‹ Innocent XIChapitre 405 sur 430 · BONVISI ESPÈRE LA TREVE. I · texte numérisé non relu

BONVISI ESPÈRE LA TREVE. I

l'espace de 15 jours la déclaration de leur marchandise. On dit que ces Etats, après avoir retardé leur réunion soit par l'œuvre du prince d'Orange, soit par la prétendue maladie du Pensionnaire Fagel, à présent déclarent vouloir rester neutres et conserver la paix avec la France, si celle-ci se renferme dans ses dernières propositions J'ai répondu aux ministres en faisant allusion à les nécessité de prendre des résolutions satisfaisantes dans l'intérêt commun. Le 9, Bonvisi écrit à Cybo :« V. Em. sait que Ranuzzi m'a fait espérer la trêve avec la restitution de Fribourg fortifié, et à ce projet j'ai gagné l'empereur car on assurait la Briscovie et la Souabe ; mais à présent on ne parle que de démolir Fribourg et cela ne suffit pas à la sûreté de ces provinces, parce qu'avec le préside de Brissac les Français peuvent toujours faire des incursions. J'en ai parlé à l'empereur pour qu'il accepte la trêve avec Fribourg démoli, mais S. M. m'a répondu que l'Allemagne serait ainsi toujours à la discrétion de la France sans l'antemural de Fribourg et sans la destruction de la forteresse de Kiehl, élevée en dépit des conditions de la paix de Munster, qui défendent de bâtir des forteresses entre Brissac de Philipsbourg, et S. M. croit avoir fait beaucoup en supprimant, des propositions de la Haye, la restitution de Brissac et dit que, sans celle de Fribourg, la trêve ne sera pas durable car la France pourrait la rompre si elle voit l'empereur gagner en Hongrie, et qu'en attendant il ne pourra se servir des troupes des Cercles si les provinces ne sont pas protégées par Fribourg fortifié ; c'est sur ce point donc qu'il me paraît que V. S. pourrait appuyer afin d'avoir la trêve » (i).

(i) Et, le 16, il ajoute que Ranuzzi lui fait espérer la concorde entre les princes chrétiens, à condition de laisser tout ce que le roi a occupé. « J'apprends aussi que l'ambassadeur de France à La Haye a dit que S. M. ferait la paix avec les Espagnols si on lui laissait Luxembourg et des localités vers Namur, fixant un délai trop court pour négocier. Toutefois, malgré l'importance de cette place, on pourrait la céder afin d'avoir la paix, tandis qu'on la prendra et renaîtront les prétentions d'Amsterdam, qui a reçu la parole du très-chrétien ; les Anglais aussi ne permettront pas que les Français avancent en Flandre. Que si même avec Luxembourg on ne fait

A la même date, Cybo répond à Ranuzzi : « N. S. s'est complu que Mgr de Campide, ministre à La Haye de l'empereur et de l'électeur de Bavière, ainsi que le baron de Goerf, ministre des princes catholiques, aient recours à V. S. comme ministre apostolique au sujet de la trêve, quelle que soit la teneur de la réponse que V. S. aura reçue ; les ministres pourront être contents du zèle et de l'empressement montrés par V. S. Et, le i6, il le loue des arguments énoncés au roi pour le persuader à accepter la trêve ; et quoique V. S. n'ait pas réussi, N. S. a été content de voir qu'elle a accompli son devoir de ministre du pape, comme il approuve le fait d'avoir suivi le roi en Flandre, pour pouvoir coopérer à l'accord dans toute éventualité » (i).

Le 24, Cybo lui transmet deux feuillets expédiés de Gênes daps lesquels il lira : que, le 17, l'armée navale française composée de 20 galères, t8 vaissaux, 11 galeotti avec d'autres barques pour le service de l'armée, a lancé des coups de canon et des bombes contre la ville. N. S. a été bien attristé de voir qu'en outre des jalousies et de la guerre en Flandre s'ajoute cette attaque contre Gênes (2). qui occasionnera une grande

pas la paix, les Français tourneront leurs armes contre d'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, ils réussiront à empêcher la guerre contre les Turcs ».

(i) Le 26, Ranuzzi écrit : on a su que les Etats Généraux, quoique divisés par différentes opinions, veulent, en majorité, éviter la guerre avec la France, à la condition qu'elle n'outrepasse pas Luxembourg ; on croit cependant qu'à Madrid on travaille à persuader à faire la trêve avec la cession de Luxembourg, d'autant plus que le maréchal Bellefont a remporté un succès en Catalogne. Et, le même jour, il lui répond que La Chaise fera son possible pour la conclusion de la paix, mais qu'il constate que dans la guerre on y apporte plus d'humanité, se contentant des contributions et de quoi faire vivre les troupes ; ce n'est donc pas le moment d'en parler au roi.

(2) A cette date, Jacobelli prévient Cybo que, au sujet de ce qui se passe à Gênes, on dit qu'il y a eu trahison de la part de Centurione qu'on a fait décapiter, d'Eugène Durazzo qui s'est enfin déguisé en jésuite'^ et aussi de la part de l'abbé Pallavicini. « Ce sont des choses, écrit-il, à ne pas croire, s'agissant de familles très-puissantes. »

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