‹ Innocent XIChapitre 349 sur 430 · PALLAVICINI POUSSE LE ROI A PARTIR · texte numérisé non relu

PALLAVICINI POUSSE LE ROI A PARTIR

entre les princes chrétiens, a écrit au nonce à Paris, par le courrier des affaires de Gênes, en l'engageant, par ses démarches, de chercher à obtenir l'union. « J'en avertis V. S. afin qu'elle puisse redoubler de vigilance sur ce qui peut survenir à l'égard de la sûreté publique ; elle pourra aussi en informer confidentiellement l'ambassadeur de Venise, dans le but de maintenir la ligue et d'empêcher sa dissolution » (i).

Le 14 juin, Pallavicini en accusant réception du stoque, du berrettone et de la Rose d'or, informe que celle-ci est arrivée en mauvais état, brisée par défaut d'emballageet qu'il sera bien difficile de la réparer au simple feu de bougie. Et, à la même date, il assure Cybo qu'il pousse toujours le roi à partir pour la S. Jean, mais la reine l'en déconseille trouvant que le roi n'est pas tout à fait rétabli des fièvres dont il a souffert ces jours derniers, et aussi parce que l'armée n'est pas en état de recevoir le roi. La séparation du roi de la reine rencontre bien des difficultés et l'affection triomphe sur la raison. « Toutefois, conclut-il, je travaille pour le départ, prié en cela aussi par les princes de Moldavie et de Valachie ; le premier se trouve ici, mais l'autre y tient un représentant et craint beaucoup d'être dépossédé parles Turcs. » Et il ajoute encore qu'hier est parti le gr. général de Pologne pour le camp, de manière que toute l'armée sera réunie autour de Brusco et pourra marcher vers le Niester. S. M. après avoir fêté solennellement la S.Jean ira à Léopol, d'où à grandes journées il rejoindra l'armée (2). Mais, le 21, il le prévient que le retard mis par le roi à entrer en

(i) Le 24, Pallavicini lui répondait qu'il dira à S. M. que les ministres d'Espagne ont retiré la défense touchant l'exaction des dîmes ; toutefois, écrivait-il, je crains que cela excite le désir d'obtenir plus d'argent. Et il avertit qu'il n'a reçu de remises que pour 200,000 fl. et qu'il faudra encore beaucoup d'argent pour couvrir les dettes faites pour la solde d'un mois et demi aux deux armées et pour les autres dépenses relatives aux subsides. Et, le 31, il ajoute qu'il a reçu des remises de Rezzonico ; d'oii il résulte que dès le mois de mars jusqu'à la date de sa lettre on lui a remis 400,000 fl.

(2) Le 7, il avait répondu qu'il tâchera d'avoir de bons rapports avec le Procureur Morosini, ambassadeur de Venise ; mais S. M. ne veut pas le recevoir à Jacovia mais à Léopol, qui est la méthode de la Russie. Et, le

campagne, laisse soupçonner qu'il ne veut pas avoir sur les bras tous les Turcs et attendre qu'ils tombent aussi sur ses alliés (i). « Son naturel, lorsqu'il n'est pas en campagne, est d'être tardigrade ; et en outre l'habitude des polonais est de ne faire la guerre qu'après la récolte ; et à cela vient se joindre l'affection mulièbre de la reine. « Je tiens à le répéter, afin qu'on n'interprète pas autrement le retard ».

Et, le même jour, Pallavicini informe ;

E già qualche tempo, che mi avveggo che la Regina si vuole riconciliare con la Francia, e sapevo la speditiorie fatta costà, se bene han procurato tenerla segretissima, havendola fatta non di qui, ma da Cracovia. Già qui comincia à trapelare, e sô che il di Bettune ne è uscito(2).

E' da credersi che sia venuto di Francia il motivo délia speditione, perche dal conto che feci, già segui se non erro, poco dopo l'arrivo qui di un familiale del Marchese spedito da lui per le poste. lo credo che hora le Maestà loro non intendino fare pregiuditio alcuno alla Lega, ma il non havere commercio, et il non essere qui chi fosse per negotiare per Francia, era un gran baluardo per difesa délia Lega. Cio che sii per seguire in appresso si vedrà. Intanto non lascio di fortificarla con far vedere opportunamente l'utilità, et il bisogno évidente di mantenerla. Bettune già stà assai bene presso la Regina, ma non cosi col Rè, che si mostra molto freddo verso lui, e la Francia, ma è da apprendersi il gran potere délia Regina.

même jour, il ajoute qu'il est impossible que le roi mette au service de l'empereur un gros corps de cavalerie, parce qu'il y a tellement défaut de soldats que le roi trouve difficulté à entrer en campagne.

(i) Le 17, Cybo l'avertissait qu'à Rome courait le bruit que le roi a envoyé une personne à Constantinople pour traiter de la paix avec les Turcs ; « on n'y croit pas, mais, en tout cas, V. S. doit être renseignée. «

(2) Mais, le 8 juillet, Cybo lui écrit qu'en adhérant à l'appel du roi en vue de reprendre l'ancienne union avec le très-chrétien, il ne doit pas en venir de préjudice à la ligue avec César, car, jurée solennellement, elle doit rester vive. « Ni l'arrivée de Béthunes, ni tout autre incident que ce soit ne doit l'altérer ni porter offense à la dignité royale et à sa parole. V. S. pourra juger combien est puissant l'engagement du roi ; et elle ne devra pas diminuer de zèle pour s'opposer à toute tentative de troubler ce qui a été fait. »

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