INSTRUCTIONS DU ROI A LUBOMIRSKY
ce qui est nécessaire pour dissiper tout nuage entre l'empereur et le roi ; N. vS. attend des fruits du zèle de V. S. et de l'âme généreuse du roi, touchant la nécessité de maintenir la ligue. On a reçu la copie d'une lettre de Tokoli, qu'il envoya aux comitats avant de se rendre chez les Turcs ; c'est un nouvel acte de sa perfidie ».
Le 14, Pallavicini informe que malgré que la Porte soit très irritée contre la Pologne, des nouvelles de Moscou assurent que les victoires des Polonais conseillent toujours plus les Moscovites à s'unir ; on y craint toutefois de nouveaux trou-
dumodo indispensabili necessitate fiât aggressio Pontium Escettensum super Drava, qui Velabrum pendi (sic) sunt, vel taliter defendendi ne ulla fiât com (sic) Ungaria Turcis comunicatio, quod facilius sedes Regni veniat in potestatem. Non dubitamus itaque Suae Mt's Cesareae consilium bellicum accuratissime perpensurum quantum intersit ut semel confusus et divino auxilio semifractus hostis, qijietis et recollectionis spacia non habeat, quo maiores ex inde sumant animes externae potestates quas ad societatem armorum invitamus, nec deterreantur, quod Deus avertat, omissione alicuius opportunitatis in prosequendis victoriis.
Exponet identidem quod prudentia humana, et sanae rationis dictamen suadet non sufficere ad securitatem publicam campo monuisse, et fregisse hostem, nisi idem sine mora et respirio Europeos extra fines proturbetur, hoc autem fieri nequit, nisi Venetorum Respublica necessario, et salutifero consilio armorum societati accesserit, nisi valida Classis exclusa omni mora in Arcipelago Propontidem ingrediatur, famé Constantinopolim, et terrore arctatura, imo si daretur occasio, et occupatura.
Quare firmiter crédit Sua Mtas bellicum S. M. Caesareae consilium nihil in se desiderari passurum quod ad promovendas tam pias intentiones spectare videbitur, maxime vero circa commeatus pontesque, quorum primum énervât exercitus corrumpit victorias, aliud praeciosa belli momenta dolenda semper iactura prêter labis sinit (sic).
Stimo molto utile che il Rè sii espresso cosî, se bene come vedesi nel
(sic) vuol cavare de' sussidij da Cesare perô che in questa guisa si è assai impegnato, confessando che la buona ragione délia guerra vuole che questa si facci sul Danubio, onde per honore bisognerà che cosî si faccia quando bene anco non si habbino da Cesare i sussidij che si vorriano. Questo voto si desidera da S. Mtà che sii segretissimo, e cosî è qui. Osservo che il Rè non fà mentione dell'andata in persona sopra che 1q scoprirô destramente per non mostrare di dubitarne.
bles politiques intérieurs. La Perse aussi avertit qu'aux frontières ottomanes elle tient un corps d'armée prêt à envahir l'empire. Le roi est bien content d'entendre ces nouvelles ; il se prépare à faire marcher ensemble les Lithuaniens et les Allemands contre Tokoli, pour lui prendre Monkaz, forteresse où le hongrois tient ses richesses (i). Et, le 16, il ajoute :
Domenica sera fui longamenle con S. M. e si parlô di varie cose concernenti li preparamenti délia guerra, et io la supplicai à voler prendere quanto prima le sue risolutioni circa li regali da mandarsi à Cosacchi in Bessarabia per animarli et incoraggiarli, et anco per le reclute délia fanteria, che son le cose, che hanno bisogno d'esser faite subito. Hor la M. S. m'assicuro, che l'haveria fatto e due giorni doppo, havendo prese le due risolutioni, mi ricerco sussidii per potere adempire questo, et altro che havevarisoluto. Fu adunque convenuto, che à Cosacchi si mandassero 100,000 fiorini, 500 Pezze di Panni di Slesia per Vesti, Otto d'Olanda per gl'habiti degl'Ufficiali. Che si pagassero 12,000 fiorini alla Cavalleria che va in Bessarabia, et altri 100,000 per l'Artiglieria del Regno per metterla in buon stato per la futura Campagna, e con che il Générale debba mandare 9 Pezzi con tutto il necessario à i Cosacchi ; e finalmente che si somministrassero 200,000 fiorini per le reclute dell' Infanteria. Questo tutto che ascenderà à 450,000 fiorini di m^^ corr^^ che S. M. desiderava si spendesse in quest' usi, dissi, che haverei fornito, essendô tutto benissimo impiegato, sendosi solo slargata forse la mano un poco circa l'Artiglieria, ma perché la M. S. riputava doversi fare tanto, et à me non constava il contrario, et in ogni caso havendo questo danaro il Générale, ch'è un bravo huomo, e che serve in persona con gran vigilanza, diligenza è sodisfattione di S. M., stimai bene non replicare al suo volere. Questa somma dunque io vado facendo pagare se bene non mi è ancora giunta.
(i) Le 23, il annonce l'arrivée du général Scharffemberg pour arrêter avec le roi, au nom de l'empereur, le plan de la campagne. « Il vint me voir, et demande aussi, au nom de César, que le roi mette à sa disposition 3000 chevaux Lithuaniens pour agir contre les Hongrois. Quant aux projets de la campagne tout est remis à Lubomirsky qui se trouve à Linz et il est probable qu'on se mettra d'accord. Je travaillerai aussi pour les Lithuaniens, car l'empereur voudrait attaquer Cassovie et Eperies, en même temps qu'il tâche de gagner les rebelles par la clémence et Içs grâces, 11 s'agirait que les Allemands et les Lithuaniens aillent au secours des assiégeants des forteresses. »
l'argent pour les cosaques. 873
à cagione délia gran distanza, e per i tempi che corrono à Mercanti di pagare i cambii, che poca parte de 100,000 Cruciati, onde mi converrà facilmente prenderne in prestito parte, corne mi studierô di fare, perché non si ritardino queste cose importantissime, che convien siin fatte senza dimora alcuna. Come puô arguirsi da questo, almeno in générale, poco danaro vi rimarrà de' sussidii da darsi, e perché i maggiori bisogni sono per uscire in Campagna, et il tempo è brève, non sendovi che 3 mesi, et il proveder qui il danaro va alla lunga io antepongo che quello,che si vuol fare,seria ben farlo subito e non con rimesse, ma lettere di credito per Amsterdam, perché cosi dandosi il bisogno subito vi saria il danaro, e non bisognando hora, si potriano attendere le rimesse. Che é quantomi occorre rappresentare. Et ail' E. V. ecc.
Le 23, il ajoute que la reine ayant pressé, à différentes reprises, S. M. de parler en faveur de Mgr de Beauvais ; le roi a fini par écrire à N. S. que, ne soupçonnant plus ce prélat d'avoir coopéré à la rupture de la Diète, il retire ce qu'il a dit contre lui et voudrait le voir promu (i).
Le 30, Pallavicini écrit deux lettres : dans la première, il annonce que, comme dans le Conseil il y avait de l'opposition, il se rendit chez le roi et lui montra les dépêches de S. Em. qui conseillent l'union pour la destruction des révoltés en Hongrie. On a fini par décider que la cavalerie lithuanienne irait se joindre au général Rabatta, afin de couvrir le siège d'Eperies ; Landereno Nediziecziu, laissant Cassovie pour un autre moment. L'empereur s'oblige à fournir les vivres, mais le roi a voulu mettre la condition que la population d'Eperies ait à donner satisfaction des offenses faites jadis aux troupes royales. « On a inséré dans l'acte d'accord que le roi y a consenti pour plaire à N. S. Je prie, conclut-il, V. Em. de voir
(i) Mais, le 26 février, Cybo lui répond que les rois n'ont pas le droit de nommer des cardinaux, et seulement la liberté de recommander des sujets qui peuvent mériter cette distinction ; mais ceux-ci doivent être à la convenance du pape, seul arbitre de les admettre... « V. S. doit, par conséquent, agir avec habileté auprès du roi, afin qu'il ne s'engage pas en faveur de Mgr de Beauvais ; car il peut arriver que le pape bien que toujours disposé à complaire S. M., ait à refuser un tel sujet. »
si S. S. serait disposée à envoyer un bref au roi à ce sujet, ou au moins d'en manifester sa satisfaction à l'envoyé polonais ». Dans la seconde, il répond que le roi fut très affligé en apprenant que N. S. a douté de lui pour les affaires de Hongrie (i), lui qui a tant de vénération pour S. S., « toutefois, j'espère l'avoir persuadé du contraire, mettant en relief ce qu'il avait fait contre Tokoli, malgré l'opposition des siens, de manière qu'on aurait dû au contraire exalter son zèle envers l'allié. Le roi estime avant tout la sincérité et l'honnêteté dans l'action avec rectitude d'intention, sans intrigues et prétextes. L'envoyé césarien qui l'accompagna durant la campagne n'a aucun doute sur sa sincérité. On ne peut reprocher à vS. M. si les affaires hongroises sont ainsi » (2).
Le 2 février, il annonce que lui est arrivé de Linz un gentilhomme de l'ambassadeur de Venise, porteur d'une lettre du card. Bonvisi, conseillant de hâter la conclusion d'une ligue de la République avec la Pologne dans les mêmes termes que celle entre le roi et César ; mais il y a la difficulté que dans cette dernière chaque partie s'oblige à ne pas signer la paix sans le concours des alliés. « J'en ai écrit au roi et j'ai réussi à vaincre l'opposition de quelque ministre. S. M. a écrit une belle lettre à la République, et on envoya la plénipotence à Lubomirsky à Linz avec les instructions de signer le même traité que celui que signera l'empereur ; j'espère que l'on ne fixera pas en détail le chiffre des forces, et qu'on laissera le soin de la décision à Linz. Le roi aurait voulu, comme au temps de Candie, que Venise aille aux Dardanelles, mais j'ai obtenu qu'on laissât pleine liberté d'opération. Probablement,
(i) Le 26 février, Cybo lui déclare que le pape n'a jamais douté de la sincérité du roi et qu'il a parlé dans ce sens à l'abbé Denoff, tout en envoyant le bref demandé.
(2) Le même jour, il informe que la correspondance de Tokoli avec un autre rebelle ayant été saisie, on a appris que le Gr. Vizir a été étranglé le 25 décembre et que sa tête a été portée au Sultan. Il avertit aussi que le palatin de Moldavie, dépendant de la Pologue, a repris sa place et refoulé l'attaque de celui qui voulait la lui usurper.