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LAURI NON RECONNU INTERNONCE. I

je n'ai aucun caractère officiel. Il y en eut un qui présenta des plaintes, mais ce ne fut pas moi ; j'ai dit seulement que c'était une nouveauté et que je réfléchirais sur ce que je devais faire » (i). Et, le i" mars, il ajoute que Croissy avant de partir avec la Cour, donna la main à l'envoyé du grand duc, en s'excusant de ne pas l'avoir fait d'abord. « Je suis d'avis qu'elle devrait être accordée à moi aussi, ayant droit à ce cérémonial de même que le Toscan ; je tâcherai d'en avoir la certitude »(2). Le 13, Cybo lui répond que le refus

(i) Le 16, il prévient qu'il s'est arrêté la nuit à Saint-Germain pour parler au prince G. de Fûrstenbcrg, évêque de Strasbourg, qui se trouve à la Cour. Monseigneur a dit, qu'en ce qui touche Mgr de Paris, il n'avait rien pu savoir de Rose au sujet des 1000 fr. qu'on prétend pour le transport du cadavre du nonce Varese. Pour ce qui regarde la guerre contre les Turcs, le prince ne montre aucune volonté d'en parler au roi. Et, le 23, il informe que le P. La Chaise l'a assuré cjue l'on prendra des renseignements sur une mascarade contre le pape, que l'on aurait faite à Bélégnac près de Toulouse.

(2) Le même jour, il annonce que la Bastille est bondée de prisonniers pour l'affaire des poisons. Et, à propos de cette affaire, le 26 janvier, il avait mandé que la comtesse de Soissons ayant reçu de son beau-frère, le duc de Bouillon, l'avis qu'elle serait arrêtée, avait quitté Paris pour Bruxelles... Qu'il y a aussi prise de corps contre le maréchal, duc de Luxembourg et la comtesse de Polignac ; le duc s'est constitué lui-même à la Bastille aussitôt qu'il a appris la volonté du roi. Il paraît qu'on veut faire mourir la Voisin, mais on croit que les preuves sont insuffisantes pour instruire un procès contre d'autres personnes. Le 16 février, il informe que la duchesse de Bouillon, par une lettre de cachet, avait été obligée de se retirer à Henach, terre de son mari, pour avoir mis en ridicule la Chambre des mises en accusation pour l'affaire des poisons ; et enfin, le 23 : que la veille on avait exécuté la sentence contre la Voisin ; on lui a coupé les mains et ensuite elle a été brûlée ; elle était accusée de plusieurs empoisonnements d'enfants et d'en avoir brûlé les cadavres. La Voisin était la complice de la Vigoureuse déjà justiciée; maintenant reste encore Le Sage, son confident(a). Le 10 mai, il dit cju'on a envoyé aux galères un témoin pour faux témoignage contre le maréchal, mais que l'on suppose qu'on ne fera plus de procès et qu'il sera acquitté. En effet, le 30, il ajoute qu'il l'a été, mais obligé d'aller demeurer à 30 lieues de Paris. Le maréchal de Nivonne

de Croissy de lui donner la main, traitement dont il a joui auprès de deux secrétaires d'Etat : que le ravaler au rang de ministre des princes inférieurs, est au préjudice de son ministère. « Les raisons qu'on donne sont frivoles ; l'on ne peut dire que V.S. n'a pas de caractère particulier, du moment que depuis plus d'un an elle négocie pour le Saint-Siège afin qu'on puisse la considérer comme étant de même rang que tant d'autres ministres. Et pour arriver au fait, j'espère que V. S. a été surprise dans la première audience, et qu'elle ne s'y sera plus rendue une seconde fois, car dans ce cas elle aurait mal fait. V. S. doit s'abstenir à l'avenir. Après qu'elle aura reçu la présente, elle se rendra chez Paschaut ou autre ministre de Colbert et déclarera avoir reçu l'ordre de ne plus se présenter à l'audience ; que S. S. avait une tout autre opinion de Colbert et espérait que S. Exe. répondrait À son affection paternelle, surtout après son attitude à Nimègue. V. S. m'informera de la réponse de Colbert et je lui donnerai mes instructions. En attendant, elle ne doit parler de cet incident qu'avec d'Estrées. J'ai envoyé les brefs au roi, à la reine, etc., pour les félicitations du mariage. Si on dit que V. S. traite sans lettres

est sorti du port de Marseille avec i6 galères ; on croit qu'il en réunira d'autres sur les côtes de Catalogne et qu'il ira jusqu'à Naples.

(a) L'affaire de la Voisin intéressait le Saint-Siège, car, le 2 février, Lauri écrivait à Cybo : on dit qu'il y a l'ordre d'emprisonner certains évêques pour l'affaire des poisons. Et, le 5, il ajoute qu'il s'agirait de l'évêque de Langres, qui serait allé chez la Voisin alors qu'il n'était encore que simple abbé de Gordé. Cette femme exerçait aussi l'art de devineresse, et il peut se faire que l'évêque soit allé chez elle par légèreté, sans se mêler de crimes punissables. On a fait courir le même bruit sur le cardinal Bonsi, mais on le croit faux et, ce qui a pu y donner naissance, c'est qu'autrefois S. Em. prit la défense d'un certain Penothier, compromis dans l'affaire des poisons et qui fut acquitté par le Parlement. Mais, le 28, Cybo écrivait : « comme le bruit court que quelque évêque pourrait être compromis dans le procès et mis sous accusation, V. S. doit se rendre/de suite chez Colbert pour lui dire que l'instruction d'un tel procès appartient au pape et que, dans le choix des juges, S, S. tâchera qu'ils jouissent delà pleine confiance du roi. V. S. doit veiller et référer ».

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