‹ Innocent XIChapitre 40 sur 430 · LE PAPE ENVOIE LES BREFS A LAURI. II · texte numérisé non relu

LE PAPE ENVOIE LES BREFS A LAURI. II

Si V. Em. se décide à m'envoyer vin bref, je prie S. S. qu'elle veuille bien m'informer si je dois le présenter seulement après avoir eu la certitude d'être traité de même que les envoyés des rois et admis aux audiences de S. M. (i) >.

Le 19, Lauri annonce qu'à la suite de l'ordre du roi, personne ne s'est plus rendu chez Croissy à l'audience du mardi ; l'envoyé du grand duc aussi s'est abstenu, craignant peutêtre quelque mauvais tour de la part du ministre. « Malgré tout, écrit-il, il est certain que, au dernier mardi, Croissy a donné la main aux envoyés des électeurs de l'empire ; et que le ministre du duc d'Holstein-Gothorp, étant entré dans la salle d'audience, invité par Croissy, il en est sorti sans accompagnement par une petite porte ; et, on dit que la résolution du roi est prise, mais qu'on attend la présence de l'envoyé de Bavière pour la mettre à exécution. Et, le 22, il écrit : « Croissy a fait répondre par Boneuil que le roi ne voulait pas que les ministres, pour des négociations, s'adressent à d'autres-qu'à Croissy, mais que, pour mon cas, il demandera

le fils se sont déclarés obéissants au pape et reconnaissants. Le même jour, il avertit que Mointel vient de rentrer de l'ambassade de Constantinople. Et, le 12 août, il annonce c|u'il a reçu la visite de ce marquis qui le prie d'intervenir pour que S. S. lui accorde la grâce que son fils porte-enseigne et bientôt lieutenant, ne soit pas obligé de se rendre à Malte pour prononcer ses vœux en février prochain, lorsqu'il accomplira les 25 ans ; de le dispenser de résider ensuite à Malte durant 5 ans, après qu'il aura prononcé ses vœux et d'obtenir le bénéfice de l'Ordre deS.B. qui donne 1000 livres de revenu.

(i) Le 15, il annonce que Croissy avait déclaré avoir congédié trois de ses commis parce qu'ils avaient trop de familiarité avec les ministres étrangers, et ordonné aux nouveaux de n'avoir pas de rapport avec eux. Et, le même jour, il ajoute que le roi a décidé en Conseil, que les secrétaires d'Etat n'aient pas à donner la main chez eux à moins qu'aux ambassadeurs, envoyés et résidents de têtes couronnées, excluant les autres ; et ordonnant en même temps que les envoyés de la république de Venise et ceux du duc de Savoie soient traités comme égaux à ceux des têtes couronnées. « L'envoyé du grand duc, écrit-il, m'a dit qu'il attend de Florence la réponse à ses lettres à ce sujet... Depuis le départ de Fourmont ie suis privé du ministre informateur ».

Il6 INNOCENT XI ET LOUIS XIV.

l'avis à S. M. Il me paraît de voir, conclut-il, qu'on fait le possible pour ne pas recevoir le bref, mais si cela arrive quelqu'un en portera plainte » (i). Le 24, Cybo lui mande « qu'il ne suffit pas et qu'il ne convient non plus de mendier des combinaisons pour se soustraire à un refus de Colbert de Croissy touchant la main ; mais il est nécessaire que V. S. parle clairement et fasse parvenir à S. Exe. l'opinion de S. S. ; et si Colbert ne lui rend pas la main, elle ne doit plus lui parler et se servir de quelque secrétaire » (2). Et, le 8 mai, il lui transmet deux brefs, un pour le roi et l'autre pour Croissy dans la forme qu'on lui a demandée pour avoir de nouveau la main, et être admis aux audiences du roi comme les autres envoyés. « Mais avant de les remettre, V. S. doit s'assurer que le traitement lui sera reconnu ; que si Croissy lui a déjà tout accordé, elle gardera les brefs et n'en parlera à personne. On n'a pas employé la parole internonce pour ne pas créer une nouveauté, ne la mettant pas dans les lettres apostoliques même pour le ministre en Flandre ; mais les paroles : donec aliquem cum Apostolici Ntintii miitamus ont la même signification. V. S. le présentera au -roi avec les instructions que lui donnera Croissy ou un de ses commis. Lorsqu'on a dit à V. S. qu'on ne pouvait pas lui donner la main, parce qu'on ne la donne pas au secrétaire d'Espagne, V. S. pouvait répondre que le cas est différent, car celui-là suit l'ambassadeur ou va en son nom, tandis que V. S. dépend seulement du pape ».

(i) Le 26, il annonce que l'on commente beaucoup le fait que Louvois a pris près de lui, Fourmont, qui avait été congédié par Croissy, sans demander avis de celui-ci.

(2) Le 6 mai, Lauri écrit : qu'on lui a dit que Croissy ne voyant pas aux audiences l'envoyé du grand duc, demanda à Mgr de Beauvais s'il était malade, car il devait lui parler au sujet de la grande duchesse, mais l'évêque répondit qu'il s'abstient à cause de la main, et le ministre n'a rien répliqué. Toutefois, mardi, il a continué à donner la main aux envoyés des princes de l'empire, mais celui de Zell est sorti par la petite porte sans accompagnement, ainsi que l'envoyé de Gothorp ; les autres résidents italiens s'abstiennent d'aller chez Croissy ; le nouveau résident de Parme reste dans l'expectative ; il n'y a que l'évêque d'Aconia qui y aille, mais il est hors de question, car aucun cvêque n'a la main.

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