‹ Innocent XIChapitre 376 sur 430 · BONSIVI CRAINT UNE GUERRE UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

BONSIVI CRAINT UNE GUERRE UNIVERSELLE

beaucoup de l'ambassade de Vallenstein chargé de donner des satisfactions touchant Baratta et les canons. Le comte doit aussi remettre un beau bijou, de la valeur de 12,000 th., à la reine ; quatre chevaux au roi et deux au prince avec 30,000 fl. de pension anticipée. « Le nonce m'a écrit, que le comte Ciacchi (i), envoyé du prince de Valachie, viendra ici avec une lettre royale pour César et une autre pour moi. On voudrait que l'empereur enrôle 4000 Cosaques et 2000 Transylvains pour aider le prince de Valachie, qui veut se libérer des Turcs ; je crois qu'on n'accordera rien, soit par manque d'argent ou à cause de la grande distance. J'ai déjà répondu au nonce que c'est le roi qui devrait y envoyer de ses troupes ».

Et, le 2 mai, il transmet les copies de la lettre du roi (i) et de

l'argent de l'Eglise soit employé autrement que pour la cause de Dieu. Afin d'éviter des plaintes, je proposais que l'électeur envoyât au moins quatre ou cinq mille soldats pour renforcer l'infanterie, car des généraux disent que les impériaux, seuls, ne peuvent pas se rendre maîtres de Bude, à moins de dégarnir de garnisons les villes, et les mines, qui courraient le risque d'être dévastées pour toujours. J'ai ajouté que je ne me mêle ni de politique ni de questions militaires, mais que je désire seulement d'éliminer toute occasion de plaintes. »A la même date, il informe que le Palatin de Hongrie est venu offrir des soldats et demander de l'argent, mais il doute qu'on en donne car les hongrois ont donné mauvaise preuve... Et il déclare que jamais a été publiée de taille sur Tokoli comme l'annoncent des Avis. Le même jour, il annonce que l'électeur de Bavière semblait disposé à aller en Hongrie avec 14000 soldats, mais que l'ambassadeur d'Espagne l'a déconseillé, trouvant cette troupe nécessaire pour la défense de l'empire et des possessions espagnoles, afin de ne pas livrer celles-ci aux français ; et il a tellement travaillé que les ministres ont tenu conseil. « Renseigné à ce sujet, écrit-il, j'ai fait observer que le duc électeur ayant reçu le subside du pape, on donnerait prétexte aux français de s'en plaindre. Mon observation fut rapportée à S. A. et elle répliqua qu'elle ne voulait pas diviser ses forces, ajoutant que ce subside lui fut accordé jadis pour la guerre sous Vienne ; mais n'ayant eu connaissance de cela qu'indirectement, j'ai gardé le silence. En tout cas, mon billet à Mgr de Vienne sera un témoignage pour les français ».

(i) Copia Epistolae a Maiestate Polonica scriptae Em^e Dno Cardinali Bonvisi. Javaraviae 27 Martii 1684. — 111'"^ et Rev^e Dne, grate nobisdilecte Generosum Comitem Czaki ex Transalpina reducem sine mora auditum,

celle du prince de Valachie apportée par le comte Ciacchi.«Le roi lui ayant commandé de me voir avant de se rendre chez l'empereur, il resta chez moi deux heures:Je lui ai expliqué que Ton ne pouvait satisfaire à sa demande si d'abord on ne gagne la Transylvanie afin d'avoir la communication directe; il répondit qu'on pouvait y aller par la Pologne et qu'on priait César de donner au moins 2000 chevaux ; mais je lui ai fait comprendre qu'il était impossible de détacher quelque partie que ce soit de l'armée, qui est déjà bien faible, tandis qu'il serait plus opportun que le roi, du moment qu'il ne veut pas s'emparer de Camenitz, après avoir laissé des troupes suffisantes pour la bloquer et empêcher toute invasion tartare, envoyât de ses cosaques défendre le prince et empêcher aux Turcs le passage du Danube : on sait que ces derniers veulent venir pour remplacer le prince Etienne de Moldavie, prisonnier en Pologne ; la marche des polonais pourrait s'effectuer en huit jours. J'ai écrit tout cela au roi et l'ai engagé à envoyer de ses troupes. Le comte fut content de mon discours et il en parla à l'empereur. Mais enfin il faudrait bien avoir

probatisque momentis in rem Xianam ab illo confectis, illico ad Sacram Caesaream Maiestatem expediri curavimus, Fert tantae considerationis materiam, ut neglecta, felicitatem communis causae irritare posset. Curae itaque et benevolentiae IlUis (sic). Vestrae eum commendavimus, magna spe, sme procrastinatione audiendum, inque locum, negotiationis perficiendae gratia, omni diligentia remittendum, neo omittendas, aut procrastinandas suppetias, quas petit Transalpinus. Ab illis enim, et resolutio illius pendet, et Danubii possessio,quam nisi ante maium.habuerimus, castellaqne ex bac ripa expugnentur illius loci Christiani, haud generosa sumere poterunt consilia. Quarum suppetiarum insinuamus quaedam média S. Caes. Mti dummodo Consilium aulicum moras cavcre, praeteritarumque jacturam expendere, a compensare velit.Caeterum inPersidem expeditionem in memoriam revocamus, unde in bis diebus expressum habemus, qui nobis dispositionem omnimodam illius Principis ad societatem armorum cumXianis ineundam et septuaginta armatorum strenuissimorum millia in eumfinem in confiniis eontra Turcas teneri, refert. Quomodo itaque sine gravi scrupulo occasio tanta omittetur ? Studeat itaque, urgeatque Illtas y. pro suo in rem Xianam amore, ut executioni mandentur, quae douant fata, monstrantque. Intérim Illtem Vestram benevalere cupimus. Dat. 8 etc. Giovanni Re.

6000 cosaques pour faire voir au Transylvain que les secours sont proches et, comme le roi en a 15,000, il serait bon de les partager afin de ne pas donner lieu à des tumultes s'ils ne sont pas payés. » Le 2 mai, il écrit qu'il espère que Valdenstein aura eu du succès en Pologne. Le cardinal relève aussi l'opportunité à ce que l'empereur accorde l'amnistie aux allemands qui sont dans les rangs de Tokoli ; de cette manière bien des places reviendraient à l'obéissance et avec un corps de cosaques vers Zahman pour aider Hunyaji et Bargozzi, on pourrait attaquer aux épaules Tokoli. « On me répond toujours ici qu'on n'a pas d'argent ; si j'avais l'annonce d'une remise j'obtiendrais une avance et je ferais exécuter mon projet. On a dit que le pape veut ordonner un envoi de couvertures, souliers etc ; comme ces objets coûtent ici un tiers je déconseille cet envoi. »

Il écrit encore : « j'ai dit à l'empereur que pour Tokoli il n'y a que le pardon ou la taille et, comme on ne peut accorder le premier qu'à condition de la donation des terres, il ne restait que la taille ; mais S. M. laissa douter que le roi d'Espagne la conseillât (i). J'espère bien de la ligue avec la Pologne et Venise, seulement je voudrais qu'aboutissent aussi les négociations avec le prince de Valachie et que le roi ait à se contenter facilement. Je travaille à la correspondance des princes et également à celle du valaque, car le comte Ciacchi m'a dit que le patriarche de Constantinople est cousin de ce prince et que, si on prend sa défense en le soutenant dans la principauté, le patriarche obéira de suite à N. S. et entraînera

(i) Le 23, il ajoute, qu'on ne peut pas publier la taille parce que Tokoli, par représaille, mettrait à mort bon nombre de prisonniers importants qu'il tient. Je travaillerai à empêcher les discordes et à obtenir l'union, mais je crois que ces nations, tellement différentes de caractère, doivent opérer sans s'unir; je ferai de manière que l'empereur ne divise pas ses forces pour assister la Flandre, ainsi que l'y pousse l'ambassadeur d'Espagne. »

Innocent XI. — III. 61

les grecs à l'union ; par conséquent, il faut agir de suite » (i).

Le 4, Mellini mande à Cybo :

Trasmetto a V. E. due copie di Biglietti del Sig. Marchese d'Astorga ; l'uno de quali è in risposta sopra le rappresentazioni de me fatte a motivo datomene da mons. Ranuzzi intorno ai rigorosi trattamenti che qui si usavano con certo Gentilhuomo Francese, che si teneva ristretto in un fondo di queste carceri di corte, e che poi fu mandate al castello di Segovia per miglior argli il trattamento, e l'honorevolezza délia prigione ; e l'altro è in partecipazione délia risoluzione presa da S. M. sul proposito délia Tregua, che mi si dice essere di scrivere air Imperatore i dettami Reali, e di aspettarne la risposta. Per quello pero che ho inteso da buona parte, credo, che l'affare possa essersi rimesso aile disposizioni di S. M. Cesarea, desiderandosi bensi la restituzione di Courtray, e di Dismunda, ma lasciandosi anche su ciô qualche arbitrio alla M. S. ; e tanto più mi persuado che finalmente seguirà la Tregua (se pure non resti dalla parte di Francia, che non segua) quanto che mi è stato supposto che il corriero straordinario venuto ultimamente di Fiandra habbia portato che gli Olandesi fussero minacciati dall'armi degli Elettori di Colonia, e di Brandemburgo, e che temessero per cio gran diversione aile loro forze ; et inoltre sô che le ragioni da me allegate nell' ultimo Biglietto, induttive ail' accettazione délia Tregua, sono state stimate molto nel consiglio di stato, e che vi sono pur grandemente graditi gli uffici passati ail' istesso fine da S. B. con S. M. dopo che si è riconosciuto il buon fondamento, sopra il quale sono appoggiati. A Mons. Ranuzzi mandai copia del primo, ma non del secondo, perché mi fu rimesso dopo la partenza dell' Ordinario di Fiandra. Glielo transmetterô col seguente, e se accaderà di che convenga renderlo avvisato, sodisfaro a tutto unitamente. Et, etc.

Le 9, Bonvisi annonce :

Hô ricevuto lettere dà Monsigr Arcivescovo di Naxivan scrittemi da Mosca sotto li 36 di febraro, con le qualli mi avvisa, che doppo moite difficultà era arrivato in quella Corte alli 26 di décembre passato, e che

(i) Dans un avis de Linz, à cette date, on lit qu'y a été célébré le mariage entre le comte de Konisegg, v. chancelier de l'empire, et la marquise de Desana, dame piémontaise. Et, dans un autre du 29 février, de Constantinople, il est dit que la Gr. Vizir a prié le gr. Seigneur de /vouloir l'exonérer de sa charge, mais le Sultan le chassa en lui disant qu'il était fou et qu'il savait ce qu'il doit faire.

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