GRACES ACCORDÉES A M'' PELLISSON. II
Le 15, Cybo informe Lauri que, cédant aux différentes sollicitations du duc d'Estrées visant la grâce demandée par Louvois en faveur de son petit-fils pour .le rendre capable, bien qu'il n'ait que 8 ans, d'être appelé aux bénéfices simples, mais aussi aux abbayes et prieurés qui demandent l'âge de 20 ans au moins, et pour qu'il puisse les conserver même après avoir fait la profession de Malte, le pape a fini par accorder cette grâce, bien que ce genre de concessions lui répugne beaucoup. « N. S. y a consenti, ayant su que le frère du marquis montre, en toutes choses, du zèle pour l'honneur de Dieu ; et aussi dans l'espoir que cela l'engagera, ainsi que le marquis, à le servir davantage. V. S. en donnera avis à Mgr de Reims et lui expliquera les motifs de la concession de la grâce et les désirs de S. S. en faveur de sa Maison et de sa personne » (i).
Le 20, Lauri annonce : « que M^ Pellisson, président de Rohan (2), espérant obtenir de S. S. la grâce de donner en commanderie certaines terres de la valeur de 12 à 15 mille frs. pour l'avantage qu'il y aurait à les enlever au duc de La Force, qui est huguenot, il avait appris que le roi y étant favorable, en aurait parlé à Croissy pour qu'il m'en fit part. Le
(i) Le 22, Cybo lui recommande de faire parvenir au roi le bref pour Cluny. L'affaire de la Régale mérite toute l'attention, écrit-il, afin de connaître ce qu'on pense faire. Et, il est à espérer que les grâces accordées à l'abbé Colbert et au fils du marquis de Louvois pousseront ces ministres, qui jouissent d'une grande autorité, à appuyer une cause qui est juste. A la même date, il l'engage à dire à Mr Stoppa que, même en ces derniers jours, le pape a fait des démarches auprès du roi en faveur des Urbanistes de Toulouse ; « que S. S. déplore leur cas et ne néglige rien pour qu'elles puissent retrouver leur ancienne tranquillité. Mr Stoppa aura sans doute l'occasion de communiquer tout cela aux Urbanistes ».
(2) Et, le 29, Cybo annonce à Lauri que « eu égard à la présente situation, il est plus que nécessaire de saisir toutes les occasions de se concilier les personnes les plus remarquables de la Cour ; et pour ce motif N. S. a traité d'une manière toute confidentielle et courtoise l'abbé Paul Pellisson ; ainsi V. S. pourra tirer profit de l'opportunité en lui remettant son bref. »
Il8 INNOCENT XI ET LOUIS XIV.
président alla chez le ministre, qui lui répondit qu'il ne savait pas s'il aurait l'occasion de m'en parler à cause du différend de la main ou que je n'avais qu'un caractère privé. Voilà ce que m'a dit le président, au désespoir pour son fils, parent de Croissy par sa femme, qui est de la Maison Colbert ; je lui ai tout raconté et aussi ce que m'avai.t dit Fourmont. Le président retourna che^ Croissy et le pria de remettre les choses dans l'état où elles étaient du temps de son frère Colbert ; mais le ministre lui répondit de ne pouvoir le faire parce que je n'avais pas le caractère, ni lettres de créance, ni l'audience du roi comme les envoyés,que par conséquent je n'étais considéré que comme un secrétaire d'ambassade et que ceux-ci n'ont pas le traitement de la main ; que Pomponne avait mal fait en me l'accordant ; quant au bref de créance dont m'avait parlé Fourmont, Croissy lui dit de n'avoir jamais donné l'ordre de le demander, parce que jamais il n'y eut d'internonces auprès des Cours. Ayant entendu tout cela j'ai répliqué au président que le Saint-Siège n'a pas de secrétaires comme en ont les ministres ; que j'ai eu le titre d'auditeur d'abord à Venise et ensuite ici, ce qui est un grade plus élevé parce que les auditeurs exercent la juridiction et jugent les procès. du tribunal en appel sur les sentences des Ordinaires et -Métropolites ; et bien que ce tribunal ne fonctionne pas en France, il n'est pas au-dessous de ses collègues des autres nonciatures ; on peut donc s'étonner que je ne puisse pas avoir la main, alors qu'on ne la refuse à tout gentilhomme français, droit dont j'étais en possession au temps de Varese ; qu'enfin, en ce qui a trait à Fourmont, je n'avais aucun moyen de contrôle, l'ayant toujours connu homme très-prudent et rompu aux affaires... Pour ces raisons, conclut-il, si le bref vient je n'en dirai mot à qui que ce soit et je le garderai près de moi jusqu'à nouvel ordre de V. Em. :> (i).
(i) Le 21 juin, Lauri répond à Cybo : « Les brefs de créance^ont été inutiles, ne pouvant pas admettre d'erreur dans ce que m'a dit Fourmont ; je crois ou que Croissy est allé trop loin sans connaître la volonté du roi, ou qu'après l'autre bref de la Régale il a changé de ton. »
LAURI n'ira plus CHEZ CROISSY. Iig
Le 3 juin, Lauri écrit :
Subito giunto a Fontanablô,stimai di non potermi indirizzare ad altri per trattare dell' affare délia mano, che à quelli à quali appartengono simili materie, per ragione dell' offitio, che sono gl'introduttori degli ambasciatori ; tanto maggiormente, che trovai alla Corte il Sig^' Girô, huomo prattico, destro, e di buona intentione, délia cui opéra credetti perciô di dovermi valere. Mi abboccai adunque seco, e dopo haverlo informato seconde il bisogno délie cose passate nella materia fino à quel giorno, gli significai l'intentione, che io haveva di valermi dell' opéra sua, à fine di trattar col Sig"" di Croissy per ultimar questo aflare. Egli che havea forse qualche notitia délie cose accadute, edell' intentione délia Corte, doppo havermi bene ascoltato, mi disse due cose ; la prima che io non sarei a suo credere riconosciuto mai per internuntio ; la seconda esser verisimile, che questa Corte potesse hora mai voler un nuntio, e per cio fosse talvolta per ricusare ogn' altro partito, che fosse opposite à questo fine ; ma se doveva dirmi il suo parère in tutta confidenza, non sapeva vedere come il Papa potesse mandar un nuntio, se qui si vuol pretendere che debba star sotto posto al curato, concetto, che l'hà dette encora altre volte. Io gli risposi, che se qui non mi volevano col carattere d'internuntio,si poteva questo nome lasciar da parte, tanto maggiormente che ne pure Roma pareva che vi concorresse.
Nel reste avvertisse bene, che non era S. B^ che voleva far mutationi interne alla mia persona ; perche anzi io dichiarava espressamente, che l'ordine che io teneva, era d'insistere per rihavere il trattamento délia mano da Monsù di Croissy, senza punto cambiar le cose, che riguardano il mio carattere da quelle che sono state per tutto il tempo che ho trattato con gli altri segretarii di Stato. Ma quando poi S. Ecca persistesse in ricusarmi la mano, io domandava se si (sic) voleva stare ail' espediente propostomi dal Sig'" Tourmond, de ordine, come disse, del Sig^ diCroissij, con levarne solamente quella qualità d'internuntio, che qui non si voleva, e cosi io desiderava sapere se venendomi da Roma un Brève credentiale, nel quale io non fossi qualificato con carattere alcuno particolare, se in tal caso mi si sarebbono osservate le cose promesse dal Sig^ Tourmondo à nome del Sig'' di Croissij, cioè che io sarei stato reintegrato al possesso délia mano, e trattato in tutte le altre cose come qui si trattano gl'inviati regij, anzi datomi il primo luogo sopra di loro. Il Sig"" Girô sentito il tutto, mostro desiderio che io ammettessi à questo discorso anche il Sig'" de Bonevil, introduttore, al che io non hebbi ripugnanza, ancora in riguardo délie conve-
nienze che passano trà di loro ; tanto maggiormente che se bene Bonevil, il padre, che morî ultimamente, era disapplicatissimo dal negotio, il giovane si mostra assai différente. Chiamato adunque il Sig'" di Bonevil, replicai le istesse cose, et aggiunsi solamente in fine, che pregassero il Sig"" di Croissij di farmi sapere tutto cio che si fosse potuto fare nella materia, perché io potessi darne parte à V. Em^^, e ricever da essa la risolutione finale. Gl'introduttori si caricarono di andar unitamente dal Sig'' di Croissij, di rappresentargli tutto in buona maniera, e di rendermi poi la risposta. Queste cose seguirono nei giorni di giovedî, e venerdi passati.
Da questa relatione V. E. si degnerà vedere, che io non mi sono dichiarato in niun conto di haver ricevuti i due Brevi credentiali, che tengo tuttavia con sommo segreto fino à suoi comandamenti.
Un altra diligenza feci l'istesso giorno di giovedi, e fù, che mi portai dal Sig"^ abbate Colbert nuovo coadiutore di Roano, à titolo di comunicargli la benignissima lettera di V. E. che Io riguarda, scritta in data degli 8 del caduto, e con tal occasione informatolo quanto faceva bisogno deir occorrenza,lo pregai di passar ofifitio col Sig^ di Croissij, à fin chè facilitasse questo aggiustamento, nel che il Sig'" abbate mi mostro ogni prontezza.
Sabato poi vennero unitamente a trovarmi gl'introduttori, e mi
dissero in risposta, che il Sig'" di Croissij havea loro ordinato di signi-
ficarmi, che gli dispiaceva di non poter prendere alcuno de partiti
propositi, perche S. M^à havea già risoluto, che egli non desse la mano
ad altro ministro délia S. Sede, che ad un nuntio e che ad ogn'altro
che potesse restar qui in mancanza del nuntio, non si desse la mano.
Io domandai agl'introduttori se dunque era intentione del Re che non
si ammettesse alcun temperamento, per quai ragione il Sig^ di Croissij
mi havea fatto proporre quell'espediente riferitomi dal Sig"" Tourmond;
mi rispose che il Sig^ di Croissij havea detto, che non havea mai dato
tal ordme al Sig^ Tourmond di significarmi quello espediente, il quale
qui non si voleva abbracciare, perché non si volevano novità. Replicai
che io conosceva il Sig^" Tourmond troppo accorto per non far un
errore cosi grande, che nel rimanente io non sapeva come potesse
dirsi, che qui non si vogliono novità. Non era dunque una novità il
togliermi la mano, che havevamo goduta io et tutti i miei antecessori
da tutti i segretarii, e ministri de Stato antecessori di S. Ecc^^ ; rispose
il Sig' di Bonevil, che il Sig'' di Croissij havea detto, che questo era
stato un errore ; replicai che il Sig'" di Lione, il Sig"" di Louvoij, il
Sig"" di Pomponne e poi il Sig^ di Colbert fratello del Sig"" di Croissij,