‹ Innocent XIChapitre 39 sur 430 · CYBO APPROUVE LAURI. III · texte numérisé non relu

CYBO APPROUVE LAURI. III

de créance, elle répondra qu'on peut remédier à tout, mais qu'il fallait l'avertir avant de lui infliger l'offense ».

Le i^"" avril (i) Lauri lui répond :

Con occasione d'informar V. E. di ciô che mi è accaduto col Sig^ Golbert di Croissij in proposito dalla mano dopo il ritorno délia Corte, le soggiungo hora riverentemente tutto cio che devo significarle in questo proposito in risposta délia cifra di V. E. scritta in data de 13 del caduto, che mi giunse coll' ordinario di hieri. Due soli giorni di audienza vi sono stati dopo il ritorno délia Corte ; intendo per giorni d'audienza i martedi, poiche negli altri giorni, havendo S. Ecc^» moite occupation!, più di raro i ministri vanno à trattar seco. 11 primo martedi il Sig"" di Croissij non si trovo à S. Germano, in modo che niuno ministro potè vederlo. lo che desiderava di attendere da V. E. qualche risposta su la materia, mi sarei valuto di questa congiuntura per non andar ail' audienza, ma perche da più lettere di Mons^ Vice Legato d'Avignione, viddi l'apprensione, in cui giustamente si trovava, che non seguisse qualche disturbo considerabile per le turbative, che i sudditi deir uno e dell' altro Stato havevano già cominciato à pratticare per la controversia de' datij, non senza minacciedi risentimento, fatte da i regij, mi portai perciô alla Corte il mercoledi à trattar con S. Ecc^* ma con pensiero di condur la cosa in maniera che non mi succedesse pregiuditio come pur io havea fatto prima che la Corte partisse, e cosî appunto seguî, poiche mentre io stava in anticamera informando il Sig^ Parère suo commssso dell' affare sopragiunse il Sig'' di Croissij, e dopo di havergli parlato à bastanza, mi licentiai. Eravamo vicini alla porta che per non esservi sala, risponde immediatamente alla scala. Onde me gli posi avanti pregandolo di restare. Voile accompagnarmi S. Ecc^^ in ogni modo, et io continuando a far complimenti, me gli tenni S3mpre avanti, e fu il primo ad uscire dalla porta, la quale essendo stretta seconde l'uso di quà, non vi puô passare che una persona per volta. Due, ô tre passi fuori di questa porta, si trovano le scale, ove ci dividessimo, e cosi partii. Il martedi seguente,

(i) Et, à la même date, il lui raconte que vers minuit il eut la visite de l'ambassadeur de Venise, qui venait l'informer qu'il avait reçu une lettre lui annonçant une création de cardinaux, et il en donnait la liste. J'ai dit que je l'ignorais et doutais de sa véracité. S. Ex. montra du regret de l'avoir divulguée, mais assura qu'elle lui venait de Valaresso, podestat de Padoue, qui en avait été informé par un courrier de Rome qui se rendait en Allemagne.

che fu quelle délia passato settimana, non vi fu che dire, perche il Sig'"^ di Crossy (sic) guardava il letto à causa délia gotta, che l'incommodava. Tanto dunque mi è succedato fin hora, che non sapendo l'intentione di V. E., sono andato temporeggiando senza far querela, ma preservandomi da ogni nuovo pregiuditio, o par meglio dire rimettendomi quanto hô potuto nell' antico possesso. Hora che so l'intentione di V. E. mi regolerô secondo i suoi comandamenti. Ma se foss3 vero ciô che la Corte, anzi che il Re medesimo habbiano disapprovata questa novità, spererei che tutto potesse accommodarsi senza ne pure farne motto alcuno.

Una cosa devo soggiungere à V. E., et è che qualunque diligenza usata con gl'introduttori degli ambasciatori, col mezo pero di altra persona, non ho potuto scoprire chiaramente l'intentione del Sig'" di Croissy se voleva reintegrar tutti al possesso délia cortesia, come hà già fatto con il Résidente di Fiorenza perché gl'introduttori hanno sfuggito di aprirsi, si crede per ordine del medesimo Sig'' di Croissy, il quale quando senti le querele del Résidente suddetto dopo essersi scusato con dire che non sapeva l'uso pratticato in questa Corte, soggiunse, per quello che ne dicono, che havrebbe resa la mano al Résidente, ma che non se ne facessero discorsi.

Le 5, il informe qu'étant à St. Germain pour voir s'il y avait quelque nouvelle touchant la main, il alla chez le cardinal d'Estrées et lui rendit compte de tout, avouant qu'il en avait reçu l'ordre de Rome. « Le cardinal, éc rit-il, aprèvS avoir déclaré qu'il avait toujours travaillé pour mériter cette confiance, dit qu'à Châlons il avait parlé (sans dire à qui) non pour moi seulement, mais pour tous les ministres inférieurs et que déjà il en avait écrit à son frère ; mais il me pria de garder le silence. S. Em. ajouta que Paschaut étant malade, je pouvais parler à Croissy par Bonneuil, introducteur des ambassadeurs ; mais lui ayant dit que je préférais Furmont qui remplace Paschaut, le cardinal me laissa libre». Le 8 (i),il ajoute : «je suis retourné à St. Germain pour informer Furmont des ordres de Rome de m'abstenir de l'audience et je le priai d'en avertir S. Exe, qu'à Rome on avait été mécontent de cette

(i) Le 12, il écrit que la marquise de Coulanges a été créée duchesse avec 34.000 écus d'apanage pour elle et ses fils et un don de 100.000 ; elle a quitté la Cour pour se retirer dans un couvent avec ses deux sœurs.

l'abbe colbert coadjuteur de rohan. 113

nouveauté à mon égard, de me refuser la main, que Pomponne m'avait toujours accordée aussi bien que son successeur Colbert, et la chose était d'autant plus extraordinaire qu'entre Colbert et S. S. existaient de bons rapports. Fourmont fit semblant de réfléchir et dit qu'en effet Pomponne me l'accordait ; qu'il doutait que .Croissy eût pu alléguer que je n'avais pas caractère spécial comme si cela ôtait de la considération à mon ministère. J'ai répondu que Pomponne m'avait accompagné mille fois, sauf quelque rare exception et sur ma prière, comme il arrive entre personnes qui se voient souvent en confidence ; que tout le monde 'me reconnaît comme internonce, alors qu'il me suffit d'être ministre de S.B.et reconnu comme tel par les secrétaires d'Etat de S. M. Que j'étais donc supérieur à tout résident ou envoyé de princes, étant donnée la qualité de la personne que je représente ; Fourmont se réserva d'en parler à S. Exe... Plus tard, il m'informa que Croissy lui ayant demandé si j'avais eu la main de Pomponne, il lui avait répondu affirmativement, que quelquefois seulement par exception, il ne m'avait pas accompagné, et que son frère en usait de même à mon égard. Sur ce, S. Exe. lui dit qu'elle voulait en parler au roi parce qu'il fallait un règlement sur ce sujet. J'ai ensuite fait observer à Fourmont que mon cas ne pouvait en aucune manière nuire aux ministres de princes inférieurs, parce qu'on ne peut pas mettre en doute que je représente une tête couronnée. Il s'agissait seulement de voir si mon caractère d'envoyé, que m'accordait mon souverain depuis un an et demi, n'était point suffisant. J'ai cité le fait qu'un jour Pomponne ayant accompagné un ambassadeur, à son retour dans l'antichambre, il m'appela, bien qu'il y eut le ministre de Suède, et il s'excusa en disant : « c'est le ministre du pape ». M"" Silierot ne se plaignit pas. » Mais, le 12, il ajoute que Fourmont lui a dit que Croissy avait parlé au roi et que S. M. avait répondu qu'il fallait régler le traitement : que l'on continuait à donner la main uniquement aux envoyés et résidents des têtes couronnées, et non aux envoyés ou- résidents des princes inférieurs ; de la refuser

Innocent XI. — ni. 8

aussi aux ministres de caractère inférieur bien que représentant des têtes couronnées. « En ce qui nie touche, quoique le roi se déclare plein de respect envers S, B. et que depuis un an les rapports aient été en première ligne, dorénavant on me refusera la main ; n'ayant pas présenté de lettres de créance on me considère tout au plus comme un secrétaire d'ambassade ; tandis que si j'avais des lettres ou un bref m'accréditant comme nonce, on me traiterait à l'égal des autres envoyés ou résidents de tête couronnée. Et on m'a fait dire qu'en attendant les lettres on me recevrait comme simple particulier, mais me permettant de parler au nom du Saint- Siège. J'ai répondu que j'écrirais au sujet des sentiments respectueux de S. M. envers le pape, que je demanderais le bref ou les lettres de créance à l'égal des envoyés de têtes couronnées; mais que je ne croyais pas pouvoir, en attendant, aller chez Croissy comme un simple privé et me dépouiller ainsi de mon caractère de ministre de S. B. J'ai demandé pourquoi on ne me reconnaissait plus ce dont j'avais été en possession jusque là, et j'ai cité le cas du résident du grand duc de Florence auquel on accordait la main. Fourmont me conseilla de traiter avec Croissy, en alléguant qu'il était malade de la goutte ; mais j'ai refusé jusqu'à ce qu'on ait pris une résolution ».

Le 15, Lauri informe que l'abbé Colbert est venu le voir et lui a dit que : le roi l'avait nommé coadjuteur de Rohan, et qu'il demande à S. S. d'être dispensé des 10 mois qui lui manquent pour accomplir les 27 ans exigés par le concordat ; secondement d'être admis à la coadjutorerie, d'avoir la bulle gratis ; et enfin que S.* S. même en fasse la proposition dans le consistoire. L'abbé ajouta que, quoique l'ambassadeur en ait été chargé, il voulait toutefois faire acte de respect envers S. B. « J'ai répondu que N. S. nourrit une affection particulière pour Colbert son père et pour son oncle Croissy, et que je ne manquerai pas d'en écrire à Rome » (i).

(i) Le 24 mai 80, Lauri répond qu'il a remis à Colbert le bref de son fils, archevêque de Carthage, nommé coadjuteur de Rohan. Le père et

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