LE PRINCE DE CARIGNAN VEUT SE MARIER. 25I
manière la Maison de Savoie a continué à avoir des descendants.
Le duc Charles Emanuel I, mort en 1630, eut trois fils : Victor Amédée I dont les descendants ont maintenu la Couronne jusqu'à Carlo Felice en 1831, le prince Maurice qui fut cardinal et le prince Tomaso qui prit le nom de prince de Carignan et épousa la princesse comtesse de Soissons ; le prince eut deux fils : Emanuel Philibert prince de Carignan et Eugène Maurice qui porta le titre de comte de Soissons ; il épousa Olimpia Mancini qui lui donna trois fils : le comte de Soissons, le chevalier de Savoie, mort jeune à Vienne et le fameux prince Eugène ; et l'aîné, le seul marié des trois n'eut pas de descendants mâles. Ce furent donc les descendants d'Emanuel Philibert, par Charles Albert, qui continuèrent la descendance de la Maison. Voici les détails de ce mariage.
Dès le 6 mars 1683, Mgr Muzio informe Cybo que la princesse de Carignan a écrit de Paris à Madame, l'engageant à insister auprès de son fils le prince, pour qu'il se marie ; et qu'il remit les lettres au prince qui lui répondit qu'il prie toujours Dieu pour qu'il l'inspire sur ce qu'il a à faire ; il a pris temps jusqu'à Pâques. La duchesse ne veut pas trop insister afin de ne pas se faire ennemis, lui et Soissons aussi, qui pourrait lui succéder.
Le 29 juillet 1884, Muzio écrit à Cybo :
11 prencipe di Carignano persistendo nella volontà di volersi maritare, scrisse la lettera avvisata con le passate, e la consignô al Marchese Morossi, e conte di Magliano per presentarla al Sig^ Duca. Conteneva questa, che volendo egli riparare l'affronto, che il conte di Soissons suo nipote haveva fatto a tutta la casa di Savoia con nozze cosî improprie, e volendo obedire alla principessa di Carignano sua madré, che premurosamente lo sollecitava ad accasarsi, haveva rissolutodi farld, ogni qualvolta Sua Altezza gl'havesse dato il suo consentimento. Il Sig^ Duca parimente con una lettera gli ha risposto, che lo lasciava in piena libertà di far quello che voleva, pregandolo solo di avvisargli, prima di concludere, la persona con la quale le nozze dovranno seguire. La difficoltà è, che trovi la moglie a suo modo, e che la Francia non vi si opponghi, come probabilmente si teme che farà. etc.
Le 2 août, il annonce que l'ambassadeur de France a été mécontent de la permission donnée par le duc au prince de Carignan de se marier et il en a écrit à son roi ; on attend la réponse de Paris. Mais, le 7, il ajoute que le duc presse le prince de lui donner le nom de la princesse qu'il a choisie, afin de pouvoir répondre au roi s'il en écrit. Et, le 12, il continue :
Mi vien detto che la premura, che mostra il Sig"" Duca. che il Sig^ principe di Carignano si mariti, provenghi totalmente dall'haver scoperto che il conte di Soijssons, e dopo lui il principe Filippo suo fratellOjbambino, circa due anni sono, ceduto al Re di Francia tutte le ragioni, che potessero a loro spettare per la successione di questo stato in mancanza del Sig'" Duca di Savoija senza figlioli. Resto sorpresa questa corte quando Sua Maestà christ iajiisima riconobbe con le honoranze costumate per contessa di Soijsson la di lui moglie, ma non si potè persuadere che detti prencipi, e particolarmente l'ultimo, si fossero portati ad una tal'estremità. Hora si tiene percerto, e si spera di haver in brève, copia del contratto medesimo, supponendosi che l'ambasciatore di Venetia in Parigi, che ha scoperto tal fatto, l'habbi per le mani.Il detto prencipe di Carignano ha dato al Sig'' Duca la nota délie principesse, con le quali aspirarebbe di accasarsi ; e sono una figlia del Sig'' Duca di Parma, una figlia del fu prencipe Borso di Este, et una délie figlie del Sigr Duca délia Mirandola. etc.
Le 19, il informe qu'à la suite de l'approbation du duc le prince a décidé d'envoyer son ami le P. Magliavacca, milanais cistercien, abbé de Caronna, aux Cours de Parme, Modène et Mirandola pour lui choisir la princesse à marier ; toutefois tout peut être dérangé par l'arrivée inattendue du comte de Soissons à Novalesa, où on a envoyé des chirurgiens car il s'est blessé à la tête en tombant de cheval. Le prince de Carignan est fâché et ne veut pas le loger, de manière qu'il demeurera à la Cour ; on dit qu'il est porteur de lettres royales pour empêcher le mariage. Le 26, il annonce que le cistercien est parti ; mais qu'on craint que le roi s'oppose au projet de toute manière ; se servant aussi des domestiques du prince, malgré le travail de la princesse de Carignan.
Le 20 septembre, Muzio informe que l'ambassadeur de France transmit au duc, au camp, la lettre du roi, en don-