CARIGNAN DECIDE DE SE MARIER
Le 31, Muzio informe que le prince de Carignan s'est rendu au Sanctuaire d'Oropa pour implorer le secours divin et se décider à suivre les exhortations de sa mère, qui de Paris lui conseille le mariage. Il hésite toujours, et il ne paraît pas que la duchesse le pousse ; on craint aussi que la France ne l'empêche. Et, le 14 avril, il continue :
Dicesi che il Sig^ principe di Carignano sia risoluto di maritarsi,e che habbia già scritto alla madré, che preven^hi il Re di Francia, accio che non solo non si opponghi a questa sua determinatione, ma che di più l'approvi. Non ha di tutto cio fatto motto a questa corte, e per quello che mi vien detto, non le ne parlera prima, che la principessa di Càrignano habbia parlato al Re, temendo. egVi che il consenso datogli da Madama di maritarsi sii stato sul supposto, ch'esso non si portasse giamai ad una taie risolutione, e che in conseguenza potesse ella fargli fare délie opposition! in Francia, dove a mio credere ne troverà di moite, havendo io medesimo sentito da qucvSto Sig^ Ambasciatore di Francia, che il suo Re non sii mai per approvare, che il detto principe si mariti, perché renderebbe miserabile la casa del conte di Soyssons, già stabilita nel suo regno.
Le 28, le nonce écrit, qu'à l'improviste, le chev. de Savoie est arrivé malgré la défense de la France ; mais le chevalier prétend n'avoir pas reçu de lettres, et être venu pour supplier Madame de lui remettre la pension qu'elle payait au comte de Soissons, laquelle pension avait été suspendue, depuis quelques jours. Il paraît qu'on s'est tranquillisé, d'autant plus qu'il dit partir pour l'Allemagne (i).
(i) Le chevalier de Savoie repartit bien vite pour rAllemagne;engagé sous le commandement du duc de Lorraine chef de l'armée impériale; il commanda un régiment, mourut d'une blessure après un fait d'armes sur le Danube quelques jours avant la délivrance de Vienne, et fut remplacé au commandement par son jeune frère Eugène, qui devint plus tard le prince Eugène, le fameux général de l'empire. C'est de ce jeune prince, que parle la dépêche du nonce en date du 30 juin 1683. ■*
Non ostante che Madama all'hora quando fu qui la contessa di Soissons promettesse di nominare per la prima vacanza dell'Abbadia di Casanuova* che non si controvcrte di Juspatronato, il principe Eugenio ultimo figlio di
Le 26 mai, Muzio écrit : dans la semaine il y a eu une forte question entre le duc et la duchesse ; le fils se plaint que la mère ne l'aime pas et que rien ne montre qu'il est le souverain, de sorte qu'il voulait ordonner que dorénavant tout fût présenté à sa signature et que la garde des archers devait passer dans son appartement ; par contre, la duchesse dit que son fils ne lui montre que de l'aversion, voulant toujours la priver du commandement avant le temps. Grâce à l'intercession du gr. chancelier, du marquis Morozzi et du comte Mercessasco, la paix a été conclue ; on a réfléchi que le duc eut dû avoir un Conseil, lequel aurait décidé contre ou en laveur de la France ; le premier cas pouvait entraîner une rupture ou des ennuis. Le marquis de la Trousse a coopéré à l'accord même avec des menaces, laissant comprendre que son roi ne veut pas que le duc exclue sa mère du gouvernement, car, au moins en apparence, elle se montre favorable à la France bien que, dans son cœur, elle ne le soit pas, tandis que le duc v est contraire. On dit que ces discordes peuvent causer la chute de l'abbé délia Torre (i).
Le 2 juin, il avertit que le nonce en Pologne lui a remis deux lettres du roi pour Madame et pour le duc, dans lesquelles S. M. demande le régiment des dragons promis jadis à Lubomirski ; mais qu'il est bien difficile que dans l'état
detta contessa, Sua Altezza ha presentcmcnte, forse havendo qu<ïsto lasciato l'abito cléricale, fatto il biglietto di nominatione per la prima vacanza all'Abbate Pallavicino, purche acconsenta alla pensione di due mila lire di Piemonte a favore dell'Abbate Duchi, l'uno, c l'altro di merito, e l'ultimo di maggior esemplarità di vita. Tutto ciô sino ad hora non si è publicato ; et io ne sono stato avvisato da persona sicura. L'abbale Amoretti che gode di présente detta Abbadia vivendo fra Capuccini, per la medesima astinenza, pensa di vivere tanto tempo, che forse potranno non baver effetto le nominationi di Madama etc. /
(i) Le 29 juin, Cybo lui répond : « N. S. serait bien content d'apprendre qu'il y a une bonne entente entre le duc et la duchesse, non seulement dans l'intérêt du duché, mais aussi de cette Cour Sérénissime. »