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LES DEMANDES DU DUC DE MANTOUE. IOI

assistenze, giache esso scrive che la S^^ Sua ultimamente l'assicurasse, che non mancherà di soccorrere la Republica in tutto quelle, che si proseguiscono con sollecitudine li preparamenti per la guerra, essendosi nel Pregadi di giovedî creati un sopraproveditore straordinario à Cattaro per assistere alli Morlacchi, et à quelli di Aibania, e ne cadde l'elettione nel Sig'" Antonio Zeno Sig^^ di risolutione, coraggio et esperienza ; e mi si dice si mediti di tentare l'acquisto di Scutari e di Castel novo. Si è dato ancora l'ordine, che per tutto il mese corrente siano date all'acque et anche armate otto galère, otto navi, e quattro galeazze, e questa mattina già nell' arsenale ne sono state buttate in acqua quattro, hieri anco fù stabilito un fondo di guerra con far colare gli avanzi di tutte le casse in questa militare, e mi si dice habbiano in essere effettivo un milione, e seicento mila ducati. Si sente ancora sia per crearsi un capitano délie navi straordinario, et un capitano générale straordinario délie galeazze, e che debba venirsi alla elettione del capitan generalissimo, e che questa possa cadere, ô nel Sig'' Nicolô Cornaro, o nel Sig^ Domenico Mocenigo, già che il Sig^ Procuratore Morosini pare non inclini piii di concorrere à questa carica ecc.

Le même jour, Cybo informe Bonvisi de l'arrivée d'un ministre du duc de Mantoue, parce que l'empereur aurait écrit qu'il voulait envoyer à Mantoue un préside allemand et un ministre ; cela peut susciter des jalousies de la part de la France et le duc prie S. S. d'intervenir auprès de César. V. Em. doit en instruire S. M. afin qu'elle considère, avec sa prudence, si dans la situation de l'empire et de l'Italie on peut faire cela sans tout déranger et s'il est convenable de pousser le duc à quelque nouveau projet. « De ce sujet V. Em. parlera aussi à l'impératrice Eléonore » (i).

(i) Et, le 19, il ajoute : « le résident de Mantoue a dit aussi, de la part du duc, que S. A. ayant besoin d'argent, elle est obligée de s'adresser à la République de Venise afin de maintenir le préside nécessaire à Mantoue pour sa sûreté ; le duc recourt à S. S. pour avoir son appui à ce sujet. S. S. en a parlé à Lando; V. Em. en fera autant auprès de César, mais en gardant un silence absolu même avec l'impératrice mère, car il convient de traiter le duc avec douceur, afin de ne pas lui donner prétexte à prendre des résolutions qui pourraient troubler la paix en Italie. Mais, le 7 mars, Bonvisi lui répond :

La speditione fatta à N. S^e dal Sigr Duca di Mantova, hà fatto maravi-

IOl8 LA TRÊVE GÉNÉRALE.

Le 7, Ranuzzi répond que s'étant rendu chez Croissy pour parler des excès des troupes en Flandre contre les populations et les églises, le ministre a entamé de suite le discours sur les négociations pour la paix, inculpant de tout les Espagnols ; car le très-chrétien, ayant de justes raisons pour prétendre à la cession de Luxembourg et voyant la répugnance des Espagnols, avait accepté de prendre l'équivalent en Flan-

gliare rimp''e, et i ministri, perche non si è mai fatta istanza à S. A. di metter presidio in Mantova, e la propositione fù fatta in Ispruch aU'Imperatrice vedova dal Conte Canossa.e le risposte dell'Impre furno, che S.Mtà Cesarea non poteva mandar sua gente in Mantova, né pagare il presidio Svizzero, perô alcune settimane sono (corne l'accennai à V. E.) fù scritto al Sigr Card^ Pio, che cercasse se S. Stà^ è la Repca di Venetia volessero addossarsi la spesa del presidio, mentre S. A. si dichiarava che non haveva denari per mantenerlo. Dal discorso perô tenuto coU'Imperatrice vedova argomento, che S. Mtà si sia avanzata à qualche propositione,e l'istesso Imprene dubita, e mi hà ordinato di assicurare N. S^e che non hà e non hà havuto tal pensiero, e non potrebbe eseguirlo quando l'havesse, considerando ancora la turbazione che porterebbe all'Italia : desidera bensî, che il Sigr Duca di jMantova non faccia altri passi con i Francesi ; et aspettandosi il Conte Vialardi, starô attento nel coltivare le buone dispositioni dell'Impre, dissuadendo ancora l'Impératrice dal tentar novità da dare de i sospetti, e da confondere ritalia. Ma il Sigr Duca di Mantova vuol denari per le sue spese esorbitanti, e piaccia à Dio, che l'Italia non ne patisca.

Le 14, il écrit qu'on a bien regretté d'apprendre la demande du duc pour avoir de l'argent, car la République refusera et S. A. en prendra prétexte pour s'adresser aux Français ;« ici on m'a assuré qu'on ne bougera pas». Et, le 21, il ajoute : « l'empereur m'a fait dire qu'il ne pouvait ni voulait donner de l'argent au duc et encore moins mettre préside à Mantoue ; que si Venise en donne pour empêcher les Français il en sera content ; et peut-être que la République pourra y mettre un préside comme jadis pour se garantir; César n'aura rien à y voir, car il a confiance dans les Vénitiens ; mais S. M. doute fort qu'eux aussi ne voudront pas se mettre en rivalité avec la France. L'empereur, tout en louant le pape d'en avoir parlé à Lando, exprima l'espoir que S. S. tâchera de persuader le duc à ne pas faire de nouveautés à Mantoue, ne voyant pas la nécessité d'un préside qui coûtera beaucoup ; S. A. n'a rien à craindre de la Maison d'Autriche et la France ne peut rien prétendre, à moins que le duc n'y consente. César craint que -'la demande d'argent à qui ne peut pas en donner soit un prétexte pour le prendre de qui l'oftre. »

LA FRANCE SE PLAINT DE l'ESPAGNE. IOI9

dre ou ailleurs, faisant voir qu'il ne voulait pas s'étendre de ce côté, mais reprendre ce qui lui était dû ; et quand il est entré dans les Etats du roi catholique, il a suspendu toute action militaire bien que très supérieur en forces, dans le seul but d'épargner aux peuples les horreurs de la guerre et de donner le temps aux Espagnols de réfléchir ; et enfin que c'est par considération envers N. S. que S. M. a adhéré à la trêve en en faisant faire la proposition à La Haye, mais que malgré cela on a trouvé les Espagnols plus contraires à la paix et enclins à s'aventurer dans la guerre, et c'est leur faute si on en voit les résultats. Parlant ensuite des excès des troupes, Croissy dit : que dans les campagnes en Flandre la France a toujours respecté les populations et leur liberté ; mais que si, à présent, on a changé de système c'est pour réduire ce pays en état de ne plus pouvoir loger de troupes étrangères et nuire à la France dès que l'Espagne s'est déclarée son adversaire irréconciliable. Celle-ci travaille à présent, a ajouté Croissy, bien inutilement à exciter tout le monde contre le roi ; que du reste les églises ont été respectées, et ayant appris que celle de N. D. de Halle avait été incendiée, le roi a envoyé 1000 écus pour sa restauration... « Ayant ensuite parlé au roi de la paix, S. M. me répondit sur un ton vif que je devais le laisser travailler, et qu'il trouverait le moyen pour qu'on fasse la paix » (i).

Le 10, Mellmi informe Cybo, qu'aussitôt reçue la réponse de S. M. touchant la décision d'ici de déclarer la guerre à la France, il a écrit un billet à Asiorga pour qu'il le fasse voir aux conseillers d'Etat, et qu'il en a parlé aussi à S. M. en lui exprimant la douleur de N. S., qui toutefois se consolait par l'espoir que cela avait pour but de reprendre les négociations pour arriver à une paix réelle.* J'ai fait ressortir que la Flandre

(i) Et, le 14, il ajoute, qu'ayant parlé aussi des troupes au P. La Chaise, le religieux lui répondit que ce n'était pas de son ressort de s'occuper de ce sujet ; « et que les Espagnols ayant provoqué la guerre, il est logique que le roi prenne des mesures afin d'être offensé' le moins possible ; et que je n'avais rien à craindre touchant les églises car le roi les avait à cœur ».

souffrait déjà beaucoup à cause de tant de ruines et de désastres ; que ces guerres pouvaient très-bien se dire civiles car elles avaient lieu entre chrétiens et entre parents ; et qu'enfin on devait plutôt se tourner vers les Turcs, vu qu'après tant d'efforts, de pertes d'hommes et d'argent Dieu en avait béni le résultat, r S. M. a reçu le bref avec les expressions ordinaires d'attachement et m'a dit qu'elle réfléchirait sur ce que je venais de lui dire ; puis nous parlâmes d'autres affaires et j'allai ensuite chez la reine-mère. J'ai appris que dans le Conseil d'Etat il a été question de ma lettre et que l'on n'a pas montré de répugnance à conclure la paix, pourvu que la France restitue à l'Espagne ce qu'elle lui a pris après Nimègue. On répondra sur ce ton à S. S. » (i).

Le 19, Jacobelli informe qu'à la suite des lettres de Lando, Nicolo Cornaro, d'accord avec P. Valiero, a engagé le Sénat à donner quelque satisfaction au pape, et dans la soirée on accorda l'installation de Mgr Zoilo à Crema, à l'unanimité des voix moins deux contraires et 15 peu sincères. Dans le même Pregadi on accepta l'offre de la duchesse de Savoie de la vente des deux navires mouillés à Villefranche, dont un à 80 pièces et l'autre à 70. Ce dernier a la valeur de 24,000 réaux et le premier 36,000 ; le prix en sera payé dans quelque temps ; il y a deux experts pour évaluer tout et on y a mis la condition de les amener en Dalmatie avec 500 soldats pour débarquer. On a décidé aussi de pousser le duc de Parme

(i) Le 24, il ajoute que, au sujet des plaintes de l'Espagne contre la France, on appuie sur la nécessité d'une ligue en Itali-^ ; « j'ai répondu que la conclusion d'une ligue ne dépendait pas de N. S. et que, comme je l'ai toujours dit, il y avait bien des motifs et des difficultés. Quant au reproche fait de ce que S. S. n'a pas bougé devant les insultes des Français à l'égard des Etats de S. M. au temps de la marche des Ottomans, j'ai démontré que cette mission n'était que supposée et qu'il était étrange de répéter ce reproche après tout ce qu'a fait S. S. pour la chrétienté. A propos de la trêve, proposée d'une manière absolue et sans conditions, j'ai déclaré que ce n'est pas dans le style des brefs pontificaux de s'étendre aux négociations ; que sur ce détail on s'en remet aux nonces et que, par conséquent, A fallait attendre ce que Ranuzzi écrira de Paris. J'ai répété les mêmes choses et avec plus de détails à S. M. »

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