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LE DUC PREND LE GOUVERNEMENT

de se retirera Racconigi et de ne plus paraître à la Cour si le comte venait à Turin. La duchesse, craignant des désordres, avec sa prudence conseilla à son fils de faire que le comte retournât à Paris.

Le 24, il annonce :

Madama con quella medesima intrepidezza, con la quale offerse al Sig^ Duca prima che andasse in Savoia di disfarsi del governo, ne ha eseguita la risolutione, havendo sabbato scorso fatto chiamar tutti i capi de magistrati, a quali dopo un polito discorso ordinô, che in avvenire si portassero da Sua Altezza par le occorrenze del governo. Subito che ritorno il marchese di S. Tomaso lo mando da me, e dall'ambasciatore di Francia a darci parte di questa sua risolutione, et a dirci, che potevamo indrizzarci al Sig^ Duca per esporgli le nostre rapprensentationi. In adempimento di tutto cio Sua Altezza ha di già principiato a comandare independente mente : et Madama non solo riguarda con indifferenza, e costanza la privatione dell'autorità, ma con disinvoltura ancora mostra di non far caso di certi puntigli del cerimoniale ne quali si crede pregiudicata, e particolarmente nel numéro délie guardie, e nella qualità degli officiali, che devono assistera alla sua persona.

Il Sig^ Duca ha prelisse le hore, et i giorni per il consiglio, e per le udienze, accio che il peso del governo gli riesca meno penoso, e non vi manchi di applicatione. Sin hora non si sa chi sia per essere il confidente. Il présidents Trucchi si è scusato con Sua Altezza medesima sul pretesto dell'età di non potersi caricare di maggiori occupazioni. I parziali dell'abbate délia Torre publicano il di lui ritorno alla fine di Agosto : ma l'universale non lo crede, et il Sig^'Duca è cosi cupo,che non si possono penetrare i suoi sentimenti, li quali saranno sempre différent! da quello, che farà cognetturare [si •] dall'apparenza.

Il consiglio si è principiato a tenere nel palazzo, che qui chiamano Reale, nel quale habita il Sig'" Duca,senza che vi habbia assistito,nè vi sia stata chiamiata Madama. etc.

Le 8 juillet, il écrit qu'ayant demandé au duc des secours pour l'empereur contre les Turcs, S.A. lui répondit qu'elle regrettait de ne pouvoir en donner, car ayant été obligée de faire de grandes dépenses elle n'a pas d'argent, s'agissant d'une guerre pour laquelle il donnerait son propre sang. « J'en ai parlé aux ministres ; peut-être, y a-t-il à espérer qu'après la conclusion de la trêve on pourra envoyer quelque

chose, les troupes n'étant pas nécessaires pour la défense de l'Etat > (i).

Le 15, Muzio annonce que Madame a répondu à N. S. pour le remercier des paternelles expressions contenues à son égard dans la lettre de S. Em. ; et qu'ayant manifesté le désir de se retirer en Savoie, le duc le lui a défendu. On croit que, pour longtemps encore, elle trouvera une grande opposition en son fils dans tout ce qu'elle peut désirer ; de même que le roi ayant rappelé au duc l'obligation de contenter sa mère, S. A. en fut mécontente. Il y a eu aussi quelque mésintelligence entre le duc et sa femme, parce qu'il a fait retourner à Paris deux dames qui l'avaient accompagnée ici. Toutefois, la princesse s'est aussitôt tranquillisée, se persuadant que la langue et leurs lettres à Paris avaient été de justes motifs pour les faire partir (2). Et, le 16 août, il écrit : que s'étant rendu chez le duc pour le saluer avant son départ pour le camp militaire, S. A. l'a chargé d'assurer S. S. que cette institution de factions militaires n'a d'autre but que de réduire à l'obéissance quelques sujets de Ceva, qui se sont révoltés, alléguant des prétentions de privilèges (3). Et, le 6 septembre, il ajoute qu'on a

(i) Et le même jour, il répond à Cybo qu'il a trouvé plus prudent de ne pas parler au duc de Madame selon les ordres de S. Em. afm que S, A. ne puisse croire que sa mère s'est fait recommander au pape par le card. d'Estrées, . ce qui exciterait encore sa jalousie, car il craint qu'elle veuille reprendre le commandement ; j'ai trouvé plus prudent de laisser au temps de lui faire comprendre qu'il est son fils ; mais il assure qu'en parlant au duc, il a manifesté que S. S. estime beaucoup la duchesse pour son talent et sa prudence.

(2) Et, le 29, Cybo lui répond : « N. S. a bien agréé la lettre de Madame, pleine de sentiments de reconnaissance et de respect pour ceux d'affection paternelle annoncés par V. S. à N. S. ; on mande à Madame un bref par l'entremise de Provana. En attendant, V. S. peut assurer S. A. de la bienveillante disposition de S. S. à l'assister de ses offices paternels en ce qui peut lui être nécessaire. »

(3) Le 2, Muzio avait informé que les parents de Pianezza et de Druento insistent toujours pour leur mise en liberté ; peut-être que le duc serait

favorable au second, mais il craint qu'on lui reproche d'être partial et injuste envers le premier, dont les ennemis insistent pour qu'il reste prisonnier. Et, à ce sujet, le 23 décembre, il ajoute que l'ambassadeur de

LES TROUPES DU DUC n'iRONT PAS A GÈNES. 249

tout arrangé pacifiquement ; et que le duc se rend à Mondov où les citoyens ont présenté les actes de leur soumission.

Le 7, il écrit encore que le bruit court que le duc aurait offert au très-chrétien ses offices et ses troupes contre les Génois, et cela à l'instigation de Soissons et d'autres jeunes gens en compagnie desquels vit S. A., provoquant le mécontentement des ministres. Une personne digne de foi m'assure que le roi n'a fait aucune instance au duc pour que S. A. doive maintenir le campement militaire, et on croit que l'ambassadeur de France ne ment pas lorsqu'il dit ignorer que son roi prenne part à ce campement ; on dit même que S. M. le désapprouve. Mais, le 14 octobre, il annonce qu'on attend la rentrée du duc et qu'on ne met pas en doute que S. A. n'ait offert son action et ses troupes sans spécifier contre qui et aussi avec la certitude morale que le roi n'acceptait pas l'offre, parce que le marquis Ferrero ambassadeur à Paris écrit que S. M. désapprouve la résolution du roi touchant le campement. Chacun assure que le courrier de Paris apporte non seulement la désapprobation royale pour tout ce qu'on a fait, mais quelques lazzis d'officiers à ce sujet. Par suite de tout cela ses ennemis sont devenus plus vigilants, car ils ont dit que le duc voulait introduire ses troupes à Mantoue ; à Milan on a arrêté son courrier, en costume de batelier, porteur de dépêches à ce sujet. Et, le 28 octobre, il ajoute :

Questo ambasciatore di Francia in esecutione degli ordini del Suo Re ha parlato con premura al Sig'' Duca,et ai ministri accio che S. A. si trattenghi con la moglie piii di quello, che fa, che si diporti con Madama con maggior amore, che dismetta la risolutione di andare a Venetia questo carnevale, et in fine accioche levi il consenso dato al principe di Carignano di maritarsi ogni quai volta non lo voglia eseguire in Francia. Sopra l'andata a Venetia mi vien detto, che l'ambasciatore tenghi ordine di parlargli bruscamente, caso che non si rendi aile prime insinuazioni, che gliene facesse ; e quanto al principe di Carignano fu

France plaide les demandes des parents, mais en son propre nom ; et que le duc et Madame sont indifférents, mais que les ministres s'opposent parce que si Druento est ino£fensif,Pianezza intrigue toujours et il faut trouver un moyen pour se préserver.

hieri spedito da S. A. il marchese Morossi a ritrovarlo a Raconigi per eseguire gli ordini di S. M christianissima. Si stà con curiosità dell'esito délia negotiatione del marchese sudetto, figurandosi ogn'uno, che piccola non debba essera la pena di lui in persuadere quel signore di natura inflessibile, e che per l'imperfettione délia lingua, e più dell'udito, rende malagevole, anche a quelli che lo pratticano di continuo, di negotiare con esso particolarmente sopra materia, ove vi habbia délia prevenzione, e délia passione ; quali considerazioni fanno stare in dubbio se egli sia per arrendersi, o pure sia proseguire la presa risolutione di maritarsi in Italia, dove qualcheduno dice ; che habbia già presi impegni tali da non potersene liberare senza scapito délia riputatione ; ma non ho potuto sapere se quest'ultimo sia vero etc. (i)

Le 16 décembre, Cybo lui écrit que si N. S. désire que S. A. cède ses troupes à la république de Venise, ce n'est pas pour faire augmenter les dépenses du trésor ducal, mais plutôt pour les diminuer (2). Et, le 27, il ajoute, que la trêve étant conclue entre les deux Couronnes, S. A, n'a plus besoin de maintenir des troupes sous les armes.

C'est à cette époque qu'eut lieu le mariage du prince Emanuel Philibert de Carignan avec la princesse sœur du duc de Modène. C'est un mariage qui eut une grande importance soit par l'hostilité de Louis XIV, soit parce que de cette

(i) Et, le II novembre, il écrit qu'on dit que le roi très-chrétien est mécontent du duc et qu'il le menace d'une manière couverte de vouloir que la mère soit de nouveau informée du gouvernement ; mais Madame veut rester étrangère à tout, quoique son fils se montre plus déférent envers elle.

(2) Et, à la même date, Muzio l'informait que le marquis de S. Tomaso est venu lui donner la réponse touchant l'aide militaire à Venise, et S. A. ne peut encore rien décider sans être sûre de la tranquillité de la chrétienté. « Le marquis, ajoute-t-il, ne m'a pas dit que c'est la question de Gênes qui embarrasse, mais c'est la vérité. J'ai demandé aussi si le bruit de la descente de français en Italie a du fondement, mais je n'ai rien pu savoir, sinon que dans le Dauphiné il y a 14,000 soldats.» Et, lo'30,il répond que ce n'est pas pour la question d'argent qu'on ne prend pas une décision, car on voulait même envoyer de la cavalerie en Allemagne, mais c'est seulement à cause des inquiétudes.

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