LOUVOIS ECRIT EN FAVEUR DE PIANEZZA
Sente la marchesa di Pianezza molto più lo slontanamento di questo Padre, che la cattura del marito, quale spera di tirar fuori dalla prigione, fondata su le promesse fattegli dal marchese di Lovvoy per mezzo del marchese délia Trousse, et qualcheduno dice ancora con una lettera di lui, e vi è chi asseverantemente afferma haver il marchese di Pianezza nel principio di questo suo trattato notificato quanto era sul tavoliere al detto marchese di Lovvoy.
Non è sola la marchesa suddetta a piangere l'accidente del padre Provana, incontrando il dispiacere universale per le grandi fatiche che faceva in profitto délie anime, e per il gran concetto di bontà di vita che gli correva. etc. (i).
Le même jour, dans la troisième, il écrit que l'ambassadeur de France a reçu l'ordre de son roi de faire en sorte que la duchesse écrive à la reine de Portugal, que tout en désirant le mariage du duc, et au cas qu'il ne puisse pas avoir lieu, elle veuille conseiller sa sœur de rompre toute négociation avec Neubourg ou un prince de la Toscane, lui proposant un prince français ; on croit qu'il s'agit du frère du prince de Conti, duc de la Roche (2). Et, le 17 février (3), il informe qu'il vient d'arriver un courrier de la part du comte de Gubernatis, de Lisbonne, portant le collier de perles, don des nonces, et annonçant que le mariage est considéré comme rompu ; que l'on ne veut pas d'un prince français et que le préféré
(i) Et, le 20, il écrit que c'est une illusion de la marquise de Pianezza de croire que le très-chrétien s'intéresse au sort de son mari ; celui-ci a travaillé contre les désirs du roi de France, qui désire que l'autorité de la duchesse se révèle toujours devantage.
(2) Mais, le 27, il annonce que la reine du Portugal a écrit à sa sœur pour se plaindre qu'à cause du mariage manqué elle avait perdu de son prestige auprès de la population du royaume. Cette lettre a bien affligé la duchesse qui voit aussi que le duc veut devenir chaque jour plus indépendant. Toutefois, on croit que ce soit le résultat des inspirations de l'abbé délia Torre qui le pousse à démentir le duc de Cadova^'qui aurait dit que dans le duc il n'y avait aucun sentiment de prince.
(3) Le 10, il informe que sous peu partira un courrier pour Paris afin de négocier la vente du duché d'Aumale — propriété de Madame — au roi en faveur d'un de ses fils naturels.
serait un Toscan, voulant que l'Infante reste souveraine (i). Et, le lo mars, il écrit que les mécontents prétendent qu'il y a discorde entre le duc et sa mère, mais ils se trompent ; on ne voit pas ce qui peut justifier cette désunion. La duchesse tâche de lui laisser une certaine liberté, tandis que le duc, timide et irrésolu, n'oserait arriver à des résolutions extrêmes car Madame aurait l'appui du roi très-chrétien.
Le II, il annonce que le ministre de France a reçu l'ordre de son roi de travailler auprès de Madame en faveur de Pianezza, et de dire aussi à la duchesse que S. M. enverra un officier pour commander les troupes. Le 17, il dit qu'il se vérifie que Louvois a écrit qu'il ne trouve pas dans le fait de Pianezza un délit méritant une telle rigueur, que S. M. en a besoin et que s'il ne peut pas rester en Piémont qu'on l'expédie en France. On envoie un commandant des troupes parce qu'il est impossible d'en trouver d'habiles : D. Gabriel est vieux, Brichanteau inapte pour cet emploi. On dit que pour ne pas accepter les propositions de la France on appellera comme lieutenant général le comte de Rovelle, fils du feu comte Broglio ; un brave soldat du Piémont (2).
(i) Le 10, Cybo avait écrit ; « plus sont exactes les nouvelles touchant les affaires de la Cour, desquelles en ce moment dépend la tranquillité de l'Italie, d'autant plus elles sont agréées. V. S. doit donc mettre en œuvre son attention habituelle, avec la certitude d'en recevoir des louanges. »
(2) Le 24, il informe qu'on dit que la France presse toujours Madame pour qu'elle accorde la garnison de Verceil, la trouvant insuffisante à la défense ; et on ne croit pas au démenti de l'ambassadeur de France ; au contraire on craint qu'elle y consente ; elle a besoin de l'appui de la Couronne et il paraît difficile qu'elle puisse maintenir l'autorité dont elle jouit, car à tout moment il y a des questions avec le duc, qui pourraient dégénérer en rupture complète ; c'est cette situation qui fait qu'on laisse les Français être plus maîtres que le duc même ; on l'a vu tout à l'heure lorsque de la Trousse a obligé Madame à expédier un courrier au chev. de Savoie pour lui défendre de venir comme il l'avait tiécidé ; et ce marquis ne permet pas non plus qu'on fasse grâce à Parella sans son consentement, lui reprochant d'être partial envers les Espagnols.