AU SUJET DES BREFS AUX CZARS
de Kiovia aux Moscovites. Le même jour, il ajoute qu'un envoyé moscovite s'est présenté au roi, on en ignore le but, mais on lui a fait voir l'armée. L'ambassadeur de Venise sera remplacé par un résident. Et il avertit que le 4 le roi n'avait pu passer le Niester, faute de pont, car les grandes pluies en rendent impossible la traversée; «ce retard est bien dangereux en ce qu'il arrête les opérations de la guerre. On dit que Demetrio, envoyé en Moldavie, s'est enfui à Constantinople dans la crainte des polonais > (i).
Le 23, Cybo répond au nonce qu'il a bien fait de déconseiller le roi à se montrer contraire à ce que le césarien l'accompagne à la guerre, de même qu'il a été prudent en engageant ce dernier à ne pas intervenir à la chapelle pour la fête de l'Assomption, afin que ne se renouvelle pas l'incident du refus de donner le bras à la reine (2). « V. S. doit veiller à ce que des incidents semblables ne se produisent plus. V. S. dit que
(i) Le 19, il ajoute : qu'à Svaniecz on construit le pont sur des gabions à défaut de barques ; on les élève à une hauteur relative au niveau de l'eau, on les remplit de pierres qui servent de piliers ; on doute de leur résistance ; de ce que le roi est ferme dans cette idée, on en déduit qu'il veut prendre quartier en Moldavie ; ce serait un grand avantage car les Cosaques sont sous Camenietz. Cantacuzènc en Valachie maintient sa parole et, si la Turquie continue à lui être contraire, il peut mettre sur pied 18,000 soldats en faveur des chrétiens. Mais, le 5 août, Cybo avait écrit qu'il ne croyait pas opportun de traiter au sujet des conquêtes futures, afin de ne pas susciter de querelles.
(2) Mais, à la même date, Pallavicini l'informait que l'incident s'était répété : l'ambassadeur ayant refusé de nouveau de donner le bras à la reine à l'occasion du Te Dcum pour la victoire de Bude ; ce fait et l'avis qui vient de Linz que l'on ne croyait pas au succès, du 16 août, des Polonais en Podolie,ont bien excité le roi contre S. Exe, à laquelle on reprocha d'avoir renseigné sa Cour dans ce sens; et S. M. ne voulait plus l'avoir auprès d'elle au camp. « J'ai tâché de l'excuser et j'ai obtenu du roi qu'il ne lui en parlât pas ; l'ambassadeur de son côté m'ayant fait la promesse de ne plus assister à la chapelle. En agissant ainsi j'ai cru obéira N. S. et de dissiper les ombres. Ayant parlé à l'ambassadeur des actes des polonais dans les derniers temps en Valachie, des réponses de S, Exe. j'en déduis qu'on y fait moins de fondement de ce que j'écrivais le 5 juillet ».
le roi ne tient pas à avoir auprès de lui un ambassadeur et qu'il se contenterait d'un résident ou d'un envoyé ; j'en ai écrit au card. Bonvisi pour voir s'il y a moyen de remplacer l'ambassadeur par un personnage d'un rang inférieur, car je crois que la République de Venise fera de même » (i).
Le 26, Pallavicini prévient que surgit une nouvelle difficulté touchant les brefs pour les Czars ; parmi les titres qui y sont dénommés, dit-il, se trouvent Smolensk et Chiovia, or, le roi est indigné de la demande de la cession de ces villes possédées jadis par les Moscovites ; S. M. m'ayant fait demander que ce titre fut enlevé, je n'ai pas dit que l'on avait agi ainsi d'après le conseil de la Cour de Vienne et ai laissé croire que la formule avait été indiquée par Moscou. On pourrait ne pas nommer les pays sujets aux Czars ; je transmets (2) une feuille
(i) Et, le 25 octobre, il répond qu'il ne croit pas opportun d'écrire au roi de se contenter d'avoir un simple envoyé bien qu'il soit persuadé que S, M. en serait contente. Le roi reçoit comme un soldat, sans faste, librement et dans une forme non correspondante à sa grandeur, de manière que les ambassadeurs l'ennuient plutôt. « J'en écrirai à Bonvisi ; et que si on n'envoie pas ici Zierowski, comme je crois, l'empereur voudra que l'ambassadeur reste pour la Diète car il a bien des amis ici, et dans ce cas il serait convenable que le roi lui donne l'ordre de donner le bras à la reine ». Déjà le 30 septembre Cybo engageait le nonce à avoir de bons rapports avec le secrétaire Alberti, qui arrivera sous peu, substituer l'ambassadeur vénitien.
(2) Titoli de' quali si vale il Re di Polonia nella scrivere alli Gran Duchi di Moscovia, e che li medesimi danno à se stessi nel corrispondere à S. Mt-à. Dilectis filiis Nobilibus Viris Joanhe Alexiowicz, Petro Alexiowicz magnis Dominis Czaris, et Magn's Ducibus Universe Magne et Parve et Albe. Russie, et Magnorum Dominorum Orientalium Occidentalium ac Septemtrionialium paternis et avitis Heredibus Successoribus Autocratoribus Dominis, et Dominatoribus.
S'apprende, che possa dar fastidio à Mosca il nominare nelle lettere la Republica Veneta Valde dilecta, e loro Dilecti, onde si mette in consideratione se per prevenire questo puntiglio si stimasse bene darlo à tutti ô lasciarlo affatto in questa lettera Apostolica ô sii Brève.
Nel titolo di sopra vi è la parola Magnis Dominis, che se bene non si usa nel titolo del Brève mandato, tutlavia, dandosi in quella Magnis Ducibus, si reputa che non varii l'aggiungerc l'istesso epiteto avanti Dominis, e dall'altra parte si considéra che l'ommissione potria dar fastidio à quella gente sopra ogni credere minuta in tali formalita.