‹ Innocent XIChapitre 78 sur 430 · COMPLOT CONTRE LA DUCHESSE · texte numérisé non relu

COMPLOT CONTRE LA DUCHESSE

l'Etat, si Dieu rappelle le duc à lui » (i). Mais, le 29, il informe qu'à la Cour on a bien des craintes sur le sort du duc ; son état a empiré et on craint sa mort. La duchesse est désolée et se reproche d'avoir adhéré au transport du duc, l'ayant fait persuader par l'abbé Délia Torre ; en attendant on voudrait l'envoyer à Nice pour changer d'air (2).

Le 5 août, il annonce que sont descendus à Pignerol les soldats qu'on dit destinés pour l'Italie sous le commandement du général Stoppa, qui a aussi loué un palais. Le marquis de la Trousse dit qu'ils ne sortiront pas de Pignerol sans son ordre ; et on a la conviction qu'ils s'y trouvent parce que Madame en a fait voir la nécessité pour la tranquillité du duché ; du reste, l'on en a la preuve dans certaines paroles que le marquis a laissé échapper, à savoir : que la duchesse profite de son séjour en Piémont bien plus que lui-même éprouve de satisfaction d'y demeurer. Les groupes des soldats qui vont de Pignerol à Casai, passent par ici ; on dit aussi qu'il viendra d'autres officiers pour résider à Turin ; enfin tout cela augmente les soupçons de ceux qui disent qu'à Verceil on mettra une garnison française.

Le 12, il écrit : Cadoval est venu me dire qu'il a reçu de Lisbonne l'ordre de rester jusqu'à ce que le duc puisse partir ;

(r) Le 22, il ajoute qu'on expédie les voitures pour Nice, voie de Gênes; cela fait murmurer le peuple, qui craint que la duchesse veuille faire partir le duc, cjuoique malade ; mais au contraire, Cadoval n'admet pas que le roi parte à cause de sa maladie. Du reste, la duchesse, désormais convaincue de la maladie de son fils, voudrait que Cadoval s'en aille de lui-même ; les médecins ont décidé que S.A. doit changer d'air, mais pour obtenir son assentiment ils ont dû dire que Madame ne l'approuve pas, et qu'il doit montrer qu'il est le maître. Demain, le duc partira pour Moncalieri ; à ce point est arrivée l'aversion du duc envers sa mère.

(2) Le 5 août, il déclare que le duc a toujoui-s la fièvre quoique trèslégère ; il a le ventre enflé ; mais malgré cela on parle de lui faire faire le voyage et on assure que le gr. chancelier est allé à Moncalieri afin de préparer les patentes pour la duchesse au sujet du gouvernement ; mais, écritil, tout cela n'est qu'invention; l'aversion du duc envers sa mère augmente.

toutefois, on doute qu'il ait aussi l'ordre de faire partir l'escadre, à l'exception de deux vaisseaux qui resteraient à la disposition de S. A., car si on a besoin d'en avoir d'autres, la France les donnera. A présent, le duc semble enclin au départ, mais n'ayantpasencorele jugementd'un homme sinon quepour la dissimulation qui lui est naturelle, la répugnance le saisira lorsque quelqu'un tâchera de le dissuader.Mais, à lamême date, il ajoute que le duc va mieux, qu'on pense de le faire passer à Racconigi et puis à Nice ; toutefois on a écrit de Lisbonne qu'il ne doit point s'embarquer s'il n'est entièrement guéri. Durant la maladie il est tellement à charge qu'il dégoûte même ses gentilhommes, et le marquis Morozzi a dit qu'il n'ira pas en Portugal.

Le 19, il informe que le marquis de Parella était soupçonné de méçliter d'empêcher le départ du duc, d'être en rapport avec Médina Celi et d'autres. En conséquence, on avait engagé des Suisses, et on a envoyé le chev. Gromis à Milan pour vérifier le complot Le marquis s'étant rendu à Moncalieri, il a eu le soupçon d'être découvert en se voyant traité avec beaucoup de politesse par la duchesse ; en effet, voulant sortir il fit la remarque que toutes les issues du palais étaient gardées. Alors il tâcha de s'en assurer,parlant avec des façons joyeuses et sans gêne avec le marquis Gromis, officier des Gardes, qui à son tour était devenu aimable, de manière que Parella en profita pour aller saluer la marquise Villa, sa tante ; il réussit à prendre un petit escalier de service et, par une porte qui sert au transport des immondices, il sortit du château et se sauva sur son cheval. Le gr. chancelier a été content de sa fuite, craignant des tumultes si on l'avait arrêté, car il est très-populaire ; du reste il ne le croit pas coupable. On accuse de cette confusion l'abbé Délia Torre, qui, après avoir empiété sur les fonctions du président Trucchi, tente aussi d'enlever la secrétairerie d^Etat au marquis de S. Tomaso. Et, le 26/ il annonce qi|e le duc va mieux ; qu'on a ordonné à Parella d'aller à Rome, coupable ou non, car il n'y a pas d'action contre lui ;

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