LES BUTS DE SA MISSION A ROME
l'andata del Sig"^. Duca in Portogallo, tanto più ch'esso Sig^". Duca v'interviene, et in presenza di sua Altezza si danno da Sua Em^* lodi infinité a quel Regno.
Si dice che Sua Em^^ sia per partire sabbato o Domenica prossima per Venetia, ma non si crede, tanto piii che havendo spedito un corriero a Parigi senza ancora sapersene il soggetto, è probabile che prima délia partenza di quà, ne vogli aspettare il ritorno.
Le 3 décembre, il ajoute que d'Estrées est parti pour'Venise, par eau, passant par Parme et Modène, pour proposer des mariages à ces ducs, et pour demander au grand duc de Toscane sa fille pour le fils du roi de Pologne ; mais il déclara à la duchesse qu'il faisait ce voyage par curiosité, n'ayant d'autre mission que l'affaire de la Régale, et, à la demande de Madame, il dit qu'il espérait réussir, le très-chrétien ne voulant pas rompre avec la Cour de Rome. Le P. Peira est parti aussi avec S. Em. et il m'a dit que le cardinal doute de sa réussite, et que la France, par ces négociations, n'a d'autre intention que de retenir S. B. de prendre des résolutions qu'elle aurait décidées contre ce qu'elle croit mauvais ; que toutefois ne pouvant pas réussir on ferait appel au Concile etc. Je me suis douté que le P. Peira m'avait dit cela afin que de telles menaces pussent arriver à Rome par d'autres bouches que celles des ministres français,et j'ai répondu que c'était ' des choses plus faciles à dire qu'à exécuter et du ressort du nonce à Paris, et cela dans la conviction que le religieux était chargé de me le dire. Le cardinal a assuré à Madame que, pour cette année, le roi ne ferait rien pour troubler la tranquillité et que tout dépendait du parlement anglais (i) ».
Le II, Muzio informe que, d'après les courriers de France,
(i) Le II décembre, Cybo lui répond : « si V. S. trouvera qui lui parle comme le P. Peira, menaçant concdes etc. elle répondra qu'à Rome on n'a pas peur de telles menaces ; que c'est le pape qui réunit les conciles pour obliger les princes à désister de tant d'usurpations des choses sacrées et de juridiction spirituelle ; et que les décisions des conciles ne peuvent que servir à l'avantage de l'autorité du Siège Apostolique, qui par droit divin et humain doit être réintégrée en tant de prérogatives usurpées. »
2o6 INNOCENT ET LA SAVOIE.
il paraît que le marquis de Pianezza retourne ici, par l'intercession du cardinal. Hier, l'ambassadeur du Portugal est arrivé mais on ne sait pas quel accueil il recevra, car le duc persiste à ne partir que selon son gré ; S. A. est appuyée par les conseils de Verrua, qui craignant de perdre son souverain se méfie de tout, même des ombres. L'ambassadeur de France, de lui-même, désapprouva la duchesse de garder un envoyé en Angleterre, trouvant la chose inutile ; d'où l'on déduit que la France veut que Madame soit toute à sa disposition, car avec l'espérance de la protection anglaise elle persiste à garder la neutralité avec la France.
Le 25, il mande :
La Sig""^ Contessa di Soisons haveva con due sue lettere dato qualchè motivo al Sign'' Cavalier di Savoia suo figlio di portarsi a Brusselles a trovarla ; al che egli non si era voluto disporre, non dimeno al terzo avviso col quale la detta contessa gli faceva sperar di ottener dal principe di Parena qualche carica militare in Fiandra, si risolse di portarsi cola; ma perche questo Ambasciatore diFrancia haveva ciô presentito, principiava a far délie doglianze, e forse délie minaccie, Madama ha fatto suggerire al detto cavalière di fingere che vogli far un viaggio dopo haver veduto il carnevale dî Venetia. Onde il cavalière parti domenica a quella volta, e Sua Altezza gli ha dato un buon regalo in denari, accioche non perda l'occasione di esser impiegato, mentre ne ha bisogno, essendo un povero principe ; ma è più probabile che cio si sii fatto per allontanarlo di qui dove non si vede volontieri, non solo chi parla liberamente al Sig^ Duca, ma nemeno chi lo puô fare, benchè taccia, etc.
Le i^^ janvier 1681, Muzio informe : qu'il n'y a rien à craindre au sujet des français ; qu'un ministre de France a été à Gênes pour acheter des créances vers le duc de Mantoue et une autre vers le duc Victor Amédée ; mais le créancier a opposé un refus ; du reste, si la France veut faire quelque chose, c'est Pianezza qui en sera chargé, le marquis prendra la place de général de cavalerie qui est occupée, par E). Gabriel, lequel deviendrait généralissime. L'abbé de Verrua est toujours en disgrâce et habite son abbaye de Suse ; on dit que c'est parce qu'il avait promis au très-chrétien que jamais un envoyé