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LES DANGERS DE L'EMPIRE

gent nécessaire à la Hongrie ; ainsi on a reçu l'avis qu'à cause du manque de solde le vaillant régiment de cavalerie légère magyar de Bargozzi, lequel avait toujours été fidèle, s'est dissous et que les soldats ont passé du côté des rebelles; le fait est grave... Le bruit court de la mort de Montecuccoli, le seul capable d'organiser une armée ; reste Lorraine. Tout est confusion, par suite d'un caprice à vouloir assister à un accouchement. Il n'y a que Dieu qui puisse éclairer, car toute prévision humaine est vaine ». Et, le 27, il répond qu'il garde pour une autre occasion les instructions reçues touchant la matière de la religion à la Diète de Hongrie, car Dieu sait quand elle sera convoquée, et quels troubles pourront se produire pour l'avoir différée. Si S. M. était de retour,elle se rendrait compte du besoin de la convoquer et de satisfaire les hongrois, afin de ne pas les jeter dans les bras des Turcs, et perdre ainsi les biens patrimoniaux après avoir perdu ce rempart (i).

-Le 3 novembre, Bonvisi envoie deux lettres ; dans la première il écrit : « les dangers, qui de chaque côté menacent l'empereur, devraient le pousser à se servir de tous les remèdes possibles, surtout lorsqu'il s'agit d'écrire de simples lettres pour obtenir "que l'Espagne accorde l'exaction des dîmes qui pourraient rendre les Polonais capables d'éloigner ces dangers ; mais on n'a pas encore répondu à ma lettre, toutefois j'ai réphqué par une autre, en ajoutant que le nonce, à Madrid, écrit que peut-être l'Espagne serait bien disposée. Je verrai s'ils se réveillent de la léthargie propre à cette nation, qui prodigue l'argent en mille dépenses inutiles et méprise ce qui vient du dehors, lorsqu'ils voient les dangers éloignés, mais

(i) Dans des Avis de Vienne, on répète que l'électeur de Brandebourg a l'intention de faire embrasser à son fils la religion catholique pour le rendre apte à la succession impériale si S. M. venait à perdre son héritier. Et, dans un autre du 27, on lit qu'on prévoit que, comme Lorraine aura le commandement militaire, la direction de la politique sera réservée à Neubourg.. On a donné les pleins pouvoirs à Lorraine touchant le Tyrol pour éloigner des ministres infidèles ; déjà on n'arrive pas à trouver les comptes pour une somme de cinq millions.

ils sollicitent les secours avec importunité, alors qu'il n'y a pas moyen de les satisfaire à cause qu'ils n'ont pas voulu d'abord coopérer pour les recueillir (i) ».

Et dans la seconde il mande : « on n'a pas de nouvelles de la Pologne ; ici la bonne volonté ne fait pas défaut, mais l'empereur se trouve empêché, étant menacé plus que jamais sur le Rhin; on ne connaît pas de déclaration de l'évêque de Beauvais, ni Mansfeld à Paris n'en a reçu du roi très-chrétien ; les Polonais ne peuvent pas se faire l'illusion, qu'en concluant une fausse paix avec les Turcs, ils obtiendront de l'aide de l'empereur. En attendant, les révoltés hongrois étant d'accord avec le Transylvain pour continuer la rébellion avec de l'argent étranger et avec la possibilité de se réfugier sur le territoire turc, on finira par une guerre contre l'empereur. Je voudrais, conclut-il, coopérer à l'aplanissement de tant de discordes, mais mes forces sont trop faibles ». Et, le 13, il ajoute :

E cosa deplorata da tutti, il vedere che S. M. si soggetti à tanti pericoli délia persona, à tante spese, et à tanti disastri dello Stato, e particolarmente dell' Ungaria, per seguitare l'interessato consiglio di alcuni, che li hanno rappresentato pericoloso il ritornare à Vienna, solo per facilitare la venuta di qualche Prencipe, che poteva farsi venir quà ; Ma molto più per smaltire a più caro prezzo le vetto voglie de i loro béni vicini ; e particolarmente il Capitano del Paese, che hà l'incumbenza de vigilare alla peste, per smaltire le proprie, e quelle che hà comprate per rivendere ; perô appoggiato dà gl'altri occulta il maie, che inevitabilmente soprasta, corne facevano à Praga, che ingannorno talmente l'Imperatore, che l'indussero ad assicurare l'Elettore di Sassonia con lettera, e sotto la sua parola Cesarea, che in Praga non vi era maie, in tempo che già grassava, talchè fidatosi TElettore, e non proibendo il commercio, hà poi veduto impestato miseramente il suo

(i) La veille, il avait annoncé que Zizindorff lui répondit que l'idée absolue de S. M. est de maintenir ce qui a été fixé pour les ambassadeurs : lorsque ceux-ci sont présents les princes seront incognito ; et le nonce administrera le baptême ou fera d'autres cérémonies ; Neubourg, pour le premier, désire avoir d'excellents rapports avec les ambassadeurs.

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