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LES POLONAIS SATISFAITS DE LA LIGUE

Le II, Bonvisi répond à Cybo d'avoir communiqué à S. M. les félicitations de N. S. touchant la ligue (i) ; et il informe que le nonce en Pologne l'a averti que le roi est très-content des articles et avait demandé le conseil des sénateurs pour la ratification. César lui a aussi fait dire que la ligue avait fait bonne impression en Moscovie (2). Mais, le même jour, il ajoute que l'ambassadeur de Pologne est venu lui dire que son roi s'est plaint, parce que dans l'accord on n'a pas stipulé que S. M. aurait le commandement aussi des troupes vénitiennes; «je lui ai conseillé de répondre que l'on a trouvé que cette insertion était superflue, parce que, en outre de la grande distance, jamais il n'y aurait l'occasion que les soldats vénitiens se battent à côté des autres coalisés. Il y a eu aussi des plaintes touchant le silence sur les dîmes ; à cela j'ai répondu que, comme personne ne pouvait prétendre aux dîmes du territoire vénitien, il était entendu que cela regardait la République ». Mais

(i) Le 29 mars, Muzio avait annoncé à Cybo que le marquis de S. Tomaso lui a dit que voulant satisfaire la République de Venise, on avait décidé de fermer les yeux sur la levée que la République fait en secret dans le duché.

(2) Le 8, Jacobelli, de Venise, avait mandé à Cybo :

Mi si dice, che dopo varie consulte fattessi sopra li due capitoli concertati col Sigr Cardie Buonvisi di aggiungere alli già stabiliti sopra la Lega, l'une sopra la perpetuità di essa lega difensiva, l'altro sopra gli acquisti, finalmente si déterminasse sabbato passato di scrivere al Sigr Ambasciatore Veneto résidente in Vienna, che lasciasse correre senza altra insistenza per hora sopra essi due capitoli, perche se gli scriverà in appresso se occorrerà, essendosi penetrato, che questi Sigr habbiano considerato che in quanto al primo, con il quale dicono veniva dichiarato, che ogni volta che qualcheduno de collegati venisse assalito da Turchi terminata questa guerra, gli altri fossero obligati di soccorrerlo con tutte le forze possibili, sufïïcientemente tutto questo si contenga nelli capitoli già sottoscritti ; in quanto poi al secondo sopra gli acquisti suppongono, che le parole aggiunte siano tuttavia equivoche, e di più portino seco una forma di concessione, che faccia l'Impre di tutto ciô, che si ricuperarebbe dalle armi délia Repubc^, onde habbiano stimato, che sarebbe più tosto di pregiuditio accettare una taie espressione, mentre si verrebbe à confessare che l'Impre vi potesse havere qualche ragione, non solo in quello si venisse à ricuperare, ma ancora in quello, che la Kepca attualmente possiede in Dalmazia, che anticamente era stato dell'Imperio ecc.

c'est de Venise, ajoute Bonvisi, que vient à présent la plus grosse difficulté. On y a renouvelé le collège des Savi et des rivaux de l'ambassadeur y sont entrés. Or, le Sénat lui a écrit de ratifier le traité, mais de réserver les deux articles, car on trouve que celui de la ligue défensive est trop vague et qu'ainsi on n'arriverait jamais à faire la paix ; et que l'autre, touchant les conquêtes, est trop restreint parce qu'il se borne à la Dalmatie, tandis que Venise vise à l'Albanie et autres pays. < Voyant l'impossibilité d'adhérer à la prière de l'ambassadeur et d'ajouter des explications, je l'ai engagé à répondre que l'on a jugé superflu d'énoncer les cas qui peuvent contribuer à rompre la paix entre coalisés (i) ; dans les traités de paix, alors, on expliquerait les vrais cas et cette omission est plutôt utile à la République, qui, étant la plus faible, doit mieux se sauvegarder dans les assistances, de sorte que les Turcs, connaissant ses défenseurs, la respecteront davantage ; quant aux conquêtes on parla seulement de la Dalmatie, parce que c'est une des provinces de la Couronne de Hongrie, laissant pleine liberté sur les autres localités. S. Ex. m'a promis d'écrire dans ce sens et on espère un bon résultat, parce qu'il paraît qu'à Venise la majorité veut la signature. »

Le i8, il écrit qu'il doute que viennent les troupes du duc de Bavière, à cause des grandes inquiétudes que donnent les Français avec leurs puissantes armées et ligués avec l'électeur de Cologne, le Danemark et Brandebourg, de manière que les affaires de l'empire sont tellement troublées que l'on craint une guerre universelle (2). Et, le 25, il ajoute qu'il espère

(i) Le 15, Jacobelli écrit à Cybo : « le projet du général Morosini serait de tenter, en passant le sacco de Santa Maura et le démolissant, d'empêcher le transport des turcs dans l'Archipel, et de prendre Tenedos. Le Proveditore.Mocenigo voudrait aller en Dalmatie, trouvant que la prise de Castelnovo est très-facile, si les Albanais persistent dans l'idée de se soulever à l'approche des armées de la République.

{2) Le 25, il transmet la copie d'une lettre envoyée à Mgr de Vienne, pour savoir si l'électeur de Bavière prendra part avec ses troupes àja guerre en Hongrie. «Le pape ayant déjà annoncé la concession au duc d'un subside de 300,000 fi. sur les biens ecclésiastiques, je ne sais pas si N. S. consent que

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