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LA COUR SE TRANSPORTE A LINZ

Brisgovie. Or, Linz est une petite ville n'ayant qu'une unique place, de sorte qu'il est difficile d'éviter les rencontres avec les ambassadeurs ; la dépense y est forte et l'argent manque. « V. Em. m'ordonne de me tenir loin des occasions ; je suis prêt à partir et je veillerai, mais je demande ses instructions pour le cas où les princes y viendraient, d'autant plus que je pourrais être appelé pour le mariage du marquis de Baden avec la sœur de l'empereur (i).

Le 28, il écrit qu'en outre de sa lettre à S. S., Mgr de Strygonie lui fait savoir par Triulzio qu'il espère arriver à un accord avec les révoltés, car ceux-ci reconnaissent que tout ce qu'ils font est contraire au bien du pays. Pour vivre, ils sont obligés d'e voler, ce que ne font pas les Allemands. « Je crains, ajoute-t-il, que l'archevêque ne se laisse tromper par son bon cœur ; les faits ne justifient pas ses espérances, car on a découvert que les révoltés tâchent de pénétrer en Moravie et en Silésie pour faire des razzias. Il est difficile de savoir la vérité, parce qu'on veut obtenir de l'empereur de larges concessions. Il est très certain qu'on n'arrivera pas à se les concilier sans un décret sur la religion portant la restitution des églises qui leur furent prises lors de leur dernière rébellion, et qui auparavant appartenaient aux catholiques. Je crois que Mgr de Strygonie veut retenir les anciennes églises catholiques, et ne laisser aux révoltés que celles qui ont été

(i) Et, le même jour, il ajoute que S. M. a fait à cheval ic voyage de Linz, parce que la route est très-mauvaise, et on dit que les appartements pour Neubourg et Lorraine sont retenus. Les troubles de Hongrie donnent de l'inquiétude aux ministres ; cette inquiétude est d'autant plus grande que le grand Vizir, qui se trouvait à Bude, est en marche avec des canons dans l'mtention de se rendre maître de Presbourg et de s'y fortifier, isolant ainsi Leopolstadt et Comorne. On demande des secours, mais à la Cour on hésite à retirer les troupes de la Bohême. Le 28, Bonvisi prévient qu'à Linz on a reçu des messages du duc de Lorraine annonçant son arrivée, et il demande à S. Em. des instructions avant de se mettre lui aussi en voyage, car étant à Linz les autres ambassadeurs le chargeraient du rôle ingrat de parler au nom. de tous, et il serait d'avis de les laisser seuls à se débrouiller.

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bâties avec l'argent des hérétiques, et de leur concéder ainsi, avec la liberté de conscience, la faculté d'en bâtir de nouvelles avec leur argent. Du reste, je ne connais pas les véritables sentiments de l'archevêque et je ne cherche pas à les connaître, ne voulant pas lui dire les miens s'il me les demande. Je prie donc V. Em. de me communiquer ses instructions, car après avoir fait l'accord on demandera mon conseil > (i).

Le 4 août, Bonvisi annonce qu'il paraît que l'empereur veut tenir la diète en Hongrie au mois de novembre (2).

Le 8 septembre, Bonvisi envoie à Cybo deux lettres ; dans la première il dit que la peste continue, qu'à Linz les juges discutent sur la condamnation à mort du Président, qui est absent, et aussi sur la confiscation de ses biens, ou le remboursement de l'argent indûment perçu. On dit toutefois que l'empereur lui laissera 400.000 FI. en calculant la dot de sa femme, les frais d'entretien personnel et de celui de ses

enfants ; et que s'il est condamné à mort il sera gracié !

Aussitôt que l'évêque de Vienne a été décédé, les amis du chev. Valdstein ont envoyé à ce dernier des courriers pour qu'il concoure à la succession. Les princes, à Ratisbonne, semblent d'accord pour la sûreté de l'empire ; ils ont écrit au très-chrétien et il paraît que cet acte a induit le roi à sus-

(i) Dans sa réponse, en date du 26, à la communication de l'évêque de Strygonie, le nonce laisse comprendre que les révoltés hongrois, devront se persuader qu'en persistant dans la voie oii ils sont entrés, ils amèneront la ruine du pays, le rendant un désert et une colonie des Turcs ; qu'ils feraient mieux de s'en rapporter à la clémence de leur prince, qui en a déjà donné des preuves et préférerait user de ce moyen que de recourir aux armes : il laisse ses troupes inactives dans les Etats héréditaires, afin de ne point trop charger la Hongrie. S'il reste quelques points à résoudre, ce sera la tâche de la prochaine Diète, à laquelle le nonce espère intervenir et proposer, au nom de S. S., les satisfactions possibles.

(2) Le ler septembre, il écrit de nouveau que la peste augmente à Prague au point que l'on ne trouve personne pour ensevelir les morts... Les révoltés hongrois ont tenu en échec la grosse cavalerie impériale et ils ont occupé Caïman, tué 60 soldats de la garnison et saccagé la ville... Il y a un grand incendie à Gratz.

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