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LA RESISTANCE DE MEDINA EST SUSPECTÉE. IO

les déclarations doivent être positives afin de dissiper toute contestation ; ainsi la France ayant fait tant d'occupations et .s'étant bien fortifiée au delà du Rhin, il paraissait juste que l'Allemag-ne ait à rester avec quelque sûreté, dont la seule, dit-on, ne peut être que la démolition du fort de Kiel avec restitution de Fribourg fortifié ; cette ville étant la porte d'envahissement de l'Allemagne. Les Français par Fribourg sont arbitres de la Souabe ; mais en le restituant on tiendrait en devoir Brissac. Par conséquent, si la France veut faire une chose stable, elle devrait démolir Kiel et restituer Fribourg, autrement elle aurait des occasions à de nouvelles acquisitions. J'ai dit la même chose de Courtray et Dixmunda qui, gardées durant la trêve peuvent servir à la sûreté de la France, et que si on voulait les territoires contenus dans l'alternative demandée, ce serait laisser voir qu'on veut le démembrement des Pays-Bas, ne pouvant garder le reste... Le prudent ministre m'écouta, mais, étant sur le point de quitter Linz, je ne sais pas s'il rapportera mon discours ; en tout cas j'en informe V. S. Illme pour s'en valoir si elle le croit opportun »,

Le 20, Ratuizzi écrit : la proposition présentée par les Etats au roi d'Angleterre pour qu'elle soit transmise au très-chrétien, est rédigée sans le concours du ministre d'Espagne, et ce roi a dit que, comme elle regardait plutôt la paix que la trêve, elle demande une longue discussion ; mais ici on la considère comme une nouvelle déclaration de guerre et Croissy a dit à l'envoyé britannique qu'on ne peut y répondre que par le canon. « De mon côté, j'ai travaillé à calmer Croissy, faisant toujours relever la gloire du roi à conclure la paix et qu'il faut céder quelque chose. Touchant la trêve ou la demande de 7 ou 8 ans, peut-être le très-chrétien l'accorderait-il pour 18, mais Croiss}^ trouve qu'une trêve brève laisse croire qu'on ne peut guère rester en paix avec cette Maison ; et il répète toujours que le roi ne fera aucune concession à l'Espagne, prévoyant que celle-ci acceptera lorsqu'il sera trop tard. Quant à la restitution de Brissac, Fribourg et la forteresse de Kiel on ne veut pas en entendre parler » (i).

[i) Le même jour, il informe qu'on espère encore arriver à un accord

Le 23, Mellini, après avoir répondu que son collègue césarien continuera à insister pour que l'argenterie soit employée en subsides pour la guerre sainte, approuvée par le pape ; il annonce que S. Exe. désespère de l'obtenir, car la menace € comme V. Em. me conseillait de dire, que l'Espagne restera isolée, l'empereur étant obligé de signer la paix avec la France, n'a pas eu d'effet.» Mellini ajoute que le césarien trouve opportun de ne pas parler de la probabilité de la paix avec les Turcs, car l'Espagne désire surtout voir César impuissant contre eux pour qu'il se retourne contre la France avec laquelle ici on ne veut ni paix ni trêve. Du reste, bien des fois l'ambassadeur a répété au roi que la paix était impossible entre l'empereur et les Turcs, et que son souverain ne veut ni déclarer la guerre à la France ni même envoyer une partie de ses troupes en Flandre. Et on finit par conclure en faveur de la trêve proposée par la France, pourvu que l'on s'accorde sur les articles. «Avec la correspondance de Bonvisi et de Ranuzzi je tâche de faire mon possible pour persuader ces ministres ; j'ai gagné quatre conseillers d'Etat et j'espère convaincre les autres en amadouant Médina, qui montre une telle obstination à repousser les conseils, que le césarien craint qu'un traité secret n'ait été passé entre lui et la France, avec.

quoique tout soit prêt pour le voyage du roi et l'entrée en campagne et qu'on refuse le projet transmis par l'Angleterre. Le roi fait aussi des pressions pour l'accord par son ministre en Hollande, tandis qu'il n'est pas probable que pour quelques villages — de ceux que la France a déjà occupés près de Luxembourg et dont une partie a été reprise par les Espagnols — ceux-ci veuillent mettre tout en danger après qu'ils voient de ne pouvoir compter sur la Hollande, tellement qu'hier on disait que de Madrid était parti l'ordre d'un accord. La difficulté est au sujet de l'Allemagne ; ici on frémit contre la proposition qui a été faite. Pour voir s'il y a remède j'ai dit à Croissy que le roi pourrait céder Fribourg, qui vaut bien moins que Strasbourg ; mais je n'ai trouvé aucune disposition, le ministre me répondant que le roi tient beaucoup à cette place pour laquelle il a dépensé 6 millions en fortifications et que, si par le passé on l'offrit à l'empereur, ce fut à la condition de démolir la fortification de Philipsbourg, tnais que cette offre n'ayant pas été agréée à présent, on ne la céderait pas après une si grosse dépense »,

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