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EXIGENCES DU PORTUGAL

que, même si cette union se fait, elle ne lui donnera pas les satisfactions espérées. On a écrit du Portugal que, après le mariage, on lui enverra les ordres de Lisbonne et qu'on lui réserve le même rôle que joue le v. roi à Naples.« Il est certain, écrit-il, que tout cela est bien vraisemblable, surtout parce que ceux qui sont d'opinion que la duchesse a arrangé ce mariage pour rester toute sa vie maîtresse absolue, craignent qu'elle finisse par être obligée de s'abandonner à la France ; on fait même allusion à quelques projets qui ne seraient connus que d'elle et de Pianezza. J'ai appris par un confident du marquis que, lorsqu'il quitta la France, on avait décidé de ne rien changer jusqu'au départ du duc. Le peuple pleure aussi ce départ vu les nouvelles taxes qu'on lui impose et dont les édits sont déjà sous presse. » Et, le i6, il écrit :

Giunse hieri sul mezzo giorno il sospirato corriero da Lisbona, con l'avviso, che li sponsali di quell' Infanta furono celebrati li 25 del passato con grandissima pompa, e con non minor applauso di quella nobiltà. Par il corriero medesimo s'intendono le stravaganti pretentioni che hanno i Portoghesi contro i Spagnuoli, circa la riparatione de danni patiti per la sorpresa del forte di S. Gabriel nell' Isola di Bonosaires (sic) verso il Brasile, fatta da un comandante di Spagna, onde si teme la guerra frà queste due corone, tanto più che il Ministro di Francia in Lisbona instiga il Principe D. Pietro alla rottura, offerendo denari, e gente se vorrà attaccare la guerra con la Spagna à confini délia quale, da una parte si è incaminato il Duca di Cadaval con grosso numéro di soldatesche, e da un altra il Marchese di Frontiera.

Altre lettere perô di persone più prudenti danno speranza di aggiustamento ail' arrivo del Duca di Giovenazzo in Lisbona, che è stato ritrovato non più lontano di tre giornate da quella città, particolarmente non havendo il Principe régnante volsuto prestarne orecchie air instigationi del sopradetto ministro di Francia.

•Le 4 juin, Muzio annonce qu'on attend la rentrée du marquis de Dronero, celui-ci devant apporter la nouvelle informant que le Portugal voudrait, (aussitôt que le duc aura quitté Nice), y mettre une garnison portugaise, selon ce que permet un des chapitres secrets que la duchesse croyait déjà aban-

donné. Ici on désire que la nouvelle soit vraie, non seulement parce qu'on se réjouit de toute complication, mais aussi de tout ce qui peut être désagréable à la duchesse, à cause de sa rigueur et des impôts ; c'est une bonne princesse ; mais tout cela vient de ceux qui la conseillent, tels que Mgr de la Sirena, Pianezza et l'Abbé délia Torre (i). Et, le i8, Cybo lui répond que ce serait une grande nouveauté que d'introduire les présides portugais à Nice ; cela pourra bien changer les choses, et ne pas satisfaire ceux qui ont tant travaillé au mariage. V. S. doit être attentive et veiller sur les événements militaires se rapportant à l'Italie et à Pignerol surtout ».

I^e 30 juillet, Muzio informe que les préparatifs de voyage du duc continuent, malgré qu'il ne le veuille pas ; la France prétend arranger elle-même les exigences du Portugal ; et, le 6 août, il annonce que le duc a dit qu'il partira l'année suivante. Madame espère vaincre les difficultés touchant l'occupation des places, avec l'aide du très-chrétien, mais on ne le croit pas car la France pousse sous main le Portugal à limiter son occupation à Nice d'où elle espère en quelque manière de l'éloigner. Le roi a déjà ordonné à son ambassadeur de réunir tous les renseignements qu'on pourra trouver ici, touchant les droits de la France sur le comté de Nice. Et, le 20, il informe que le duc s'est enfin décidé à écrire à la reine du Portugal : qu'au mois de mai il sera à Nice et qu'au mois

(i) Et, le 16 juillet, il ajoute que les Portugais, en outre de Nice, veulent occuper Turin, Vernone, Vërceil, le château de Montémeliant et que, dans le Conseil, siège un Portugais. Ces prétentions tirent leur origine d'une lettre de Madame à sa sœur, la reine de Portugal. Madame s'est cru obligée d'écrire cette lettre pour obtenir le concours du royaume, mais avec l'idée que la reine l'oublierait. Dronero en a demandé la restitution, mais la reine allégua|des prétextes tels qu'il y a probabilité de tumultes ou autre ; les Français en ont éprouvé de la jalousie, mais Madame croit que c'est une intrigue du duc de Giovinazzo, qui aurait dit à Lisbonne que Nice et la Savoie tomberaient entre les mains des Français. On craint que le duc sache tout cela, tandis qu'il assure toujours qu'il partira au printemps.

l'envoyé de SAVOIE EN ANGLETERRE 213

d'août il s'embarquera pour Lisbonne. Le 3 septembre,il écrit : Domenica scorsa questo ambasciatore di Francia si accosto nella caméra di para ta, al Marchese di Drcnero, et alla presenza di una quantità di cavalieri, gli disse che il suo Rè gli haveva ordinato di dichiarargli in publico, che era estremamente mal sodisfatto, che egli havesse con una vergognosa relatione cercato di disturbare il matrimonio frà qUesto Sig"" Duca, e l'Infanta di Portogallo, che havesse parlato maie di Sua M^^, e de suoi ministri résident! in Lisbona, e che havesse vôluto far credere che i Portoghesi habbino maggior antipatia con i Francesi, che con i Spagnuoli e che S. M^^ sapeva esser tuttocio seguito ad instigatione del Duca di Giovenazzo, col quale haveva tenuto nel tempo che è stato in Lisbona, continovi colloquii in secreto, benche havesse finto in publico di non trattar con lui, et in fine l'ambasciatore soggiunse che il medesimo suo Rè gli haveva proibito dî tener da qui avanti verun commercio con esso lui. Si suppone che questo affronto sia provenuto al Marchese sudetto dalla contesa seguita frà lui, e l'abbate délia Torre alcune settimane sono, come avvisai à V. E., e molti credono che Madama non sia consapevole ; il che non place ai più prudenti délia Corte, come dispiace ad ogn'uno, che dentro i limiti del rispetto dovuto ad un gran Rè, il Marchese non habbi risposto adeguatamente, ma che in vece di farlo, si sii lasciato sorprendere da un svenimento, seguito da una febre, che l'obliga presentemente à guardare il letto.

Le 17 octobre, l'abbé Lauri écrit de Paris d'avoir quelquesdonnées sur ce que — après la déclaration du roi d'Angleterre de vouloir accorder à l'ambassadeur de Savoie le traitement qu'on a pour les rois — l'on a représenté à S. M. que cela ferait du tort au grand-duc de Toscane si on ne lui accordait pas ce traitement, mais que le roi n'aurait pas re'pondu. Et, le 24, il ajoute :

Ancora l'Elettore Palatino, sento, che habbia fatto passar ufficii col Rè d'Inghilterra per ottenere che non (sic) si faccia differenza negli honori trà l'Ambasciatore di Savoia, e quello di S. A. Elettorale potesse talvolta inviar à quella Corte, et à fine che il Rè conoscesse maggiormente la giustitia délia sua domanda, sento, che gli habbia fatto vedere l'accordo altre volte seguito trà il Duca di Savoia, e gli Elettori, nel quale si convenne, che questi darebbono al Duca il titolo d'Alezzâ Reale, ma il Duca ail' in contro prometteva di cedere il

luogo agli elettori. Questi ufficii sono stati passati col Rè d'Inghilterra dal Principe Roberto e si prétende che habbino guadagnato l'animo del Rè. Contuttociô è certo che il Conte Pertenghi hà già inviate le carrozze, e parte del suo equipaggio, con dar voce, che ancora egli sia per partire in brève à quella voila, e pure non (sic) è credibile, che egli sia per andare, in caso che non sia securo di havere i trattamenti regii. Tanto maggiormente che questo è l'unico oggetto délia sua missione.

Le 30 octobre, Muzio informe qu'on. l'assure que sous peu la duchesse nommera premier ministre le marquis de Pianezza. Cette décision surprend ceux qui l'ont entendue dire qu'elle ne l'aurait jamais appelé à cette charge, car il est réconcilié avec la Cour depuis peu de temps et attaché à la France ; ses émules le craignent et le peuple le déteste (i). Le 10 décembre, il écrit :

Le continove dimostrationi di affetto, che il Sig^ Duca fa al Cavalier di Savoia (2), insospettiscono al maggior segno Madama, e la rendono sollecita nell' investigare quai materia trattino questi principi nei loro continui, e segreti colloquij. Il Duca interrogato da qualcheduno destramente per ordine délia madré, hà risposto, che discorrono délia caccia, et il Cavalière hà detto à qualche suo confidente, che non parla con S.A., che di bagattelle, ma che ostenta di dirgliele in segreto per accrescere il fastidio à chi se lo piglia. Si vorrebbe da Madama, che il Cavaliero facesse un altra peregrinatione, e se gli somministrarebbe il denaro, il che sarebbe riuscito facilmente, se ciô fosse stato proposto prima di fargli conoscere il sospetto, che si hà di lui, essendosi egli hora fatto un punto di honore di non partire, perche Madama lo desidera. Si dubita dagli appassionati per le sodisfationi délia Casa del Sig"" Principe di Carignano, che non si pigli la strada délia Francia, e che non si facci al Cavaliero qualche cabala, che oblighi il zio à farlo assentare.

Gli huomini délia montagna del Mondovi ritornano à minacciare di

(i) Et, le 5 novembre, il écrit : que le bruit court de la rupture du mariage et, par contre, que le duc épousera la fille du duc d'Orléans. Toutefois, les préparatifs pour le départ continuent... Les magasins de PigHerol font des provisions.

(2) Le chevalier de Savoie était le second fils du comte de Soissons et de Marie Mancini.

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