‹ Innocent XIChapitre 343 sur 430 · LA LIGUE AVEC VENISE EST ACCEPTÉE · texte numérisé non relu

LA LIGUE AVEC VENISE EST ACCEPTÉE

on insérera dans l'acte que les Vénitiens n'ont rien à prétendre des dîmes en Italie, mais je ferai faire exception pour celle sur le clergé de la République vénitienne. »

Le 6, il annonce que Tokoli a écrit au roi pour se plaindre que S. M. déteste la nation hongroise et veuille le mettre mal avec les barons qui le suivent etc.. Le roi n'a pas répondu, mais il a lait dire verbalement qu'au contraire il apprécie tellement cette nation qu'il a toujours conseillé à César la clémence et l'amnistie ; et que, quant aux magnats et aux barons, il a tâché de les soustraire à la tyrannie que lui, Tokoli, exerce sur eux, sous l'apparence de vouloir leur liberté. Et, le même jour, il ajoute que le roi, à la suite de la déclaration de la République de Venise, trouve que, entre autres, il faut traverser le territoire ottomman et atteindre GaUipoli pour se joindre à la flotte vénitienne ; mais la reine a dit qu'on voulait de cette manière renouveler le fait de Vladislaw, roi de Pologne et de Hongrie, mort à Varna, et elle se fâcha contre les ministres, les accusant de vouloir aussi le sang du roi ; elle est toujours sous l'impression du danger couru par le roi à Barcan. « On peut prévoir que la reine, pour la nouvelle campagne, créera des embarras ; il faut l'avoir amie afin qu'elle soutienne la ligue, en lui envoyant la Rose d'Or, moyennant laquelle, au dire de V. Em., il sera possible de la contenter (i) ».

Le 20, il informe qu'en Hongrie le mauvais traitement, le temps, les maladies ont fait bien plus de mal à l'armée polonaise que les Turcs ; les malheurs ont été considérables car plus de 40,000 chevaux sont morts et cela donne occasion à des plaintes de la part de ceux qui sont contraires à la guerre ; toutefois, dans les diétines ils n'ont pas eu d'adhérents et tout est passé selon la volonté du roi. Mais les contributions se prélèvent très-mal ; ne payent que ceux qui le

(i) Le II mars, Cybo lui annonce que dans la semaine prochaine on lui fera l'expédition de la Rose d'Or pour la reine et du stoque et du Berettone pour le roi. « V, S. en les remettant à LL. MM , ne négligera rien pour les rassurer au sujet de la paternelle affection de N. S. »

veulent ; le Trésor ainsi reste vide et si l'on réclame on répond qu'il n'y a pas de remède... Le prince moldave nommé par la Pologne est très-agité, parce que les Tartares, de retour des provinces turques, ayant appris la dévastation de leur pays et de la Bessarabie grâce à la coopération des Moldaves, veulent prendre leur revanche et déposer le nouveau prince. On a envoyé à celui-ci des subsides pour enrôler des soldats afin d'aider les cosaques. Et, le 27, (i) il informe que, tandis que

(i) Le même jour, il se justifie de ne pas pousser S. M. à se rendre en Hongrie, parce que tout est encore en désordre. Le roi voudrait même commencer par la reprise de Camenitz, mais on voit qu'il faut d'abord reformer toute l'armée, la refournir de chevaux, etc., car tout a été décimé par les maladies et le séjour en Hongrie ; les contributions ne rentrent pas et même les nobles demandent qu'on les leur diminue, à cause des dégâts dont leurs terres ont souffert. Le roi, en faisant les comptes, trouve que 900,000 fl., sont nécessaires et il voudrait recourir à N. S. « J'ai tâché, écrit-il, de faire et refaire les projets; et on a décidé de demander 200,000 th. à prélever en anticipation sur les dîmes, avec promesse de ne pas en demander davantage à S. S. pour la guerre de cette année, et d'entrer en campagne en mai si la somme arrive bientôt. La reprise de Camenitz pourrait être tentée, mais on agira suivant l'intérêt de la chrétienté et non de l'utilité du royaume. Les 200,000 th. équivalent à un million et 200,000 fl. m. cour., et les 300,000 fl. en plus des 900,000 demandés seraient assignés aux cosaques. Avec la remise des 100,000 crociati j'aurai 200,000 fl. de b, m. et j'espère arrivera faire compter parmi les 300,000, les 100,000 et les draps remis dernièrement aux Cosaques et qui ne sont pas encore payés, de manière que lorsque N. S. voudra accorder la grâce il n'aura plus à donner que 150 ou 160 mille th. impériaux ; et afin d'avoir l'argent le plus vite possible, lorsque j'aurai la promesse dé S. S. je demanderai au roi de l'avancer. Il est vrai que S. M. se montre contraire, mais un de ses amis intimes m'a écrit à ce sujet : credo tamen moraliter id futur um, ubividerit nécessitaient inevitabilem et cum S. M. numquam aliter fecerit crimen glotiae ejus inferrem penitus duhitando. Je serais donc d'avis de me faire parvenir de suite par Amsterdam 200,000 fl. de b. m., ou plutôt de m'envoyer une lettre de crédit de même somme, moyennant laquelle je compte obtenir du roi le prêt qui permettra de mettre de suite en ordre l'armée. Je prie aussi V. Em. de m'écrire une lettre à pouvoir donner à lire, afin que je puisse m'obliger, au nom de N. S., à restituer jusqu'à 200,000 th. bien que je ne m'en prévaudrai pas. Et je prie aussi de m'en donner avis par une estafette et, de mon côté, j'écrirai à l'abbé Borghi à Venise. Et le nonce conclut en disant que ce n'est nullement de sa faute si les choses en sont à ce point, car il fait tout son possible pour en sortir. »

LE ROI VEUT RECONSTITUER L'aRMÉE. 877

les Lithuaniens marchent en Hongrie selon l'accord avec Scharffemberg pour s'unir avec les Allemands, ni ceux-ci ni leur général Rabatta se font voir. On y a même envoyé un secours de 20,000 fl., mais le messager rapporta l'argent, car les Lithuaniens se trouvant mal logés et seuls, n'ont plus voulu rester et rentrent dans leur pays. Tout cela a beaucoup troublé le roi (i) ; et on en rejette la responsabilité sur l'envoyé césarien, qui aurait précipité l'exécution de l'accord sans qu'il y eut de préparatifs de la part de l'empire. Le roi fit voir au nonce des lettres du général Caraffa qui l'affirme. Ces incidents rendent impopulaire la Hongrie et bien que l'empereur eut donné des ordres on ne les a pas exécutés.

Le 5 mars, Pallavicini annonce que la Cour est en route p-our la Russie ; et malgré que le voyage sera désastreux à cause de la fonte de la neige sur les routes, lui aussi se prépare à la suivre. Le roi voyant combien le congrès (2) avec les

(i) Le 9, il avertit que le v. chancelier l'a informé que le roi a rappelé ses soldats de la Hongrie, parce qu'ils se trouvaient trop exposés aux assauts de ceux de Tokôli, et qu'il en a averti Bonvisi et l'empereur au cas où l'on voudrait les remplacer par des allemands. C'est bien regrettable, car de cette manière on perd les places que l'on avait reprises aux révoltés ; mais le chancelier dit que ce n'est pas la faute de la Pologne. »

(2) Il transmet la copie du procès verbal du congrès :

Conferentia 4 Sabbathi die 29 Januarii 1684. — Hac die Ilimi Domini Commissarii Nostri in loco congressus primi comparuerunt expectabantque duabus horis adventum Moschorum ; Qui in gratiam Nuptiarum Senioris infirmi oculis, Czari Joannis triumphando, fermentatis satis superque inebriati potibus, diu quieverant. Hoc autem tempore cujusdam Alexandri Piotroviez Soltijk nuncupati Filiam Czarus in Uxorem duxerat, idque factum esse dicitur Sophiae Czarissae industria, et ut creditur fecisse id in postpositionem junioris Czari Pétri, quem vellet vel non habere inter se, vel fortassis, ut Imperium divisum futurum esse deberet. Quam primum igitur comparuerunt, haud mora lU^us Dominas Palatinus. Posnaniensis super tria puncta in expurgationem objectorum disertissime argumentabatur.

Primo : quod voluissent ipsi habere tractationem perpetuae pacis, et nollent vigore pactorum Andrussoviensium jurisjurandi religione firmatam temporalis foederis tenere observationem, recusentque contra communem Christianitatishostem conjunctionem, et Kijovie restitutionem. Secundo:

Moscovites traîne en longueur, a fait proposer la prolongation de la trêve pour six ans, et que les Moscovites aient à débourser une somme plus forte en considération de la guerre, étant

Probarent id authentice quomodo Conjunctio armorum legatione esset sublata ? Tertio : Utrum Rex Serenissimus per Karwow scium, Turcas et Tartaros Dominia Vestra debellaturos inter bellando induxerit et ex nostra occasione Czcherynum, amiseritis ? Hoc totum Summum Regiae Majestatis et Reipublica'e dedecus reputabat. Ultra pergit in Sermone, aitque : Etsi Nos defensionem Fortalitiorum iverso ignoramus et Kijoviam Turcis eo,quo cum iis tempore Pacta pepigeramus, reddidimus. Esto nunc Nos, Kijoviam tanquam a Turca vindicaturos et accepturos, quem admodum multa Turcica Fortalitia felicibus auspiciis Regiae M^is Nostrae accepimus : Nempe Strigonium centum quadraginta Annorum spatio Turcico Regimini subjectum et alia propugnacula multa quae cui debebantur S^e Cesareae Mtis possessioni restituimus. A vobis vero tanquam nulla unquam subsidia habuimus : ita et nunc non habemus.

Moschi unus alterius vocem praeconde, probaturos se pollicebantur. Et Odojewski habens in manibus aliquas Serenissimi Michalis Régis literas, gratiarum actionem pro notabilibus supsidiis bellicis in iis esse dixerat : sed ostendere noluerat. Intérim urgebant, ut ad eam pro qua ventum est, sese recipercnt tractationem, Nempe pacis perpetuae. Contra Nostri, prius restitutionem Kijoviae vigore juramenti desiderabant. Et si vellent perpetuam pacem, adinvenirent modum. Super haec consilium inter^se habituri exiverunt Moski et mox Reduces. Odojewski prius signo Sanctae Crucis facto ex charta relegit. Si pacem perpetuam habere vellemus, aliam non posse esse nisi ut limites et fines iidem quales modo sunt conserventur Arcesque, qua cum Ukraina possidentur, perpetuis temporibus eorundem cédant possessioni. Post haec molesta illatione iam exacerbata Nostrorum corda 2^° in acrius presilierunt responsum. Moxque lUmus Dominus Palatinus Posnaniensis disertissime memorabat, perpétua juramento comprobata Pacta Polanoviensia, quibus quod non tantum ipsis paena violatorum pactorum pro quatuordecim annis ante initorum, donata sit; verum etiam quod Serenissimus Rex Vladislaus cum esset Czarus Moschoviae propter banc pacem illud Dominum [sicj Vasallo suo Michaeli Fiederovicz cesserit. Idque ut juramento ab ipsis comprobatum : ita violatum esse asseruit ; redderentque propria bona usque ad Novogrod Pskow et Wiazmam Valde super bis exarserunt Moschi dedecori Czarorum adscribendo quod non deberent haec memoria [sicj, quae Articulo primo Pactorum Andrussoviensium sepulta sunt. Erumpit Odojewski dicitque. Nostris non posse se [sic] amplius non tantum loqui : sed etiam nec sedere eum ipsis. Czadain scivisse ^edicit,cum subdala [sic] Plenipotentiae. Nos advenisse charta, quod vel exinde nunc dicitur dare quod Nostra corda tanquam cultris transfixeritis et quemadmo-

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