LE CHEV. DE SAVOIE QUITTE TURIN
sollevarsi. Si studia ogni arte per impedirlo ; e per levar di là i più sospetti vi si è mandato un offitiale di soldo per comporre cinque compagnie d'Infanteria de più armigeri, che siano in quelle montagne, per metter le di presidio in Verrua, et in Vercelli ; ma si dubita che siano per ricusare di farlo, e si sente, che quelli, i quali erano ricchi dichino, che non sanno come vivere per essergli stato levato il loro, e quelli che sono poveri, faccino le medesime querele per non saper dove rubbare.
Et, le 17, il ajoute qu'on affirme que le roi de France engage Madame à ne pas demander l'investiture à l'empereur de la partie du Monferrat acquise par la Savoie, mais à la France qui possède le reste du Monferrat ; tout cela trouble la duchesse qui, depuis quelques jours, est aussi malade; elle craint que laissant écouler le temps l'empereur ne lui refuse l'investiture. On trouve que Madame finit par ruiner l'Etat à force de taxes pour faire de l'argent et une levée de soldats ; elle paraît aussi regretter de ne pas trouver le moyen de faire partir le chev. de Savoie, voyant que son oncle, le prince de Carignan, n'a pas eu de succès ; toutefois, personne n'a encore osé lui en parler,dans la crainte du chevalier. Il informe aussi qu'en Portugal on annonce qu'il y a eu des tumultes contre le mariage ; enfin on répète que pour réunir de l'argent on a vendu à l'abbé Amoretti deux ou trois terres des plus belles du Piémont (i).
Le 14 janvier 1682, Cybo écrit qu'on désire savoir s'il est vrai que la reine du Portugal soit malade de phtisie, car de Lisbonne on n'a pas de nouvelles (2), Et, le 28, Muzio lui
(i) Le 31, il ajoute que le malaise de la duchesse vient de la maladie de sa sœur, la reine du Portugal, et aussi de la médisance d'une feuille qu'on publie en Hollande contre le mariage du duc ; on a tâché de la faire taire avec de l'or, mais on en demande toujours. Et. à la même date, il dit qu'on espère avoir réussi à ce que le chevalier aille à Malte commander les galères de la Religion ; la duchesse fournira l'argent pour le voyage,
(3) Dans un Avis du 21 de Turin, on lit que le duc de Savoie a commandé beaucoup de ses portraits enrichis de diamants pour en donner aux dames portugaises à propos de son mariage ; et il a remis aussi à la ville 10,000 écus d'or.
2l6 INNOCENT ET LA SAVOIE.
répond que l'on continue à dire que la reine est malade de phtisie ; qu'une personne de confiance de la duchesse dit qu'il n'y a pas de danger mais que si les pertes de sang continuent on ne peut pas savoir si la reine vivra longtemps f ici on hâte le départ du duc, craignant qu'à la mort de la reine on puisse présenter une déclaration préjudicielle sur la naissance de l'Infante (i).
(i) Le i8 mars, il informe que depuis quelques jours le chev. de Savoie prépare ses bagages pour partir ; l'oncle l'ignore et Madame laisse croire qu'elle ne sait rien, craignant l'opposition de la France qui ne veut pas que le chevalier aille en Allemagne ou en Flandre. Et, le 25, il annonce qu'il est parti sans prendre congé de son oncle, le prince de Carignan ; il a dit à tous et à Madame aussi qu'il va à Venise ; on croit que la duchesse lui a fait présent de looc doubles, et qu'elle lui en enverra d'autres plus tard afin qu'il ne revienne pas, car par ses manières violentes et son langage libre il donne du trouble ici ; mais il semble plutôt qu'il va chez son cousin le prince de Bade, qui lui aurait déjà trouvé une place dans l'armée impériale, et l'ambassadeur de France, qui a toujours fait des menaces contre ce projet, a envoyé, après le départ du chevalier, un courrier à Paris. Le ler avril, il ajoute : '
Pare che questo Ambasciatore di Francia si sia persuaso, che la partenza
del Sigr Cavalière di Savoia sia seguita senza la saputa del Principe di
Carignano suo zio, per lo che cessa di minacciare, e tanto piià che havendo
il detto Cavaliero fatta una grossa perdita in Milano, sera constretto di
ritornare in Torino, non havendo altro denaro per proseguire il suo viaggio.
Questo povero signore, che hà più spirito, che condotta, hà scritto una
bellissima lettera a Madame, in cui non solo li chiedeva perdono d'havcr
risoluto di portarsi in Germania senza haverlene dimandata la permissione,
scusando il suo trascorso su la notitia haveva,che S.-Alt» non gliel' haverebbe
potuta concedere, in riguardo de Francesi, ma ancora la pregava stantc la
perdita fatta di volcrlo soccorrere di denaro. Le di lui suppliche non sono
state punto essaudite, essendoseli risposto seccamente, e questo solo era
bastante di fargli comprendere, che si disapprovava, e la sua risolutionc, e
la sua pocaprudenza. Prima che fosse qui arrivato l'avviso délia leggerczza
fatta à Milano dal detto Cavaliero, sento che tanto Madama, quanto il
Principe di Carignano, havevano rissoluto di fargli somministrare in
Germania aiuti sufficienti sotto mano, acciochc vi potesse sussistere (sic)
ogni quai volta fosse vero che ad istanza del Principe di Baden l'Imperatore
gl'havcsse promesso un regimcnto di Cavalleria, del che non ve ne è altra
notitia, che dalla di lui lettera. Il Principe di Carignano si rammarica molto
di tal successo, e stà in una continua inquietiuline per il vivcre poco rcgolato