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LE PAPE VEUT LA PAIX ENTRE LES PRINCES. IO

con la Francia in quel miglior modo, che sia possibile per convenire cosi agl'interessi comuni délia Christianità e délia Corona, e dell' Augusf"* Casa ; la quale coll'aiuto divino potrebbe mettersi in stato formidabile con la prosecutione délie conquiste già cominciate contro il Turco, e per indurli nel suo pensiero replica aile instanze fatteli di assisterli con parte délie sue armi, che non puole aiutarli con niente, perche hà nécessita di defendersi, e di seguitare l'incominciata guerra. Tuttavia non si è potuto replicare à tali insinuazioni, délie quali non potendo io darmi per inteso, me ne valerô destramente per accalorare con esse i miei negotiati in conformità degli ordini pontificii per concludere la pace o la tregua. (i).

Le 27, Cybo lui écrivait ;

Con tutta la pocadispositione. che dimostrano costi alla pace, V. E. non deve tralasciare di servirsi di tutte le congiunture, che se le potranno presentare, e délie notitie, che riceverà da Mons^ Nunzio in Parigi per persuaderla, e per farne conoscere la nécessita, Potrà frà tanto dire al Rè, et à i suoi ministri, che N. S""* non entra à discutera le ragioni di S. M^'^, ma intende solamente di sodisfare aile parti di padre comune, con desiderare, e procurare, che i principi christiani vivano in buona concordia frà di loro, e rivolghino unitamente tutte le forze loro contro del nemico comune (2).

Le 4 mars, Jacobelli écrit à Cybo :

Nella forma che io hô rappresentato qui essere stato da S. B^ ricevuto l'avvisso del possesso di Mons^ Zoilo, è stato ancora scritto dal Sig"" Lando in Senato, cioè, che S. S^^ haveva inteso volontieri, che questi SS" si fossero mdotti à far giustitia dopo tanto tempo, di concedere esso possesso ; per quello perô si è penetrato, pare che ne restino

(i) Le 26 mars, Cybo répond : N. S. a appris avec satisfaction que l'empereur fait faire des démarches pour que le Catholique fasse la paix ou la trêve avec la France. V. Em. tâchera de les appuyer.

(2) Le 6 mars, il prévient Ranuzzi, que le card. Mellini lui a écrit que la la Cour n'acceptera la paix que si on restitue ce que la France a pris après Nimègue : « j'ai répondu que, comme on ne peut ni avec des paroles ni avec les armes y obliger le très-chrétien, S. Em. pourrait montrer, considérant les troubles de la Hollande, qu'il serait plus opportun d'accepter la trêve, et que, si 20 ans sont trop, l'on dise à quelle durée on transigerait ; alors je ferai tout le possible pour faire accepter la période. On m'accuse de négocier en particulier pour l'empereur, mais j'ai répondu au cardinal que cela est contraire à la vérité ».

amareggiati, e qualcheduno hà detto publicamente che S. B^ voglia poco bene allô Rep*^^, perche il Sig^ Lando mi si dice scriva, che S. S^^ non si voglia impegnare in alcan soccorso (i), e che quello darà sia per essermolto tenue, e quello che hà fatto maggior strepito, è stato l'avviso dato da esso Sig^ Lando, che l'inviato di Polonia era stato à dirli, che per parte del suo Rè haveva supplicata S. B^ à dare eccitamenti alla Rep'^^, perche entrasse nella Lega contro il Turco, ma che S. S^^ gl'haveva risposto non esser di bisogno di alcuno stimolo per indurvi la Rep'^*, essendo ella già tante impegnata, resta necessitata à venirvi, et ogni invito che gliene fosse stato fatto, solo servirebbe à farla entrare in altre pretentioni di aiuti, e di condition! ; dopo di che S B^ gl'havesse fatto una lunga doglianza délia Rep'^* per tante maie sodisfationi, che gl'haveva date, onde chi non hà buona intentione, e chi posposto l'utile publico desidera vedere intorbidato ogni negotiato del S ig'" Lando per sola invidia, che egli, benche giovane sia stato preferito à tanti altri Senatori in affare di tanta importanza, si vale di queste congionture per rompere affatto questo maneggio perche il Sig"^ Lando se ne torni senza alcun frutto essendovi stato chi hà proposto alla Consulta di ritirarsi dalla Lega, e di spedire in Costantinopoli al Cappello perche introduca negotiato sopra la confermatione délia pace, e di richiamare senza altra dimora il Sig^" Lando, ma tal propositione è stata, corne mi si dice

(i) Mais, le ii, il ajoute : on a repris courage à la suite des nouvelles lettres de Lando informant que S. S. est disposée à secourir la République et à nommer prochainement les évêques ; bien des sénateurs voudraient voir placer à quelque diocèse Sanudo, car ses vertus et ses bonnes mœurs le rendent aussi digne que tout autre. On a écrit à Lando de remercier S. S. de ce que Bonvisi a fait à Vienne. Et, le même jour, il ajoute que dans le Pregadi on a discuté durant sept heures sur le texte de la ligue. La République trouve impossible l'article portant de se secourir réciproquement si on assiège Vienne ou Cracovie, parce que Venise n'est pas sujette aux attaques des Turcs et, se trouvant obligée envers les alliés, elle ne recevrait de ceux-ci aucun équivalent ; on aurait proposé ce moyen terme : les secours deviennent obligatoires en cas d'attaque des frontières de chaque coalisé ; on a expédié un courrier à Vienne avec ordre de rédiger les articles et de les envoyer ici avant de les signer ; or, hier, ceux-ci sont arrivés de Linz et attendent l'approbation du Sénat. On dit que les Savi en ont été contents et qu'ils ont félicité le frère de l'ambassadeur ; aucune opposition n'est à prévoir. « J'ai appris qu'on attribue un grand mérite au card. Bonvisi d'avoir dissipé toute objection et spécialement la prétention des impériaux à vouloir mieux délimiter les frontières de la République ».

l'espagne refuse la trêve. 1025

rigettata, con essere stato risposto à chi l'hà motivata, che non si era più in tempo di far ciô, perche à quest' hora le capitolationi délia Lega saranno già sottoscritte, e perciô bisognava aspettare che venissero, et air hora si determinarebbe ciô che si dovrà scrivere al Sig'" LanJo.

Le 9, Mellini, après avoir remercié N. S. d'avoir agréé son œuvre, déclare qu'à Madrid toute négociation est bien difficile ; le Conseil d'Etat, dit-il, et de même les ministres, à chaque démarche, demandent la restitution de ce qu'on a perdu après Nimègue ; par conséquent ils refusent de parler de paix ou de trêve en dehors d'un congrès général (i). Les déclarations du césarien au nom de son maître n'ont pas d'effet ; il conseillait aux Espagnols de faciliter les traités et de se valoir du chemin ouvert par la réunion de La Haye, pour montrer que restent vives les alliances et qu'il conviendrait de s'accorder en ce moment à l'avantage de la chrétienté et des intérêts particuliers de la Maison ; pour ces deux motifs l'empereur poursuit la guerre contre la Porte et, par conséquent,

(i) Mais, le 14, Ranuzzi écrit à Cybo que les informations de Mellini ne lui offrent pas l'occasion de faire des démarches pour un accord, et que, de la part de l'Allemagne, Bonvisi annonce que l'empereur ne veut la trêve que d'un ou deux ans, et bien que l'on ne sache rien de la Hollande, il parla à Croissy s'il pouvait gagner du terrain à négocier, parce qu'à la Cour on change d'avis selon qu'en Hollande augmente la division. « Toutefois, dit-il, je n'ai presque rien à ajouter à ce que j'ai écrit le 5 novembre à l'exception de la châtellenie d'Ath. J'espère toujours obtenir la modification de la durée de la trêve, parce qu'elle est trop longue ; en la réduisant à 10 ans chaque partie pourrait l'accepter. L'empereur, pour battre les Turcs, a besoin de cinq ou six ans pour tenir occupées ses troupes et il lui faudrait au moins deux années de repos avant de reprendre les hostilités ailleurs. L'Espagne a les mêmes intérêts que l'empereur ; et la France en profiterait pour assurer davantage les conquêtes qu'elle a faites. Mais si les traités ne se concluent pas il est difficile d'en parler parce qu'ici on a l'idée qu'il ne faut pas se départir de la résolution prise ; on se prépare à la guerre et, si les réponses de la Hollande ne sont pas satisfaisantes, pour aboutir à un accord il peut se faire qu'on entre de suite en campagne en Flandre ; on fait fond sur les désunions en Hollande et tout est disposé pour le voyage du roi ».

Innocent XI — lll 65

il ne peut secourir l'Espagne n'ayant même pas de forces suffisantes contre les Turcs. Il faut espérer que l'ambassadeur poursuivra ses démarches et qu'on se décidera à conclure une trêve, à condition toutefois que l'on se mette d'accord pour la liberté de passage et le ravitaillement des places de la Flandre espagnole, spécialement de Luxembourg. « L'ambassadeur de Venise, ancien ami du césarien, et moi, travaillons dans ce but, faisant bien comprendre que l'Espagne ne peut faire aucun fondement sur les armées impériales ; rien n'est plus efficace pour vaincre les réfractaires que de les détromper. Ainsi, avec ce manque de recours, la répugnance d'Amsterdam à se joindre à l'armée hollandaise, et d'autres réflexions pour la concorde, je conclus toujours qu'il faut faire la paix. Le vénitien s'est offert de nous aider ; je prie V. Em. de me dire jusqu'à quel point je peux me confier en cet ambassadeur, qui fait toujours de grandes protestations d'amitié envers l'empereur et moi ; c'est un chevalier bien capable, prudent et ayant de l'entregeant » (i).

Le i8, Jacobelli informe que samedi on a expédié les articles de la ligue, signés par le Doge, et qu'on a écrit à l'ambassadeur de tâcher, par de belles manières, à mieux éclaircir l'article touchant les acquisitions, car ici il paraît quelque peu équivoque. Il y est dit que tout ce qu'on acquerra sera restitué à son ancien possesseur ; on a toutefois ordonné à Contarini de s'adresser au card. Bonvisi et non aux ministres de l'empereur et de laisser passer les articles en cas d'opposition ; à présent on attend avec impatience la réponse pour pouvoir publier au peuple la ligue et la guerre contre les Turcs. <^0n m'affirme qu'on a informé Cappello, bailo à Constantinople, que l'on prépare la ligue, en l'engageant à mettre en sûreté les écrits publics et à brûler ce qu'il n'est pas sûr de pouvoir conserver ; on n'a pas écrit que la ligue est déjà signée ; on

(i) Le 9 avril, Cybo lui répond : « S. S. approuve que V. S. entretienne de bons rapports avec l'ambassadeur vénitien, afin qu'on réussisse à conclure la paix ou la trêve, qui peut tant servir à la défaite des Turcs ».

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