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BONVISI JUSTIFIE SA CONDUITE

volontà sua se non con molto stento, e replicati impulsi, e perciô non ha risoluto tuttavia che ritorni al Castello detto D. Bernardino, ancor che lo desideri, per la bontà che hà di non dar minimo disgusto à S. B^, et al mio ministero, e perche leme molto detto Sig^ Duca del Consiglio di Stato, pero non si rimette al medesimo Consiglio la mia istanza, la quale in fine ô dovrà rimettersi, ô sodisfarsi, se S. S^^ vorrà tener forte l'impegno (i).

Le i6, Bonvisi fait observer que, quoique l'abbé Cherufini écrive de Lucerne que les cantons catholiques montrent de la répugnance à envoyer des secours à l'empereur contre les Turcs, toutefois on pourrait obtenir, sur la demande de César, looo fantassins si S. S. leur accorde l'exaction des dîmes sur les terres ecclésiastiques ; alors les cantons hérétiques seraient stimulés à en accorder autant. L'empereur fut content de ce projet (2). Et, le même jour, il annonce l'arrivée de Lubomirsky, venu pour concerter avec l'empereur le plan de la campagne prochaine et aussi pour demander le pardon des hongrois, exceptant Tokoli. Dans la visite qu'il fit au nonce, le prince se déclara satisfait des déclarations qu'on lui avait faites et montra son désir de continuer au service de l'empereur.

Le 18, Bonvisi écrit :

Non pretendo altro in questo Mondo, che di servir N. S""^ nel miglior

(i) Le 30, Cybo l'engage à persuader l'ambassadeur impérial que c'est à lui d'éliminer les obstacles pour l'exécution du bref touchant l'argenterie des églises. Et, le 13 février, il écrit : « c'est avec douleur que N. S. a appris les difficultés qu'on fait Le pape veut que V. Em. en parle encore avec le césarien, afin qu'il insiste fortement auprès du roi et de la reme, mettant en relief que si l'empereur est laissé seul contre les Turcs, il sera obligé de signer la paix avec la France pour se remettre des malheurs soufferts ».

(2) Le 26 février, Cybo répond qu'il écrira à l'abbé Cherufini que le pape n'a pas de difficulté d'accorder les dîmes pour payer le millier de fantassins, si rien n'en empêche l'exaction. Et, le même jour, il l'avertit qu'on a ordonné aux évêques d'organiser des quêtes pour l'hôpital militaire. Et aussi, à la même date, Cybo écrit au nonce à Lucerne : « V. S. à insinué au card. Bonvisi que les cantons catholiques seraient disposés à envoyer en Hongrie, en aide à l'empereur, 1000 soldats si le pape concédait les dîmes pour leur solde. Je de.mande à V. S. si, au cas de la concession, il y aura difficulté dans l'exaction, ou quelque grave inconvénient au préjudice de la tranquillité de ces localités si on en emploie le revenu pour cette milice ».

modo, che posso, e pero non mi euro délie interpretazioni, che gli altri dessero aile mie operazioni, e sô esser stile delli ambasciatori, come V. E. dice, di minacciare, e di dichiarare diffidente, ma io me ne rido, et esperimento che accrescono la stima quanto maggiore trovano la costanza dell'animo, e questo ambasciatore di Spagna dopo che mi dichiaro Francese, e che io li risposi con risolutione, mi mostra maggior confidenza, e mi hà datto quello, che V. E. leggerà nel foglio.

La Francia si sottopone à gran rischio se vuol far progressi in Fiandra, e Io Stato di Milano non è paese da pigliarlo in un anno, e molto meno la Spagna, in tanto molti fremono, che i Francesi habbiano forzalo gli Spagnuoli alla dichiaratione délia guerra. Dio benedice il valore e la condotta del Rè di Polonia, che incitera i Venetiani

Quà si farà il possibile, e persuaderô i risparmi coU' efficacia, che V. E. mi comanda, ma conosco che senza qualche aiuto non si puol supplire al bisogno di questa campagna, e quasi disperavo de i buoni successi, se il Turco, et i Tartari non toccavano quella gran botta da i Cosacchi, ma se l'Impie, et il Rè di Polonia saranno un poco assistiti, ridurremo il Turco in tal nécessita, che per un'altro anno basteranno i soccorsi délie décime senz'altro incommodo dl S. S^^ (jj.

Le 23, Bonvisi rend compte que rempereur,avant de le recevoir, lui a envoyé le président de la Chambre pour lui communiquer les graves préoccupations de S. M. touchant l'argent, car en voyant la liste des régiments César trouva qu'ils sont décimés bien plus qu'il croyait. L'entreprise contre Strygonie, dans une saison très-contraire, avait décimé les soldats et tué 8000 chevaux, de manière que les nouveaux recrutements demanderaient l'in million de florins et non 800,000 comme on calculait, et qu'on ne savait pas où tirer les 200,000 complémentaires, le pays ayant été dévasté parles Turcs et par les troupes auxiliaires, et aussi parce que les

(i) Le 15, Cybo lui avait écrit : « N. S. a été bien peiné d'apprendre les dissentiments qui existent entre le duc de Lorraine et le résident de guerre. V. Em. tâchera de ramener la concorde et, si elle ne réussit pas, elle en parlera à rempereur,en lui faisant considérer les malheurs qui peuvent arriver ; et également aux ministres et, s'il le faut, faire éloigner le président afin d'éliminer le mal qui en vient à la chose publique. S. S. veut que V. Em. en parle à l'impératricc-épouse, lui faisant comprendre la nécessité pour elle, pour ses enfants et pour tous de se prémunir contre l'éventualité de maux comme ceux de l'année passée ».

CONSEILS DE BONVISI A l'IMPÉRATRICE-MÈRE. 939

revenus des principautés de la Silésie avaient bien diminué faute d'acheteurs; «que l'empereur, par conséquent, me priait de demander à N. S. de nouveaux secours, quels moyens on pouvait employer et si S, S. concéderait une collecte sur les ecclésiastiques comme l'an dernier. J'ai répondu que le pape a fait son possible et a réduit ses propres dépenses ; qu'il ne sait plus que faire, voyant que les autres ne font pas de même ; qu'en tout cas on devait renouveler les démarches en Espagne pour obtenir les dîmes... (i) J'ai parlé ensuite fortement à l'empereur, sans préoccupation de devenir odieux ; mais S. M. m'écouta avec plaisir, m'avouant qu'elle avait accepté mon conseil de demander un demi «/o, comme donatif volontaire ; j'ai approuvé ce projet, ajoutant toutefois que si ce donatif devait devenir forcé et s'il s'agissait d'ecclésiastiques, on devait demander en anticipation le consentement de N. S pour éviter les derniers contrastes. Je l'ai exhorté en outre à supprimer les dépenses superflues, de donner le bon exemple au peuple, de faire frapper monnaie avec la partie de l'argenterie inutile, d'autant plus que sur la place manque la monnaie ; et qu'il fallait aussi abolir l'exclusion du cours des florins étrangers, afin de facihter le commerce... M'étant rendu ensuite chez l'impératrice-épouse, je lui ai fait relever que dans l'intérêt de l'avenir de ses enfants, elle devait appuyer la réforme dans les dépenses, et aussi celle des mœurs, quoique sa Cour n'en ait pas besoin. S. M. m'a dit que cette réforme était difficile, car il y avait trop de liberté dans les réunions ; mais qu'elle était d'accord avec moi en ce qui touche aux

(i) Le 12 février, Cybo, content d'apprendre les bonnes dispositions des moscovites envers la ligue et celles de la Perse, trouve qu'au lieu de rencontrer la haine, S.Em. devrait être louée pour avoir parlé à l'impératrice des réformes et au sujet des dames qui mènent une vie relâchée. Il lui transmetaussi le bref pour le 1/2 0/0 sur les biens ecclésiastiques, notant que le zèle paternel de S. S. a voulu satisfaire bien vite la demande de l'empereur ; et V. Em. s'en prévaudra en assurant S. M. de l'affection paternelle de S. B. envers sa très-auguste Maison. Cybo répète encore : « qu'il sera bon que l'impératrice se montre plus favorable à l'égard des dames qui se conduisent avec modestie, selon les conseils de S. M. »

dépenses. J'ai répondu que je ne demandais pas de rigueurs, mais que, lorsque des dames de vie trop libre se présentent à S M., elle devait leur faire voir son mécontentement ; enfin j'ai conseillé de faire chanter un Te Deum pour les victoires des Polonais, afin de stimuler davantage le peuple ».

Entre Bonvisi et Ranuzzi il y a avait échange de lettres. Le 29, le cardinal lui répond que des trois points de sa lettre il ne veut s'accuser que du premier, et non des deux autres car chaque prince souverain peut faire ce qu'il veut. Par des traités séparés avec les princes de l'empire, la France laisse supposer son intention de faire naître des jalousies et il vaut mieux dire, qu'avec l'apparence de la paix, elle veut la Flandre, d'autant plus qu'elle proposa à la Hollande de ne pas attaquer de places durant le mois de janvier, après lequel on voulait brûler et dévaster le pays. V. S. dit que la Providence semble disposée à nous donner un congrès, car à La Haye se trouve un ambassadeur du très-chrétien, mais c'est à voir s'il changera d'idée touchant les traités particuliers. Et avec ce système on exclut toute médiation du pape, tandis que nous, ses ministres, devons la sauver même à l'avantage des princes catholiques. On aurait dû observer la modération de la rigoureuse alternative de Courtray et Dixmunda, car celle de l'Espagne et du Luxembourg n'était pas praticable ; en usant d'une modération juste on pourrait faire la trêve pour une période qui permettrait de traiter de la paix dans un congrès ; celles de Westphalie et de Nimègue ont donné peu de résultat, car la France reste toujours inquiète tant qu'elle n'a pas dans ses mains la Flandre d'une manière ou de l'autre ; et c'est pour cela que les princes vivent en rivalité, croient s'assurer au moyen d'accords généraux, et ceux qui ne les veulent pas ne cherchent non plus la tranquillité universelle ; avec ces divisions favorables aux Turcs il est indifférent que la guerre se fasse d'un côté ou de l'autre. «Je regrette cette malheureuse situation, car dans un accord général la France obtiendrait des satisfactions plus grandes que celles dont elle se doute; parla limitation raisonnable des frontières respectives toute inimitié

VENISE OFFRE d'ENTRER DANS LA LIGUE. 94I

entre deux ou trois Maisons en Europe serait éteinte ; l'empereur s'arrangerait avec le très-chrétien si les Turcs n'avaient pas déclaré la guerre. Ce que V. S. lUme dit, que les français veulent profiter des bonnes dispositions, peut être une erreur, car lorsqu'ils obligèrent les Espagnols à leur céder Alost et la vieille bourgade de Gand, Vienne était assiégée par les Turcs et, si on l'eût-perdue, les Allemands auraient eu besoin de l'aide des Français ; de cette manière l'empire aurait été partagé entre la France et la Porte. Mais les choses ont changé et César a gagné des alliés contre les barbares. On dira que la France pourra toujours faire de nouvelles conquêtes ; mais l'avenir est entre les mains de Dieu et ceux qui sont restés neutres envers la France peuvent changer d'avis, d'où le meilleur conseil est de fixer la paix perpétuelle et de se tourner tous contre les Turcs ; ces sentiments, conclut-il, me viennent en raison du saint zèle de N. S. et aussi pour le bien particulier de V. S. lUme, afin qu'elle ait l'honneur de perfec- .tionner l'œuvre et qu'elle n'en laisse pas le soin à la Hollande » (i).

Le i^^ février, Bonvisi informe : « l'ambassadeur vénitien ayant reçu un courrier du Sénat vint me voir, sans aucun cérémonial, et me dit que le Sénat a répondu à l'invitation de César et du roi de Pologne, en manifestant le désir d'entrer dans la ligue et en demandant les conditions. Le chev. Contarini ajouta que Lan do était aussi chargé de répéter tout cela à S. S. ; que nous deux nous devions marcher unis pour la ligue et, par conséquent, que je devais tout connaître. Nous sommes tombés d'accord sur la réponse que fera César : qu'on

(i) Le 9, écrivant à Cybo, il déplore que les Turcs empêchent toute communication ; on manque de nouvelles de Constantinople et il -prie S. Em. d'organiser un service par Raguse et l'intermédiaire des religieux et des missions... Il exprime aussi l'avis que la quête pour l'hôpital militaire ne soit pas faite par des prêtres qui payent déjà les dîmes, mais des séculiers dévots qui donneraient volontiers leur concours. Et, le même jour,il annonce que Zierowsky, qui était résident impérial à Varsovie, va en Moscovie avec le Baron Blumberg pour assister au congrès des Polonais.

accepte tout en remettant les détails à la discussion ; en attendant, on offre les mêmes conditions que celles stipulées avec la Pologne pour une ligue offensive, avec obligati<m de ne signer la paix qu'avec le consentement des autres, et, la guerre finie, avec le concours de tous on restera sur la défensive ; enfin que César permette à la République de faire des recrutements en Allemagne, n'ayant pas assez de soldats. Nous avons conclu que, pour le moment, on ne pouvait dire davantage, ignorant les convenances de la République, mais qu'elles seront satisfaites lorsqu'elles seront connues à Vienne par la plénipotence qu'on y enverra. Mon projet, ajoute-t-il, fut approuvé avec l'annexe que le serment de l'accord aura lieu entre les mains de N. S., comme pour le premier avec la Pologne. S. M. désire que les négociations aient lieu ici non seulement pour sa dignité, mais aussi parce que je m'y trouve et que je pourrai en être le médiateur. On croit que la République enverra les pouvoirs à l'ambassadeur, et comme celui-ci est un fervent de la ligue, je ne doute pas de la réussite, d'abord parce que la ligue est nécessaire dans l'intérêt commun des parties, et ensuite en voyant que Dieu a réservé à la personne de N. S. d'en être l'auteur (i). Cette ligue pourra donner une forte impulsion aux Moscovites et aux Persans, par la perspective de la future ruine des Turcs. J'ai même écrit au nonce en Portugal de suggérer à V. Em., de demander le concours du roi avec quatre ou cinq de ses gros vaisseaux, à joindre aux galères de N. S. afin de donner ainsi un stimulant au très-chrétien de s'unir, espérant que l'Espagne fera de même. Je m.ets aussi une certaine importance à l'aide du Portugal, parce que par la voie de Mozambique on pourrait faire des démarches auprès des Abyssins en les engageant à envahir l'Egypte ; ce sont des chrétiens séparés du reste du

(i) Le 19, Cybo le remercie des renseignements touchant les bonnes dispositions de la République à s'unir à César et à la Pologne et il l'engage à les cultiver. Et, le même jour, il lui envoie une circulaire annonçant que le pape, qui depuis neuf jours a été alité à la suite d'un rhume négligé, est complètement gucri.

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