DESACCORD ENTRE ESPAGNE ET FRANCE
Le même jour, Jacobelli informe de Venise qu'on presse Lando de partir de suite et que l'on réclame le nonce. On dit qu'il y a une lettre, rendue publique, de l'évêque de Scutikn annonçant que ses populations sont prêtes à se mettre aux ordres de la République, voulant devenir ses sujets (i).
peut assurer la succession à son fils. L'empereur voudrait bien ce mariage, mais ne pouvant vaincre la résistance de l'électeur, il s'adresse à N. S. pour voir si, par ses démarches, il pourrait réussir ».
(i) Le 8, il écrit que la ligue semble se refroidir à la suite de la déclaration de guerre des Espagnols à la France, et que de ce fait la situation de l'empire peut changer, car la Bavière ne pourra pas donner son secours et la République est compromise déjà par la conduite des Morlacques et de ceux de Spalatio qui veulent s'unir aux autres. Le bruit circule aussi que le gr. Vizir aurait déclaré qu'il veut détruire les Morlacques et plus tard en rendre responsables les Vénitiens. Le 15, il avertit que le duc de Mantoue a envoyé, avec des lettres de créance, le comte Vialardi présenter un mémorial au Collège annonçant que le duc, serré par les français qui veulent encore d'autres places et que n'ayant ni argent ni forces pour pouvoir résister, demande à la République de dépêcher un Savio pour traiter avec lui ; on lui assigna Gior-gi, Savio de terre-ferme ; on croit que le duc fait ces démarches pour laisser voir qu'il est obligé d'obéir à la France ; mais ici on le laisse espérer avec de bonnes paroles afin de ne pas l'irriter... L'ambassadeur Contarini a écrit que l'empereur lui a parlé de la ligue avec des conditions meilleures et que Délia Torre a l'ordre de présenter les propositions. En effet, le comte demanda la permission de se faire conduire au Collège, étant encore souffrant de la goutte ; il parla serré et avec tant de force qu'il fit de l'effet; «et,au moment de se faire placer dans la barque, il me manifesta son contentement du succès et m'engagea à aller chez lui le lendemain. Mais on n'a rien décidé dans le Pregadi du soir, quoique la situation soit propice, parce que les Savi de la semaine sont favorables et qu'il y a des nouvelles portant que le Turc veut faire la paix avec l'empereur et la Pologne ; toutefois on veut d'abord savoir ce qu'écrira Lando, ne croyant pas que le pape abandonne la République, car la Dalmatie est le véritable boulevard de la chrétienté. Enfin, le 22, il ajoute que l'on saura déjà par Lando l'ordre d'accepter l'offre de l'empereur, d'en donner avis à S. S., car avec son autorité le Sénat a accepté la ligue et exprimé le désir que S. B. veuille la bénir et la protéger de son assistance. Andréa et Pietro Valiero ont rassuré les opposants en leur affirmant que les fonds étaient fixés, ainsi qu'on le fera voir ; et cette assurance fit voter la ligue avec seulement 45 voix contraires et 19 non sincères. Après cela, le Collège a fait
A la même date, Cybo écrit à Bonvisi : « par suite des résolutions prises par les Espagnols contre la France, V. Em. se rendra compte que le changement du cours des affaires rend inutiles les démarches paternelles de S. S. auprès des Cours au moyen de ses ministres. Cela ne veut pas dire que ceux-ci aient à renoncer à toutes les diligences possibles et aux actes qu'ils croiront propres à rouvrir les négociations en vue de la conclusion d'accords bien utiles dans les circonstances présentes, principalement en Hongrie contre l'ennemi commun et à l'avantage de la chrétienté ».
Le 2, Mgr Visconti, de Cologne, mande à Cybo :
L'andata a Berlino del Sig'" principe di Morbak si crede che sia ad effetto di stabilire una lega difensiva frà S. A. Elettorale di Colonia, et il Sig. Elettore di Brandemburgo.
Il Re di Francia si è dichiarato di havere occupato quelli luoghi nel vescovato di Liegi, come si accenno con le passate, per dubbio che li Spagnuoli vi entrassero prima, e si è detto che mong. vescovo di Argentina in nome di S. M. christianissima proporrà a S. A. in tal particolare al suo ritorno temperamento di sodisfatione a tutti.
Questo Sig. Elettore, che pare inclini alla neutralità per sicurezza de suoi stati, si crede che augmentera il numéro de soldati ; essendosi pure portato a questa corte l'Inviato del Marchese di Grana per insi-
appeler l'ambassadeur et lui a répondu que le Sénat avait volontiers agréé l'offre de la ligue et qu'il attendait d'en connaître les conditions... D'après une lettre du général de la Dalmatie, on traita ensuite de l'affaire des Morlacques et on décida de les secourir en public, leur reconnaissant comme chefs le comte Rados, très-estimé, le comte Gianco et un certain Pastrovich, à la condition qu'ils n'arborent le drapeau de S* Marc qu'après la ratification de la ligue. Il semble aussi que le général Morosini a écrit que l'on doit se garder d'employer l'armée navale dans des entreprises difficiles, mais seulement dans celles dont le succès est immédiat, telles que l'occupation de Tenedos, Chio,Lemnos ou quelque autre île et que l'on doit réduire en détresse Constantinoplc en lui coupant les vivres et les communications avec le reste de l'empire ottoman. Pour l'exécution de ce plan, il a dit qu'il devait avoir 12,000 soldats à débarquer. Et, le 29, Cybo répond que S. S. a été bien contente d'apprendre que ces messieurs ont résolu, d'une manière généreuse et utile, à pourvoir à leur sûreté et à s'unir à la ligue avec l'empire et la Pologne.