‹ Innocent XIChapitre 365 sur 430 · PREMIERES DEMARCHES · texte numérisé non relu

PREMIERES DEMARCHES

nuare a S. A. la nécessita di taie armamento, e collegarsi con Spagna. Le 4, Borivisi, de Linz où il se trouvait avec la Cour, écrit à Cybo : « je ne sais si par inclinaison naturelle où s'il est stimulé par le Sénat, l'ambassadeur vénitien est très partisan de la ligue et m'a fait voir des lettres du Sénat qui l'engagent à avoir confiance en moi. Le v. chancelier impérial lui a proposé une ligue offensive à devenir ensuite défensive perpétuelle comme celle entre l'empire et la Pologne ; le comte Délia Torre en a fait la proposition au Sénat, mais on a compris qu'elle n'était pas conforme à celle énoncée par Konisegg. L'ambassadeur me pria de chercher la raison de cette différence. Je l'ai trouvée de suite ; c'est que Konisegg a fait une communication de compétence du chancelier de la Cour, qui, soit par jalousie ou n'étant pas bien renseigné, a écrit au comte à Venise en se tenant dans les généralités et ne s'exprimant pas aussi clairement que Konisegg ; de manière que les négociations n'avançaient pas. On avait persuadé l'empereur que cette nouvelle obligation de ne pas faire de paix sans les vénitiens, comme il en est du traité avec les Polonais, empêcherait tout accord, et l'ambassadeur ne recevant que des réponses ambiguës en parla, afin de pouvoir donner des explications au Sénat. J'ai trouvé que réellement la difficulté était forte, mais j'ai travaillé et ai gagné Mgr de Vienne, de manière que deux jours après S. M. m'a fait dire qu'on écrivait au comte de proposer la ligue offensive et aussi défensive, et m'autorisant à en informer Contarini, qui en fut très-content ; je crois avoir bien fait d'intervenir » (i).

(i) Le 22, Cybo répond que N. S. a appris avec plaisir la confiance de l'ambassadeur Contarini envers V. Em. et veut qu'il y ait correspondance en tout ce qui peut servir au bien public. « Le pape a aussi approuvé les démarches de Contarini pour trouver les raisons de la différence entre les propositions verbales du v. chancelier à l'ambassadeur et celles faites au Sénat par le comte Délia Torre. Mais on sait déjà que l'offre de la ligue dans les termes tracés par V. Em. a déjà été faite au Sénat par le comte. L'envoyé Lando depuis deux jours est à Rome, mais le pape n'a pas encore pu le recevoir ».

Innocent XI — HI 59

Et, le même jour, il répond : < je continue la correspondance avec le nonce de Varsovie ; je suis aussi de l'opinion que les Polonais doivent assister l'empereur en Hongrie ; du reste le roi, irrité contre Tokoli pour ce qu'il a fait contre les polonais, a déjà commencé par le séquestre des effets que les hongrois tiennent en Pologne. Je dois avouer que jamais Tokoli n'a eu de bonnes intentions ; quand il vit que tout le monde allait à la défense de Vienne, il se tint attaché au roi de Pologne, mais après, voyant qu'on ne poursuivait pas la victoire et qu'on le laissait tranquille, il se montra contraire aussi au roi... Du reste, si j'ai écrit à V. Em. que les Polonais ont été les premiers à rompre avec les Turcs, je n'ai rien dit dans ce sens au roi, et elle peut être sûre que j'agis avec circonspection pour ne pas offenser ni le roi ni la nation que je sais soupçonneuse, ardente et qu'il faut la manier avec force, mais en s'appuyant sur des motifs de gloire et non de reprcTches » (i). Le 8, Cybo le prévient que l'envoyé polonais lui a dit que son roi est obligé de rester en Hongrie afin de faire respecter ses polonais qui, se trouvant près des localités fortifiées tenues par les révoltés, sont bien souvent attaqués par ceux-ci. Le pape voit dans la conduite du roi qu'il est toujours bien disposé envers la ligue ; et Denoff a dit aussi que S. M. avait désapprouvé le langage de son ministre à La Haye.

Le II, Bonvisi transmet à Cybo trois lettres ; dans la première il écrit :

Habbia V. E. la bontà di considerare, che un principato senza

(i) Le 23, Cybo écrit : « N. S. sait bien que V. Em. travaille toujours à la meilleure entente entre l'empereur et le roi, mais comme il semble qu'en Pologne on n'est pas tout à fait satisfait de cette Cour, S. S. engage V. Em, à tâcher, dans la manière dont j'ai déjà écrit, que l'empereur envoie à la reine quelque présent de valeur, et aussi de temps en temps quelque autre objet de prix moindre, car la reine aime les cadeaux et pourra ainsi plus facilement tenir son mari attaché à la Cour impériale. V, Em doit aussi, par ses lettres, exciter le roi à se préparer à la guerre contre Ips Turcs. »

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