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MELLINI REÇOIT LA BARRETTE

non lasciai d'approffitarmi per gl'interessi délia Santa Sede. Chiusi le visite di quel giorno con quella che feci appresso al Sig. Cardinal Portocarrero, non essendo stato a visitare il Sig. Duca di Médina Celi (i) per aspettare su ciô gli ordini di Sua Beatitudine. Il Sig. conte d'Adda fu présente a tutte queste funzioni, e potrà al suo ritorno piià a minuto ragguagliar Sua Santità, e V. Em^» de benigni accoglimenti usatimi da queste Maestà intal occasione, e percio non mi stendo di vantaggio in individualità non rilevanti. Et, a V. Em^« bacio etc.

Le 1^^ juin 1682, Mellini répond qu'avant de mettre en avant l'idée de S. B. de faire imposer sur le gr. Prieuré de Castille une pension forte en faveur de l'empereur ou de l'Ordre de Malte pour la guerre contre les Turcs, il doit informer S. Em. qu'il y a qui voudrait, avec le consentement pontifical, accorder le gr. Prieuré au fils de l'empereur, l'obligeant devenir ici pour toute éventualité afin qu'il puisse succéder au roi si S. M. n'avait pas d'enfants (2).

Le 30 août, Cybo informe qu'il y a quelques jours le général des jésuites a parlé au pape des incertitudes dans lesquelles il se trouve parce que chacun des ambassadeurs veut avoir sa première visite, avec des menaces de représailles contre la Compagnie ; il se montra décidé à renoncer à sa charge et voulut même remettre les sceaux au pape. Mais S. S. refusa, car une telle décision ne trancherait pas la question et avec un nouveau général elle renaîtrait sans tarder. Le général ne sut que répliquer ; et tout continue avec le

(i) A Madrid il y a eu des difficultés de cérémonial à la suite de la promotion du nonce au cardinalat, et, le 9, Cybo ordonne à S. Em. de rester ferme à nier la main au duc de Médina, « car c'est la volonté du pape de ne pas dérogera la dignité cardinalice ».

(2) Le 13 septembre, Cybo informe que le nonce à Lisbonne a dit que le Portugal veut aider les Espagnols à reprendre Mamora (a) comme avait demandé le duc de Giovinazzo, mais il se plaint que les Espagnols ne font rien ; d'autant plus que les Portugais sont libres cette année mais non dans l'avenir, car ils doivent envoyer leurs vaisseaux prendre le duc de Savoie.

(a) Voir le Chapitre IV.

100 INNOCENT XI ET l'eSPAGNE.

danger que d'une part ou d'une autre on ne vienne à quelque menace. « Que V. S. tâche de trouver en s'aidant de D. Vincenzo Gonzaga quelque moyen terme, dans l'intérêt d'un Ordre tant dévoué au Saint-Siège, mais jusqu'à présent on n'a rien trouvé. Ici on ne sait comment sortir de cet embarras, mais on espère qu'il ne sera pas difficile de gagner la piété du roi et qu'il fasse prévaloir, à ses convenances, l'affection qu'il porte à la Compagnie de Jésus ; le monde applaudirait à la piété autrichienne » (i). Le lo octobre, Mellini répond que pour satisfaire aux ordres de S. Em. il s'est rendu chez Don Vincenzo et lui a dit que, quoique ce ne soit plus le cas d'en parler à cause du départ de del Carpio, de Rome, pouvant considérer l'incident comme fini, toutefois pour ne pas le frauder d'une preuve de confiance de S. S. — « je me suis servi, écrit-il, de ce préambule afin de m'assurer le bon résultat de mes démarches en ne mettant pas en doute le départ de l'ambassadeur — S. Exe. en fut contente et me pria de rassurer N. S. de sa filiale et respectueuse obéissance, et elle ajouta d'avoir fait son possible pour préserver de tout préjudice le général et la Compagnie et qu'elle continuerait à faire tous les efforts afin que S. M. déclare ouvertement qu'elle se considère bien servie par le général, mais que toutefois il n'est plus question d'en parler car l'incident est fini insensiblement par le départ de del Carpio de Rome et que, ensuite, le général pourra faire visite à l'ambassadeur de France, et l'on a fait connaître la même chose à celui de Malte. Don Vincenzo blâma ensuite les engagements pris par le marquis, et me pria de signifier au pape sa douleur pour la nomination de del Carpio v.-roi de Naples, car il s'y était opposé, mais qu'il espérait que grâce à ses remontrances à Médina il se serait modéré vis-à-vis du Saint-Siège. En remerciant S. Exe. j'ai saisi l'occasion de l'assurer qu'elle gagnerait davantage

(i) Le 13 septembre, il ajoute que del Carpio se montre peu ^tisfait du général, mais que ce bon religieux n'a voulu rien faire qui pût offenser une des parties ; il n'a visité l'ambassadeur de France qu'après que l'espagnol déclara ne faire au:un cas des visites des religieux pour régler la préséance,

HOSTILITÉ ENVERS LE GENERAL DES JÉSUITES. lOI

tant auprès du Saint-Siège que de la chrétienté, en se faisant auteur de la défense de l'autorité pontificale contre les propositions françaises. Don Vincenzo me répondit que déjà il s'en occupait mais qu'il redoutait la grande irrésolution de Médina. J'ai conseillé Don Vincenzo à le presser, faisant savoir secrètement aux évêques que ce serait faire chose agréable à S. M. ; et j'ai dit cela parce que Mgr le confesseur m'a averti que, sans le consentement du roi, on ne pouvait rien faire et qu'il doutait que ni S. M. ni Médina prennent une décision sans l'avis du Conseil d'Etat, et que celui-ci n'agissait que par des motifs politiques et par crainte de déplaire à la France. J'ai ajouté aussi qu'il, était utile à S. M. que tout le monde fut d'accord afin de faire taire ceux qui professent une mauvaise doctrine, provoquant leur union aux autres, car du reste le roi ne se compromettrait jamais en laissant au clergé le soin de s'occuper de choses ecclésiastiques. Le marquis se montra ébranlé et promit de travailler tout en doutant du résultat du côté de Médina, car tandis qu'il n'écoute pas ses conseils, le roi se laisse gouverner par le duc. J'en parlerais au jésuite Tirso Gonzales qui est de mon avis, mais je crains ces discussions à la Cour surtout parce qu'on dit que Médina cherche à faire rentrer Mgr Carbonella dans son diocèse. Je trouve superflu de répondre au chiffre du 23 sept. » (i). Le 8 novembre, Cybo le charge de remercier

(i) Mais, le i^r novembre, il fait savoir qu'il a remis à Don Vincenzo le rapport touchant les visites du général aux ambassadeurs et la déclaration de del Carpio. S. Exe. tout en promettant de bien considérer le rapport, ne cacha pas ses regrets de ce que le général avait précipité sa visite, alors qu'il pouvait attendre ; mais j'ai répondu qu'il avait été pressé par la France et ne pouvait pas espérer un moment plus favorable, surtout après les déclarations de del Carpio. A son retour de l'Escurial, écrit-il, il lui sembla trouver Don Vincenzo Gonzaga mieux impressionné car on lui avait dit qu'au Conseil d'Etat il en a été parlé différemment ; del Carpio ayant écrit qu'il n'a donné aucune liberté au général, et que quelques jésuites affirment que cette visite a eu lieu à l'insu des espagnols et des napolitains, mais avec le consentement des portugais et des français, par conséquent on trouva faux le rapport du général ; et le Conseil vota qu'on devait présenter des remontrances à S. M., rappelant les

don Vincenzo pour avoir travaillé selon les désirs de S. S. à l'égard du général. Le ig, Mellini l'informe qu'on ne parle plus de l'incident et que tout paraît tombé dans l'oubli. Mais, le 6 décembre, Cybo lui répond que c'est faux que dans la réunion tenue par le général soient intervenus les assistants d'Italie, d'Allemagne et du Portugal avec le procureur général et un père italien, et également faux ce qu'on a écrit à la Cour, que les français soient intervenus comme aussi que le pape ait donné l'ordre de faire la première visite à la France. Et, le 20, il l'engage à empêcher la résolution que pourra prendre la Cour contre les jésuites à cause de cette visite ; « à présent il faudra attendre, veiller et V. Em. en informera ici.» Le 14 janvier 1683, Mellini écrit que ses renseignements sur le Conseil touchant le général, lui ont servi bien peu, car on y avait résolu d'interdir au général toute correspondance avec S. M. et ses ministres, expédiant même un courrier pour avertir ceux-ci à n'avoir aucun rapport avec lui. Toutefois on laisse libre la Compagnie de correspondre par les procureurs, et on y maintient les privilèges royaux. Don Vincenzo Gonzaga, tout en regrettant de n'avoir pas réussi dans son opposition, trouve que pour le moment il n'y a rien à faire, mais attendre du temps. Et, le 18, il répète : « que malgré que tout soit fini à l'égard de Malte touchant la prétention de la visite du P. général, on a fait un décret royal aux conseillers et aux

vassaux et leur défendant l'obéissance envers le général, qui ne devait pas être reconnu dans les Etats de l'Espagne ; mais d'autres conseillers, ne croyant pas à la sincérité de del Carpio, votèrent pour que S. M. afin de sauver les apparences, eut à montrer pour quelque temps de la froideur envers le général, ne répondant pas même à ses lettres. « J'en ai parlé à Don Vincenzo, qui m'a dit n'être pas certain de la conduite du roi, alors je me suis chargé d'en parler moi-même. En effet, j'ai tout dit à S. M. me plaignant de ce que del Carpio rend responsable le pape d'avoir conseillé le général, tandis que N. S. n'a eu connaissance de la visite qu'après qu'elle a eu lieu J j'ai prié S. M. de ne pas douter de l'affection de N. S. et d'user de sa clémence envers une religion et un général aussi bien^ méritant. J'ai ajouté qu'il était faux aussi qu'après la chapelle cardinalice, par un accord préventif et le consentement de S. S., on ait chanté un Te Deum à S*^ Louis. Le roi me sembla satisfait et me dit qu'il réfléchirait sur tout ».

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