‹ Innocent XIChapitre 48 sur 430 · NAISSANCE DU FILS DU DAUPHIN · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU FILS DU DAUPHIN

et d'abbés, que le roi a réellement des sentiments justes et croit satisfaire sa conscience en agissant selon les conseils de l'archevêque et de La Chaise, son confesseur ; et il ajoute que s'il y avait auprès du roi une personne de Rome qui l'éclairé sur les erreurs auxquelles l'entraînent ces doctrines, il serait facile de le persuader d'en venir à la concorde avec le Saint Siège.

Le 15, Lauri annonce que l'accouchement de M"'^ la Dauphine approche et déjà, dans l'espoir d'avoir un prince," on parle delà probabilité de recevoir les langes de Rome, quoiqu'il ne s'agisse pas d'un fils du roi, ni de l'héritier direct ; il sera pourtant héritier présomptif. On cite le précédent de François II, né le 2 janvier 1543 de Henri II, alors dauphin, et vivant toujours François F"", son aïeul. « Je n'ai pas su, ajoute-t-il, qu'en semblable occasion, un nonce extraordinaire puisse venir ici » (i). Le 24 août, il annonce que pour la naissance du fils du Dauphin, durant trois soirées, lui aussi a illuminé les fenêtres avec des torches comme c'est l'habitude à Rome ; et con altri lumi e fitochi di boiti. Mais qu'on l'a averti que dans la Gazette il ne sera pas nommé avec les autres ministres, bien qu'ils aient fait moins que lui. « L'ami qui m'en informa m'a assuré qu'il en avait parlé au roi, et le duc de Montorsier m'a dit en avoir parlé au Dauphin ; je les ai remerciés » (2).

(i) Le 6 juin, Jacobelli annonce de Venise que Foscarini, ambassadeur de la république, a écrit de Paris au sénat que le roi continue à être mélancolique ; on dit que la cause en est aussi le manque d'argent, cjui l'empêche de faire face à de nombreux engagements ; l'argent faisant défaut pour la solde des dernières levées, on a ordonné d'y suppléer moyennant la révision des comptes relatifs aux ministres révoqués Des lettres publiques de Constantinople disent que Duquesne a écrit à la Porte pour obtenir une décision à propos de l'affaire de Sofar ; mais que, au contraire, on aurait ordonné à tous les commandants de navires de s'unir pour chasser Duquesne du port. On ajoute que la France a ofïert 40 bourses pour les affaires de Chio mais que le grd vizir en prétend 400,000.

(2) Le 7 août, il informe qu'à Paris on a eu connaissance d'une lettre qu'un certain Elfridio de Benedetti a annoncée de Rome à Melani : dans cette lettre il raconte qu'ayant écrit un éloge du roi, le « Maestro di Palazzo » le remit au pape. S. S., apprenant qu'il y avait un chapitre louant la piété du roi, aurait dit : « quelle piété ? quelle piété ? il faut publier ça ailleurs ».

Le 21 septembre, Lauri écrit : « un ami qui voit souvent. Croissy, le Dauphin et le duc de Montorsier m'a parlé longuement du bruit de l'envoi des langes ; il m'a fait voir une feuille pour avoir des conseils et des explications, et de son ingénuité j'ai compris qu'il connaissait les intentions du roi et que S. M. avait approuvé la feuille (i). J'ai répondu que tout était bien, mais que la question de l'offense au cadavre de Varese durait toujours ; que quelqu'un, par intérêt personnel, empêchait l'envoi d'un nonce ; il me répliqua que le pape peut ne pas envoyer un nonce, mais simplement un laïque ou un camérier secret, ce qui satisfera également le roi. Et l'ami, qui est un homme sérieux, ajouta : que le roi aime beaucoup les honneurs et qu'il serait bien sensible à une telle marque de courtoisie de la part de S.B.». Lauri dit qu'il se permet d'ajouter, que si S. S. juge bon de satisfaire le roi en cette occasion, et que si les négociations se font par son entremise, il espère réussir plus facilement à avoir le traitement de la part de Croissy sans présenter de bref de créance (2).

Le 16 octobre, Cybo ajoute : « En annonçant àV. S. l'envoi d'un nonce pour les langes du nouveau-né du Dauphin, je ne laisse pas de dire à V. S. que N. S. y a consenti sans faire d'autre demande de satisfactions pour l'attentat contre le cadavre de Varese, comme S. S. l'avait fait comprendre jadis au cardinal d'Estrées, parce que le pape espère que cette façon généreuse de traiter rencontrera la satisfaction du roi et

(i) Toutefois, le 18, Lauri avait informé Cybo que sa maison était surveillée ainsi que celle d'un de ses amis et que, en ayant fait parler au roi, S. M. avait répondu que c'était un ordre général. Et, le même jour, il informe encore que l'ambassadeur de Venise, contrairement aux autres résidents, sera peu content d'un accord du roi avec le pape, car S. Exe. trouve qu'alors il sera plus difficile à N. S. de s'accorder avec la république, ainsi qu'on le désire à Venise.

(2) Le 16, Cybo avait loué le marquis de la Fuente qui se conduit avec générosité à l'égard des malheureux Messinois. «Quant à Martelli, ni moi ni S. S. n'avons jamais parlé ni offert un emploi, toutefois s'il vient à Rome, on trouvera dans le cœur de N. S. les témoignages (\é pitié qu'y trouvent les hommes affligés par la mauvaise fortune et qui se réfugient à Rome ».

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