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LE CARDINAL D'ESTRÉES IRA A VENISE

caractère d'ambassadeur et non celui déjuge, cela étant contraire aux libertés gallicanes, tandis que Rome veut que le nonce ait la juridiction sur les évêques ; il faut donc trouver le moyen que S. S. puisse atteindre le but sans toucher au point principal de l'autorité et de la juridiction. J'ai répondu que je ne voyais pas ce qu'on pourrait faire, que pourtant il fallait préparer l'ambiance à une définition de l'affaire, que de son côté il devait travailler mais de sa propre initiative et de m'en référer le résultat » (i).

Le 7 octobre, Lauri annonce qu'ayant interrogé d'Estrées sur le résultat de son entrevue avec Mgr de Pans, le cardinal ne lui donna pas de réponse catégorique, se bornant à exposer les raisons des deux partis au sujet du nonce et sembla approuver celles du prélat. Le même jour, il ajoute : « Comme le bruit courait que d'Estrées en se rendant à Rome passerait par Venise,je lui demandai si c'était vrai et s'il y séjournerait; le cardinal, après réflexion, répondit : oui, cinq à sept jours. Je me souviens que l'ambassadeur de Venise m'avait raconté que Croissy lui dit un jour : le pape envoie bien des brefs en France. Cela me fait douter que l'ambassadeur aura prié le roi, au nom de la république, de faire passer le cardinal par Venise, pour qu'il négociât l'accommodement entre le pape et la république » (2). Le 14, il prévient d'avoir réussi à parler longuement avec le Vénitien « parce que, écrit-il, S. Exe. est entrée dans ma voiture, revenant d'une visite à l'abbé Siri, à

(i) Le 15 septembre, il avertit qu'un courrier du Portugal, en quittant Lyon, aurait dit que le pape a fait une promotion de 16 cardinaux et que 10 seraient réservés in petto. Le roi aussi a répété la nouvelle ; et Mansfeld . l'ayant apprise en étant chez Croissy, il lui demanda s'il connaissait les noms des nouveaux cardinaux ; le secrétaire d'Etat lui répondit seulement que la Maison d'AutricHe comptait huit sujets (il s'agissait d'un canard).

(2) Et, à la même date, il ajoute : il paraît que le désaccord entre d'Estrées et l'ambassadeu;" de Savoie est tellement accentué que celui-ci accusa même le cardinal auprès du roi, d'être rentré en France la dernière fois sur l'invitation de Pomponne et d'Arnauld pour se faire ici le chef des jansénistes. Pour justifier l'accusation, l'abbé de Verrua montra au roi certaines lettres, dont on n'a pu connaître les auteurs.

une petite distance de Paris (i). Je lui ai alors demandé s'il avait contribué à ce que d'Estrées allât à Venise ; il me répondit que non et il ajouta même que le cardinal croit peut-être qu'en allant à Venise, il se mêlera des affaires entre la république et Rome avec l'aide du carcl. Delfino, mais qu'il ne réussira pas parce que si la république voulait négocier à Rome elle y a ses cardinaux nationaux. On peut supposer qu'en se rendant à Venise sans que la république l'eût demandé, d'Estrées a reçu l'ordre d'arriver, à Rome le plus tard possible pour traîner les choses en longueur. Ceux qui prétendent qu'il n'y ira pas disent des absurdités ». En effet, le i'^^ novembre, Lauri annonce que d'Estrées est parti, mais qu'il s'arrêtera longuement en route, et ne sera à Rome que pour Noël afin de tirer l'affaire en longueur. Et, le 21, il ajoute que le cardinal s'arrêtera à Bologne et à Modène pour traiter du mariage du duc avec la veuve duchesse de Hanovre, sœur de la duchesse d'Enghien (2).

Le i^^ janvier i68i,Cybo engage Lauri aie renseigner d'une manière plus précise sur la maladie du Dauphin et sur l'opinion des médecins, car les informations de la Gazette ne suffisent pas (3).

(i) Le 24 septembre, Lauri avait annoncé que le Dauphin était malade à Versailles, et que tout le monde se plaignait du mauvais air de cette année, dû en grande partie aux mouvements de terre pour les travaux. Et, le 9 décembre, il ajoute que le Dauphin est de nouveau malade ; que son premier mal a commencé lors de son voyage à Fontainebleau pendant l'été, et lui-même avoua que le nombre de citrons, aubergines et autres fruits qu'il avait mangés pouvait se monter à 4000 ; il en fut si malade qu'on dût faire certaine installation dans son carrosse lorsqu'il est allé à Dunkerque.

(2) Le 8, il avait informé qu'on avait tranché la tête au marquis de St. Privât, sur l'accusation de son domestique et convaincu d'avoir toisé des louis d'or ; il avait un revenu de 5000 écus, mais il avait la passion du jeu.

Le 13 décembre, il annonce que la maladie du Dauphin inspire des inquiétudes à tout le monde.

(31 Et, le 27, Lauri lui répond : * -'

E' cosî vero l'avvertimcnto datomi da V. E. del dcbito, chc mi correva di avisar distintamente i discorsi fatti si da medici che da politici sopra l'indispositione del Delfino, che io stesso più volte hô havuta fatica per

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