‹ Innocent XIChapitre 35 sur 430 · ENCORE LA QUESTION DES CARDINAUX · texte numérisé non relu

ENCORE LA QUESTION DES CARDINAUX

ministres pour qu'ils n'aient pas à traiter ni avec le général ni avec ses parents. On n'a pas pu y porter remède à cause des contrariétés qu'a ici le général, parmi lesquelles sont nombreuses celles des jésuites espagnols qui ont saisi cette occasion pour se soustraire à l'obéissance du général et se faire un corps à part avec un vicaire général, tâchant de se sauver eux-mêmes ; et les conseillers m'ont dit cela pour se disculper. Don Vincenzo a protesté pour ce qui regarde les parents, qui sont parmi les meilleurs et bien méritants de la Flandre ; il a tenté de faire révoquer le décret ; Médina s'est décidé à écrire au marquis de Grana qu'on ne doit pas compter parmi les parents, à propos du décret, le comte Noiel, frère du général, parce qu'il est gouverneur de Malines ; pour le reste il faut attendre les bénéfices du temps » (i).

Le 16 janvier 1684, Cybo écrit à Mellini qu'à Rome court le bruit que la Cour veuille proposer au cardinalat l'Almirante de Castille. V. Em. doit se renseigner, et trouvant que le bruit a fondement, elle fera considérer aux ministres que le cardinalat étant une des plus importantes et sublimes dignités de l'Eglise, demande du promu, piété, vertu, doctrine et d'autres qualités qui difficilement se trouvent en celui qui a toujours vécu en s'occupant des faits du siècle; et que si le roi s'engage dans cette voie il rencontrera à Rome bien des difficultés (2).

(i) Le 14 février, Cybo lui repond qu'il sera 'bon que S. Em. s'abstienne de faire de nouvelles démarches en faveur du général ; il suffira que revoyant Don Vmcenzo elle le remercie des nouvelles qu'il a données à ce sujet, tout en le priant de continuer ses faveurs au général des jésuites sur lequel ne s'arrête pas seulement le ressentiment car il frappe toute la Compagnie. Et, le 25, il ajoute qu'on trouve bien étrange que le ressentiment contre le général, qui mérite plutôt compassion que d'être puni, s'étende aussi à ses parents et N. S. veut qu'à toute' opportunité V. Em. présente les considérations les plus propres. Et, le 28 mars, il lui répond que S. S. approuve les démarches de S. Em. pour la réintégration du général et de ses parents dans les grâces du roi ; au pape il ne répugnera pas d'en faire la demande lorsqu'il aura la certitude de l'obtenir.

(2) Le 24 février, Mellini lui répond : « en général ici on veut tenir tout secret. Le Conseil propose les candidats au roi, et S. M. fait son choix;

Le 26 mars, Cybo écrit : « à ce qu'on dit à V. Em. touchant l'Almirante, on répond que pour promouvoir au cardinalat les sujets recommandés par les princes, on ne doit pas examiner s'ils possèdent les qualités qui s'accordent aux exigences des princes, mais voir s'ils ont les vertus requises pour le service de Dieu et de l'Eglise. »

Le 30 janvier, Cybo approuve Mellini d'avoir dit à Mgr le confesseur, à propos du bruit que l'on allait céder la Gueldre espagnole pour quatre millions à la Hollande, que cela ne pouvait se faire sans un grand dommage pour la religion catholique. Mais, le 23 avril, il lui écrit :

È stato introdotto qualche Trattato di matrimonio trà il Prencipe di Polonia, e la sorella del Sig^ Elettor di Baviera, e pare che la maggior difficôltà, che possa impedirne la conclusione, si riduca al non esser detto Prencipe sicuro délia successione à quella Corona, et al non haver un stato proprio. Onde non ritrovandosi presentemente in Alemagna alcun principato considerabile, di cui possa dal Rè di Polonia sperarsene la compra per il figliuolo, e sapendosi dall'altro canto, che cotesta Corte hà havuto già qualche pensiero e forse anco trattato d'impegnar per una certa somma di denaro agli Olandesi la provincia di Gheldria, hà S. M^à creduto di poter pensar ail' acquisto di detta provincia. Hà desiderato perô S. M^^ di saper le dispositioni di cotesta Corte, facendo istanza che se ne procurasse la notizia. E N. S^^ per compiacerla hà giudicato, che V. E. debba con la sua consueta destrezza, e prudenza muoverne discorso à qualcuno di cotesti ministri,

on met le nom dans une enveloppe avec une lettre à S. B. ; on l'expédie à Rome et on ne la remet que si le pape la demande. La lettre qui existait recommandait le patriarche Benavides ; après je n'ai rien su, et depuis le conseil d'Etat ne s'est plus occupé de ces candidatures. A présent quelque bruit fait supposer qu'on veuille recommander l'Almirante afin de le récompenser de sa renonciation à la charge d'Ecuyer majeur ; depuis des années il s'est retiré de la vie licencieuse du siècle ; il est considéré comme très-pieux, habile et intelligent. Ces politiciens veulent que le sujet à nommer cardinal soit habile et pratique des affaires de l'Espagne, afin de conserver le décor de la monarchie et gouverner en cas de besoin ; on préfère la personne d'Almirante ou d'autre séculier de son rang, à des ecclésiastiques prêcheurs qui sont faibles et trop inhabiles au servic-e de la Couronne ».

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