‹ Innocent XIChapitre 399 sur 430 · SUBSIDES DU PAPE A VENISE. IO · texte numérisé non relu

SUBSIDES DU PAPE A VENISE. IO

comme condition, de la cession de toute la Flandre ; cette perte est considérée très-grave pour l'empereur et sa Maison, à cause de la probabilité que par elle ne puisse plus subsister la Couronne impériale et se ruine la Couronne d'Espagne, qui attirerait contre elle la guerre dans le royaume et en Italie. En supposant que le véritable remède dépende de S. S., et qu'elle parvienne à faire conclure une ligue entre les princes, elle pourrait obliger le très-chrétien à restituer tout ce qu'il a occupé après Nimègue et à signer une paix ou une trêve générale dans des termes satisfaisants, unissant ensuite ses armées à celles des autres contre les Turcs. A mes demandes, comme à celles du césarien, on repète toujours les mêmes invectives contre la France et l'on se plaint du pape. On m'a dit que Médina ne se plaint pas précisément de S. S., mais de ses nonces, les trouvant impropres à leurs fonctions ; 11 montre aussi une particulière aversion contre le gouverneur de Rome ; mais n'apprenant cela que par la bouche d'autrui, je laisse la vérité à sa place quoique l'information vienne d'une autorité ». (i)

Le I" avril, Jacobelli informe qu'il paraît que naissent des jalousies (2) parce que l'on dit que S. S. veut former une escadre séparée de la vénitienne et d'y joindre les navires des différentes nations en donnant le commandement à Centurioni de Gênes ; on a écrit à Lando de veiller et de déconseiller

(i) Le 12 mars, Cybo avait déjà répondu que, dan? l'affaire de l'argenterie comme dans celle des dîmes, c'est au césarien à faire les démarches et d'y gagner le roi. Le pape est content que ht roi et la reine agréent l'idée des cadeaux à la Cour de Pologne.

(2) Le 8, Cybo lui répond :

Non hà alcun fondamento l'apprensione, che si è havuta costî che le galère pontificie unité à quelle di Fiorenza, e di Malta dovessero far corpo separato dall'armata délia Republica, come il Senato intenderà dalle lettere del Sigr Lando, il quale hebbe iersera una lunga, e grata udienza da N. S^e Oltre le galère hà S. S^à concedute alla Repca le décime, et i frutti pendenti de vescovati, e dell' abbadie in tutto cotesto dominio. Onde gli huomini di mala intenzionc potranno conoscerc quanto hanno ingannato se, et altri in credere, et in dire che qui si fanno parole e non fatti.

S. S. de faire cette séparation. Les adversaires de la guerre ont été aussi encouragés par l'avis que Lando n'avait pas encore eu l'audience du pape ; et ils disent qu'à Rome on s'applique à enchanter le monde par de bonnes paroles sans pouvoir en obtenir une conclusion. Quelque sénateur m'a fait dire que S S. devrait, au moins, faire dire par V. Em. à Lando des expressions de 'bonnes intentions, afin de pouvoir fermer ici la bouche aux adversaires (i) ». Et, le 15, il annonce que l'on a appris avec beaucoup de satisfaction l'avis des grâces concédées par S. S. à la République « Me trouvant au S^ Office j'en ai donné communication au patriarche et à Pietro Valiero ; et le jour après j'ai fait copier la bulle du tiers des dîmes, la remettant à Nicolosi car il désirait l'avoir par écrit, afin que les Savi puissent la lire. Dans la Consulta on a trouvé que cette bulle n'avait aucun précédent parmi celles des autres Pontifes ; car ils ont concédé un subside de quatre dîmes et un quart, dont personne n'en était exempt, d'où, on me dit qu'on décidera d'écrire à Lando d'en parler avec douceur au pape, disant que de ces tierces dîmes on ne peut tirer grand profit à cause des exemptions des cardinaux, des chevaliers de Malte et aussi du délai de cinq ans. On a été content aussi d'apprendre que tous les navires seront sous le commandement du capitaine général. Des sénateurs ayant noté que d'habitude les galères rentrent à la fin d'août, au préjudice des entreprises commencées, on pourrait recommander au Sénat de représenter à S. B. l'avantage qu'il y aurait à ce que les galères réunies s'arrêtassent à passer l'hiver avec les vénitiennes ; la République offrant de les pourvoir toutes de biscuit » (2).

(i) Le 8, il ajoute que le Procureur Mocenigo a présenté au Sénat un mémorial exposant la nécessité de faire tout effort pour la campagne en Dalmatie non seulement en soulevant les populations limitrophes des Turcs, mais aussi en profitant de la faiblesse de ceux-ci ; et il conclut pour une mission subite avec des soldats à débarquer. On entend dire qu'il y a eu des faits d'armes entre les Morlacques et les Turcs. ,

(2) Le 22, Cybo répond que le pape a été content que ces messieurs aient accepté avec satisfaction et respect les grâces de vS. S., qui dans ses actes

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