‹ Innocent XIChapitre 395 sur 430 · PREVISIONS DE RANUZZI SUR LA GUERRE. I02I · texte numérisé non relu

PREVISIONS DE RANUZZI SUR LA GUERRE. I02I

à la levée de 3000 fantassins, comme on ordonna au prince d'Esté celle de 1000 che.vaiix. Dans le Pregadi passa aussi une proposition pour défendre tout embellissement des navires et le luxe superflu de l'argenterie (i).

Le 21, Ranuzzi écrit : d'après ce qu'on peut savoir ici il paraît que, ne pouvant s'accorder, on portera la guerre en Navarre, et déjà vers cette province marchent 25,000 soldats sous les ordres du maréchal Bellefont. On croit ne pas y rencontrer de difficultés parce qu'il n'y a pas de forteresses et la population n'est pas dressée à la guerre ; un autre contingent de 15,000 hommes doit aller en Catalogne où iront aussi quelques régiments qui sont en Piémont. On dit qu'en Flandre continueront les dévastations sans s'engager pour cette année en quelque entreprise, à moins d'une occasion favorable parce que les forteresses espagnoles sont pourvues de tout, et aussi pour ne pas donner prétexte à la Hollande de s'engager dans la guerre, ce qui renforcerait le parti contraire à Orange, car les conquêtes en Flandre effrayeront même les partisans de la paix, qui s'uniront au prince. Du reste, on pense opposer aux Hollandais l'électeur de Cologne, qui toutefois rencontre de l'opposition à Munster où l'évêque ne permet pas les enrôlements ; on compte sur l'habileté et l'argent de l'évêque d'Argentina. *> (2) Et, le lendemain, il

(i) Et, le 26, Cybo répond que S. S. a appris avec plaisir que finalement on a rendu justice à Mgr Zoilo.

(2) Le 28, il répond qu'il a communiqué au roi ce que le ministre polonais a dit à N. S. touchant le discours de son collègue en Hollande ; quoique S. M. ne prononça pas une parole en m' écoutant, elle parut néanmoins reconnaître la loyauté du roi de Pologne, car elle me répondit qu'elle ne voudrait avoir aucun juste motif qui la tienne en froid avec lui. J'ai pu comprendre que si le roi de Pologne fait quelques pas, il ne sera pas difficile de rétablir de bons rapports. » A la même date, il écrit : que Croissy lui annonça qu'à la Haye dans l'assemblée des Etats il y a eu une grande opposition contre la proposition de l'ambassadeur de France et que le prince d'Orange, furieux de ne pas voir son projet de guerre partagé, parla contre Amsterdam, traitant ses députés de traîtres à'ia patrie ; mais ceux-ci quittèrent de suite la Haye et dans la nuit se rendirent à Amsterdam. Là

transmet la copie de la réponse du comte d'Avaux, ambassadeur de France à la Haye, aux Etats qui avaient demandé une suspension d'armes, et en même temps celle de l'instance des ministres d'Espagne incitant les Etats à prendre part à la guerre. » Afin que mes demandes soient tenues toujours en considération, je continue à négocier avec Croissy et le roi, et je peux espérer qu'on écrira à d'Avaux de dire aux Etats que s'ils veulent la trêve ils doivent cesser de s'armer et accepter une trêve de 20 ans aux conditions fixées par l'empire, car s'ils refusent le roi ne se considérera plus tenu à rien. On voit que les Espagnols et les Hollandais ne cherchent que des prétextes pour gagner du temps, afin de préparer la guerre comme le désirent Orange et les Espagnols. Le 22, Cybo lui mande :

Havrebbe veramente desiderato N. S^^, che V. S. Ill»"* bavasse presentato l'ultimo Brève alla M'^ del Rè, bench'ella potasse creder l'affatto nnn corrispondente all'intanzione, a al desiderio di S. S^^, à cui bastarà in ogni caso di haver compito alla propria parti ad alla sollacitudina, cha tiena dalla publica quiate ; non assando poi in arbitrio dalla S^^S' il disporra dall'altrui volontà à piacimanto suc. Potrà nondimano V. S. lUn^^randar il Brava istasso alla M. S. ed accompagnarna i sansi con quelle significazioni, cha stimarà propria la prudanza di lai, la quale par cooparar'più accartatamanta al publico riposo, dovrà intandarsi coi SS" Card^^ Millini a Buonvisi, a regolar colla insinuazioni loro la propria di V. S. 111"^^ etc.

Le 24, Mellini écrit à Cybo :

In tutta confidanza da parte sicura sono stato assicurato, cha il Sig'" Imp""^ faccia consigliare à quasta M^^, a suoi ministri la paca, ô la tregua

se réunit le Conseil et on en ignore les décisions, mais voyant qu'aux anciennes haines s'en ajoutent de nouvelles entre cette ville et Orange, et que le souvenir des frères Vuith est toujours vivant parmi eux, il peut se faire que ces choses finissent par les convaincre de la nécessité de rester unis. « J'ai écrit à Mellini sur ces questions, dans le but de détromper cette Cour, qui croyait qu'Amsterdam changerait d'opinion aussitôt qu'on lui donnerait de bonnes assurances pour la défense de la Flandre, alors que ce fut aux résultats. J'ai parlé aussi des dangers qu'il y aurait à porter la guerre en Espagne même. Le duc d'Orléans m'a dit qu'il a écrit à sa fille, la reine* pour qu'elle travaille en faveur de la paix ».

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