INTRIGUES A LA COUR
mais on attend les courriers d'Espagne pour avoir des nouvelles précises et connaître le fond de l'opposition au mariage du duc, et on ouvre les lettres des particuliers. Et, le 29, il envoie deux lettres ; dans la première il informe que tout le monde répète que le duc est incapable de contracter le mariage; et dans l'autre il écrit :
Il Marchese di Pianezza sarà Luogotenente Générale délia Cavalleria, e del Consiglio di Stato, e dopo il ritorno del corriere spedito in Francia sopra tal particolare, se ne farà la dichiaratione, et è opinione comune, che frà poco tempo debba occupare il posto di primo ministre, come lo riempi il suo padre. Don Gabrielle è stato quello che à requisitione del detto Marchese ne hà fatta la propositione non accorgendosi se non dopo il fatto che di già il tutto si operava di concerto con essa (sic), et era di già stabilito con il consenso del Rè. Dicesi che il medesimo Marchese habbia volsuto con tal confidenza impegnar D. Gabrielle a non dissuaderne Madama,e che habbi havuta intentione con finir di renderlo essoso (sic) allô Stato, come di già hà cominciato ad esserlo per la parte che segli è fatta prendere nel matrimonio del Sig^" Duca, di ridurlo senza autorità, e seguito, et in conseguenza incapace di opporsi alla sua dichiaratione di primo ministro.
Si dice parimente che l'istesso Marchese per il medesimo fine tenti ogni strada per screditare il présidente Trucchi appresso Madama ; per il che vengono processati alcuni dipendenti da esso, e si procura di far credere à S. Alta che non vi sii quella difficoltà di trovar denari, che dice il Présidente, e si propongono de modi da cavarne, quali saranno abbracciati, benche di grande aggravio allô Stato.
Stimano pure molti che il detto Marchese accoppii il desiderio di esser primo ministro à quello che hà di vendicarsi di Don Gabrielle e del Présidente Trucchi suoi poco amorevoli, et argomentano cio dal sentirsi che si vorrebbe fare reo di corrispondenze secrète con il Governatore di Milano il Marchese di Parella parimente inimico del Marchese di Pianezza ; per lo che se gli è fatto catturare il segretario sotto altro pretesto, benche il Parella si stimi innocente, e prattichi liberamente ancorche sii stato avvisato di quanto se gli trama.
Tali modi di procedere generano grande apprensione à i principali délia Corte, et à i ministri di stato, dubitando per quello che loro riguarda di dover havere un secondo Duca, e per quello che riguarda il publico sia il Marchese di Pianezza per sacrificare questo Stato a
Innocent IX. — III
benefitio délia Francia e che Madama habbia da pentirsi di essersi fidata troppo facilmante di uno che è stato cosi aspramente offeso con titolo di traditore, e dal marito, e da lei.
Questo attaccamento à i consigli del Marchese di Pianezza fà che i ministri dubitano se Madama senti neiranimo quelle, che à loro vuol far credere ne consigli (i).
Le 2 avril, Cybo engage Muzio à envoyer des nouvelles sur les inclinaisons de la Cour et sur celle de France au sujet des convenances qu'elles ont ensemble et surtout en ce qui regarde la tranquillité de l'Italie (2).
Le même jour, le nonce l'informe que de Lisbonne arrivent des lettres exagérant l'accueil qu'y reçoit Dronero ; mais la vérité est que le roi ne l'a pas encore reçu et que la population se montre hostile ; la duchesse en est bien triste. Elle craint d'abord que cette affaire se gâte et qu'un parti contraire au duc se forme en Portugal ; ensuite elle doute de l'approbation de l'étranger, ayant déjà reçu une lettre du Sénat annonçant qu'on fait de l'opposition à ce mariage ; enfin, S. A. prévoit
(i) Le 26, il informe que malgré que les duchesses, après leur régence finie, se soient abstenues de 'paraître aux chapelles des Palmes et de la Chandeleur. Madame, qui aime le faste des fêtes publiques, a continué à y intervenir ; mais, l'autre jour, le duc a voulu y aller tout seul, et c'est à grand' peine qu'on a pu obtenir qu'il l'invitât et avec la promesse qu'elle n'y paraîtrait plus ; la duchesse en est furieuse. Et il ajoute qu'il paraît certain que Pianezza fera partie du Conseil d'Etat.
(3) Le 16, Muzio répond au chiffre du 2, que lorsque la duchesse est au Conseil elle regrette que les français troublent la paix, et proteste vouloir continuer dans la voie ancienne ; mais lorsqu'elle se trouve avec Pianezza on doute qu'elle dise tout le contraire, et par le mariage elle tâche de rester maîtresse absolue. 'On ne croit pas que les français, durant cette année, fassent quelque chose en deçà des monts, toutefois les soupçons qu'on a sur l'intelligence secrète de Madame avec Pianezza, en faveur de la France, affligent les ministres qui se voient exclus de la confidence et ils se plaignent en voyant que la duchesse entraine l'Etat à sa ruine. Et, le 23, il écrit que la duchesse est bien abattue, car elle prévoit qu'elle ne sera qu'une simple gouverneresse ; elle s'est repentie du mariage et est détestée par ses sujets ; du reste, elle ne trouve pas l'argent pour le voyage du duc et non plus pour un séjour en Portugal,