ATTO MELANI HOSTILE AU PAPE
traité avec un marchand pour recevoir de lui un cadeau de 500 doublons d'Espagne afin de l'aider auprès de la secrétairerie d'Etat ; il ajouta qu'il avait négocié pour son compte et non pour le compte des commis. S. M. le renvoya sans faire de déclarations, mais ensuite Melani ayant parlé à l'archevêque de Paris, il obtint de rester moyennant la promesse de ne plus faire de commerce. Le 21, il répète que Melani se trouvait à Fontainebleau où était la Cour et qu'il envoya le mémorial au roi ; qu'il l'a appris par un ami de Melani et d'un abbé qui connaît le texte de ses écrits à S. M. Mais, le 4 décembre, Cybo l'engage à ne plus s'occuper des écrits de Melani, du moment qu'il est difficile de connaître la vérité.
Le 21 mai 1681, Cybo mande à Lauri : « Les écrits de Melani contiennent des matières au-dessus de son intelligence. Il n'est pas vraisemblable que le roi donne son approbation à des projets aussi fous et venant d'un individu aussi léger et lâche ; si V. S. connaît d'autres écrits, elle pourra les transmettre. »
Le 23 juin, Lauri écrit : « on dit que Melani a fait un accord avec le P. Gérardin, frère du lieutenant civil du Châtelet de Paris et a remis entre les mains du roi le brevet de sa nomination,et que S. M. donnera la commende au dit Gérardin sous la réserve d'une pension de 3000 livres en faveur de Melani; mais ce projet ne pourra causer que des ennuis et des dépenses bien supérieures à ce qu'il croit. Prignani, abbé régulier, qui avait le titre de l'abbaye et qui démissionna entre les mains du roi, sans que cette démission fat acceptée, vient de mourir. On se demande si l'abbaye est vacante par suite de démission ou par suite de la mort de l'abbé, afin de savoir comment faire l'expédition. » Le 16 juillet, Cybo l'engage à obtenir une copie exacte de l'accord de Melani avec Gérardin.
Innocent XI. — III. xi