‹ Innocent XIChapitre 6 sur 430 · LES REVOLTES HONGROIS. I · texte numérisé non relu

LES REVOLTES HONGROIS. I

pendre l'occupation d'Argentina, car selon ce qu'a mandé l'envoyé césarien qui y réside, les troupes françaises sont campées dans les environs de la ville et le roi est parti (i). Et, dans la seconde, il ajoute qu'il semble que S. M. rentrera en novembre à cause des affaires de Hongrie. Mgr de Strygonie espère toujours mais il est trop confiant, car il est à croire que, après l'attaque, les révoltés ne feront rien sans le consentement des Turcs, auxquels ils sont liés et dont ils veulent garder l'amitié pour le cas où l'on ne s'arrangerait pas. Les demandes des révoltés se résument : à la nomination d'un Palatin ; à la restitution des biens confisqués ; à l'entretien des rebelles ; à l'éloignement des allemands et à la question religieuse. L'archevêque se refuse à la nomination du Palatin, car la lieutenance héréditaire cesserait de ce fait ; la restitution des biens confisqués n'offrirait pas de difficulté ; l'argent manque pour l'entretien des rebelles qu'il faudrait enrôler dans les troupes de César ; quant à l'éloignement des troupes allemandes, à l'exception de quelques garnisons, cela serait dangereux tant que l'empereur ne sera pas sûr de la bonne foi des rebelles. Enfin, la question de religion ; à ce sujet, le nonce demande des instructions. « J'ai écrit, conclutil, à Montecuccoli, au sujet du Transylvain qu'il faut gagner et dont il a parlé à l'empereur. »

Le 14, Cybo informe qu'en Espagne on avance toujours les mêmes prétentions pour l'exaction des dîmes en Italie au bénéfice de la Pologne ; mais les dangers augmentent en Hongrie et, si les Polonais finissent par se décider à la guerre contre les Turcs et que par le manque de subsides on soit obligé de signer une paix honteuse, le Turc aurait sa liberté d'action pour envahir entièrement la Hongrie. « Le pape veut que V. S. parle à S. M. pour qu'elle ordonne à son ambas-

(i) Le 22, il informe que sur les instances des princes auprès de l'empereur pour des armements, on a décidé d'enrôler vingt nouveaux régiments : 8 d'infanterie, 6 de dragons, 5 de cuirassiers et 3 croates; quoiqu'on manque d'argent on offre des quartiers.

Innocent XI. — III.

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sadeur à Madrid qu'on en finisse avec leurs prétentions et que l'on envoie des ordres précis aux ministres en Italie de laisser exiger librement les dîmes t> (i).

Le 22, Bonvisi écrit qu'à la Cour on craignait que le comte Valdestein fut élu évêque de Vienne, « mais j'ai reçu du maréchal de la Cour un billet m'annonçant que S. M., après s'être consultée avec Dieu, avait choisi comme évêque le P. Emerik, capucin, en considération de l'importance du diocèse, qui, bien qu'il ne s'étende pas beaucoup en dehors de la ville de Vienne, doit toutefois, comme résidence de la Cour, servir de modèle aux autres évêchés. Le maréchal ajoute que le religieux refuse la nomination, cardans son Ordre il n'y a pas d'exemple d'un évêque et aussi parce qu'il n'est pas maître de sa volonté. S. M., qui a besoin de ce capucin, prie S. S. de vouloir intervenir auprès du P. Emerik. J'ai répondu, ajoute Bonvisi, que N. S. voudra certainement faire une chose qui plairait à l'empereur, mais qu'il tient beaucoup à l'observance des règles monastiques, et que peut-être on aurait mieux négocié par l'intermédiaire du cardinal Pio à Rome ; qu'en tout cas si S. M. voulait que j'en écrivisse, elle devait me l'ordonner, afin aussi de me soustraire aux jalousies des prétendants à ce diocèse (2) ». Le 12 octobre, Cybo répond :

(i) Mais, le 5 octobre, il ajoute que Mellini a écrit que le marquis de Grana, ambassadeur césarien, lui a parlé des dîmes d'un ton bien indifférent et que, l'ayant pressé, S. Exe. répondit qu'il n'avait pas d'instructions.

(2) Le 29, il ajoute que tout le monde trouve extraordinaire la décision de l'empereur de rester à Linz durant l'hiver ; il y a été conseillé par les ministres qui habitent Vienne pour pouvoir être plus libres et aussi par ceux qui déplorent que Neubourg n'ait pas la permission de venir à Vienne ; on l'a reçu à Linz, parce que Lorraine y est venu. L'empereur se rend, de cette manière, impuissant parce que les armements restent en suspens à cause des grands frais qu'occasionne la demeure à Linz ; il y a pénurie de tout, même à cause de la peste qui trouble le commerce. On estime que la partie de la Hongrie au-delà de la Theiss est déjà perdue ; on aurait pu la sauver, en réunissant la Diète, que l'on désire tant afin de remédier a tout, et à présent qu'on se voit déçu on fait pire. Caprara a déjà averti que les Turcs et les Transylvains s'unissent aux révoltés, qui ont reçu de Pologne

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