LE ROI PROMET DE PARTIR
Le 5 juillet, il répond qu'en communiquant au roi les considérations de S. Em. sur la lettre de Tokoli à N. S., afin que S. M. puisse répondre au hongrois, il a trouvé opportun de ne rien dire sur le point de l'hérédité de la Couronne hongroise, sachant que c'est un sujet sur lequel il y a contestation, surtout après la lettre de Bonvisi ; je ne doute pas que le roi n'en fasse donner communication à Tokoli, l'exhortant à se convertir à la religion s'il veut que le pape s'intéresse à lui. Et il ajoute qu'il ne doute plus que le roi partira dans quelques jours, et que l'on attend l'ambassadeur vénitien (i).
A la même date, le nonce avertit que l'on craint bien des discordes si les armées des coalisés marchent vers la Transylvanie et la Valachie. « J'ai vu que l'ambassadeur impérial fait bien des considérations sur ce dernier pays ; peut-être est-il disposé à conseiller à son maître de prévenir les Polonais ; d'un autre côté, il me semble que le roi est d'opinion que la Transylvanie doit lui être réservée, parce que ces populations préféreront être avec la Pologne plutôt que sous César afin de jouir d'une plus grande liberté. A l'arsenal de Léopol on fait de grands préparatifs de bombes et de carcassi ; d'où il ne me paraît pas extraordinaire d'en déduire que le roi veuille, cette année, occuper Camenietz » (2). Le 16, il annonce qu'ayant
(i) Le même jour, il mande : « V. Em. m'engagea le 3 juin à parler en faveur du comte de Condal, afin qu'on lui donne une place dans l'armée pour l'indemniser des charges iqu'il a perdues dans le Brandebourg pour avoir abjuré le luthéranisme, mais je dois faire observer d'abord qu*il y a une loi qui défend de donner tout commandement à des étrangers, ensuite que, même étant admis, comme il n'a pas beaucoup de connaissances ici, il lui sera difficile d'encaisser ses gages car ce n'est pas le Trésor qui paye mais les Palatinats ».
(2) Le 8, Cybo informe Pallavicini :
Fù hier l'altro de me il Sigr Inviato di Polonia, e dopo havermi confermata la costante risoluzione, in cui era il suo Rè di non staccarsi mai per qualsivoglia contrario impulso dalla Lega solennemente giurata dalla Mtà S. in mano di N. S^e, mi rappresentô perche lo riferissi alla S^à S., che
Innocent XI — III 57
félicité le roi sur les faits de l'armée polonaise, il lui dit que l'effet en serait plus grand sur N. S. s'il lui indiquait en même temps le jour du départ de S. M., et que le roi lui répondit que ce serait pour le jour qui suit la S. Jacques; «j'ai remercié, écrit-il, S. M. et relevé l'importance qu'aura son départ, les impériaux ayant commencé le siège de Bude, afin d'empêcher les Turcs de les surprendre. Les Polonais s'étaient emparé des convois turcs destinés à Camenietz, tuant 1200 Turcs et faisant 300 prisonniers ». Mais, à la même date, il ajoute qu'il ne croit pas que le succès des polonais soit aussi grand que le roi l'a écrit au pape. « Espérons que la nouvelle que le roi entre en campagne se réalise ; quoique S. M. l'ait annoncée à N. S , il faut en attendre toutefois l'exécution » (i).
cotesto Sigr Ambasciatore Cesareo, adombrata forse dell' imminente veniita del Sig"" di Bettunes, havea cominciato à praticar manière fredde, e poco atte à coltivar la necessaria buona inteliigenza trà l'Impre, et il medesimo Rè, havendo ricusato l'honore offertogli di servir di mano la Principessa Reale, e mossa controversia di precedenza al Principe Giacomo, et esscndosi ritirato dal comparire con la frequenza solita alla Corte. N. S^e col suo sommo zelo verso la causa publica considéra il gran maie, che potrebbe nascere da simili dimostrationi, e vuole che V. S. lU^a procuri con la sua molta prudenza di farlo in buona congiuntura reflettere al pregiuditio, che queste potrebbono apportare, non meno al ben comune, che al servitio deir Impre, e d'indurlo à non praticarle più nell' avvenire.
Et le 30, il ajoute que N. S. est content d'apprendre que le rétablissement de l'union entre la Pologne et la France et la présence de Béthunes ne nuisent pas à la ligue ; « toutefois V. S. doit être attentive pour s'y opposer. »
(i) Le 12, il avait transmis la lettre pour S. S. du jésuite Votta de Smolensk, qui conclut que N. S. fera bien d'écrire aux Czars. Et il annonce que l'ambassadeur vénitien est arrivé, très bien accueilli ; on lui offrit une grande collation dans le jardin et on y représenta la comédie jouée dans le petit théâtre lors de la St. Jean; il n'a pas encore eu l'audience privée; mais nous sommes d'accord que lui aussi insiste pour le départ procham du roi. Et, à la même date, il informait que jusqu'à ce jour il a reçu dans l'année 500,000 fl. b. m ; mais il se plaint des difficultés d'administrer l'argent qu'il faut répartir en des localités éloignées, pour une foule de choses et l'on ne sait à qui se fier. Et, le 26, il recommande à la libéralité pontificale l'hôpital de campagne pour les soldats, institué l'année dernière avec les revenus vacants de l'abbaye Andreviense, assurant que l'argent sera réservé pour l'année prochaine.