô, che si era discorso in Parigi intorno aile pendenze con la Spagna dopo l'occupazione seguita in Fiandra délie due piazze; e di quà non si hà che soggiungerle, se non ch'ella replichi opportunamente gli officii perche da cotesta parte si diano le facilita possibili per evitar la guerra trà le due corone, e per poterla proseguire vigorosamente contro del Turco ; giache la prosperità dell'armi Christiane, e la depressione délie Ottomane invita à non perdere cosî bella congiuntura. Vuolesolo N. S'"^, ch'ella rappresenti liberamente per sua parte à Mons^ Confessore, ad altri ministri et al Rè medesimo, se pur ella lo giudicherà espediente, che quando costi non habbiano il modo da far la guerra, si aggiustino corne possono, e quanto prima, accioche le irresoluzioni loro non riescano di maggior pregiuditio à i loro stati, et alla causa publica délia Christianità, perche il Sig^«= Iddio vuol la guerra contro il Turco, e mandera gravissimi castighi à tutti quelli, che in qualsivoglia modo vi daranno impedimento. Questo affare è di tanta importanza, e preme tanto à S. S^^, che considerando non trovarsi cosî facilmente chi parli con la dovuta libertà, ha voluto ordinar à lei di parlar ne precisi termini, che si sono espressi, credendo in questa forma la S^^ Sua di sodisfare al debito, che corre strettamente alla sua paterna sollecitudine ecc.

Le 20, Ranuzzi mande :

Nell'essere hieri alla Corte per sodisfare aile convenienze col Rè per la nascita del secondogenito del Delfino, stimai bene di rientrare col Sig"" di Croissy in discorso sopra l'affare dell'aggiustamento fra le due corone, per non lasciarlo di mira, ancorche dalla Spagna si sia dichiarata la guerra, e per scoprire quali siano intorno ad esso i sentimenti presenti di questa parte, e sebene egli non si dichiarô meco positivamente ; nondimeno mi parlo in forma da farmi comprendere, che quando la Spagna piegasse à consentire al temperamento già proposto, potesse havere il suo effetto, poiche sebene mi accennô qualche cosa, che il Rè havrebbe preteso le spese délia guerra ; all'oppositione perô, che io gli feci, egli non siriscaldo molto su questo punto. Mi disse che qui si hanno avvisi, che l'Imp^^ vuol far la pace col Turco con la restituzione di tutto l'occupato nella passata campagna, et il medesimo mi haveva detto antecedentemente Mons^ Vescovo di Bovè in conferirmi di haver trattato col Rè per disporlo à reintegrare la pristina buona intelli-

genza con il Rè di Polonia, al che S. M'^ havea mostrata inclinatione, ma gli haveva detto non essere hora il tempo à proposito, perche rimandando l'Imp'"^ in Turchia il Caprara per negotiarvi la pace, non voleva dargli occasione di pigliare il pretesto dell'ombra, che per questo rispetto riceverebbe dal Rè di Polonia, per honestare la violazione délia lega per separarsi da lui, ma che quando ciô seguisse, e che il Rè di Polonia restasse solo nella guerra con il Turco, all'hora si sarebbe potuto fare, e che in tal caso S. M^^ haverebbe assistita vigorosamente la Polonia. lo non sô quai fondamento habbiano questi avvisi, che qui dicono di havere. E ben vero, che non potei astenermi di dire al medesimo Mons^ Vescovo, che il vero modo di aiutare la Polonia è quello di dar la pace alla Christianità, perche nel rimanente se seguisse la pace particolare dell'Imp^^ col Turco, come questa sarebbe una dispositione alla guerra con la Francia, cosi in congiutura taie sarebbe difficile che S. M*à Xpma mettesse in esecutione questa sua buona voluntà. Intanto perô qui si usa ogn'arte per divertire gli Olandesi dall'impegnarsi secondo il desiderio de' Spagnuoli, e dell'Oranges, et à questo fine sitratta presentemente di ristabilire il commercio con loro nella forma délia quale era prima à loro molto utile, à segno taie che per quanto mi è stato riferito da persona che hà pratica confidente coU'Amb'^e di Spagna, questo è entrato in sospetto che con i medesimi Olandesi si maneggi hora l'aggiustamento per obligare i Spagnuoli ad accomodarvisi.

Et, le 24, il répond : « la désolation qui est tombée sur la Flandre est bien déplorable ; et elle va augmenter si on n'y porte pas remède. L'ambassadeur d'Espagne rend responsable de tout la France ; et alors je lai ai dit que celle-ci désire un accommodement et que la prudence conseille de s'accorder; que peut-être à Madrid l'annonce de la perte des deux places pourra inspirer des résolutions plus prudentes surtout à cause aussi de l'incertitude des Hollandais.. Bonvisi répondant à ma communication m'engage à parler à l'ambassadeur pour une trêve : disant que lui aussi en a entretenu les deux ambassadeurs et que je dois travailler à ce que le très-chrétien en fasse la proposition pour un an, car elle serait acceptée ; mais j'ai répliqué qu'une année est encore trop peu » (i).

(i) Le 27, il informe que l'envoyé de Pologne a quitté Paris mécontent ; il est passé en Hollande où il a intrigué contre la France, déclarant que son

Le 25, Jacobelli annonce que la réponse à Contarini a été décidée. On a trouvé que les conditions de la ligue qu'il a écrites ne sont pas les mêmes que celles dans le discours du comte Délia Torre au Sénat, et on l'engage à prier l'empereur de charger son ambassadeur ici à répéter les mêmes conditions manifestées par le gr. chancelier. « On me dit que cela n'était qu'un prétexte afin d'attendre le résultat des négociations de Lando, parce qu'avant de s'engager on voudrait savoir si S. S. assistera réellement la République. Ici on trouve que le Trésor est bien appauvri par l'argent envoyé aux Turcs et par la peste ; sans de forts aides la guerre serait impossible... Le roi de Pologne a annoncé la prise de Setzin. On me dit aussi qu'on a décidé dans les Grisons la levée des soldats de la part de la République... Sont arrivés deux navires anglais avec 100 pièces de canons en fer, achetées par la République pour les navires qu'on mettra à la mer. »

Le 28, Cybo écrit à Ranuzzi :

A quest'hora havrà facilmente anche V. S. lU""^ intesa costi la risoluzione presasi dalla Spagna d'intimare la guerra alla Francia, e dalle represaglie insieme già seguite contro mercanti e merci Francesi inferite da Spagnuoli. Con tutto cio non lasci V. S. IIH* di contribuire tutta l'opéra degli ufficii suoi ove conosca poter esser fruttuosa per riparare, e rimediare se sarà possibile, onde si potesse ripigliar il filo délia trattazione délie differenze per comporle, e non mancare a veruna délie parti proprie del suo apostolico ministero, e délia sollecitudine pontificia e bacio ecc. P. S. che potendo conseguire una sospensione di armi, sarebbe il riparo più salutevole à trattenere i progressi délie armi(i).

roi pourra les aider ; tandis qu'ici on tâche de tranquilliser la Hollande, rassurant que c'est ailleurs qu'on fera la guerre à l'Espagne.

(i) Le même jour, il ajoute : « d'après la copie de la lettre de l'abbé de Ste Marie, V. S. verra quel fondement on peut avoir sur les traités conclus avec cette Cour. Malgré la suspension qui avait été accordée, on divulgue toujours davantage, et avec des manières irrégulières et violentes, l'abominable doctrine des Propositions du clergé. J'informe de ce fait V. S. Illme aiin qu'elle puisse s'en servir à l'occasion. »

Le 30, Mellini répète qu'on n'admet pas de négociations ou traités particuliers, dans la croyance que tout ce que veut la France n'est que pour ruiner cette Couronne. Ici on tient au congrès général disant que le très-chrétien veut séparer l'Espagne des coalisés, l'empire et la Hollande. « En attendant les nouvelles de Mgr Ranuzzi, j'ai mis en relief les regrets de S. S. pour cette nouvelle guerre, son grand désir de la paix et ses efforts pour la guerre contre les Turcs, et la gloire qui en résulterait à cette Couronne acceptant les conseils de S. S. Tous me répondirent que la foi manquant dans la France, et ne pouvant pas tolérer ses invasions, on préférait une guerre ouverte à une cachée ; on a répété les mêmes choses au césarien et au hollandais lesquels conseillaient la paix ; et Médina ajouta même au premier qu'on ne peut plus traiter pour la paix et que, par pure nécessité, on doit poursuivre la guerre et que l'empereur et la Hollande devraient faire la même déclaration. Malgré cela, bien du monde persiste à croire que tout ce qu'on dit touchant la guerre vient de l'entente, entre la France et Médina, pour que celui-ci puisse mieux faire accepter l'accord déjà conclu. Toutefois, le duc laisse croire tout le contraire ; ayant déjà transmis en Flandre un million de pezze d'or. On dit en outre que pour faire la guerre on veut engager la province de Gueldre aux Hollandais pour quatre millions, que ceux-ci offriraient pour la défense des Pays-Bas ; mais tout le monde nie ce projet » (i).

Le 31, Ranuzzi mande à Cybo :

Avendo il Re fatto sapera a questo Sig'" Marchese délia Fuente ambasciatore di Spagna che gli avrebbe data l'udienza di congedo per la mattina di mercoledi prossimo passato, l'Ecc^^ sua si porto la sera précédente alla Corte, et entrato nell' appartamento trovo, che S. M^^ stava giocando al trucco ; Non potè pero assistera alla cena, perche la M'^ Sua cenô in privato.

La mattina dunque di mercoledi introdotto all'udienza del Re, disse in primo luogo, ch'erano 40 anni, che haveva l'onore di servire al Re suo Sig^e e che durante un corso cosi lungo di tempo, non gli era mai accaduto di aver un ordine, che tanto l'avesse sorpreso, quanto era slato quello venutogli ultimamente di doversi ritirar da questa ambas-

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