TENTATIVES DE PARIS CONTRE LE MARIAGE
nant aussi une copie au secrétaire du prince. Et, le lendemain, il reçut la réponse que le prince n'a rien fait sans le consentement de son duc et que, dans l'avenir, il continuera à faire de même. « On m'assure, écrit-il, que le prince a déjà écrit à sa mère, à Paris, de prier le roi de lui laisser la liberté du choix » (i). Le 23, il ajoute :
Mi è stata mostrata una lettera scritta dal Re di Francia a questo suo ambasciatore, nella quale gli dice di non pretendere d'impedire al principe di Carignano il maritarsi : ma che considerandolo come erede presuntivo délia Savoia, e Piemonte, e potendo dubitare, che chi lo consiglia non lo attacchi al partito Austriaco con il matrimonio, vuole che pigli in moglie una Francese, dichiarandosi di haver per sospetto [sic] ogn'altra principessa che pigliasse fuori del suo Regno. Ordina di più al detto ambasciatore di portare questi suoi sentimenti al Sig^ Duca, di fargli sapere al principe di Carignano, ai suoi domestici, et a' ministri di Sua Altezza, con minaccie di far pentire il medesimo principe se farà altrimente. Dalla data di detta lettera si conosce essere stata mendicata di qui dopo che vi è giunto il conte di Soysson : e comunemente si crede che in Francia se gli difficulterebbono le nozze quando egli si risolvesse di farle trattare con qualche principessa in quel regno.
Le 30 octobre, Mg"r Ranucci, nonce à Paris, informe Cybo qu'une personne bien renseignée l'a assuré que l'envoyé de Modène, en quittant Paris, est allé en Angleterre d'accord avec les ministres du roi, en vue d'obtenir du duc d'York qu'il conseille l'expulsion de Modène du prince César, pour satisfaire le très-chrétien qui craint que le prince puisse être renseigné sur le projet de mariage, que S. M. désirait, du prince de Carignan avec une princesse française : et qu'en tout cas le prince Philibert n'eût pas à contracter ce mariage avant d'en donner participation à S. M. (i).
Le 4 novembre, Muzio écrit que le marquis Morozzi a été envoyé chez le prince de Carignan ; il le trouva très agité et ne put obtenir d'autre réponse sinon qu'il avertirait sa mère
(i) Le 21, Muzio avertit Cybo que la princesse n'a rien obtenu du roi, et elle engage son fils à ne pas se laisser intimider, et de donner cours à son projet d'épouser une princesse de Modène.
de tout, et déciderait ce qu'elle lui ordonnerait, se remettant en tout ce qui le touche entre les mains de Dieu. « Il y a qui dit, écrit-il, que le prince a déjà envoyé le Père abbé avec une procuration à Modène pour épouser la princesse ». Enfin le II, il annonce :
Il principe di Carignano incontro hier l'altro la principessa di Este sua sposa in Magliano terra del Piemonte, diocesi di Alba, dove ratificô con essa il matrimonio celebrato in Modena in suo nome con mandate di procura, e questa sera doveva giungere con essa in Raconigi. Il conte di Soisson strepita, e non meno di lui l'ambasciatore di Francia. Il Sig^ Duca internamente gode, che ciô sia seguito, ma nell' esteriore è costretto a regolarsi in modo da non irritare il Re di Francia. Domani si deve tenere un consiglio straordinario sopra questo particolare per risolver quello si debba fare in tal contingenza.
Le i8, il avertit que dimanche est arrivé à Racconigi le prince de Carignan avec sa femme ; S. A. en a envoyé aussitôt l'avis à la Cour, mais le duc n'a pas voulu lui donner audience. On a expédié immédiatement un courrier en France pour avertir S. M. que le duc n'y avait pas coopéré, et on envoya à Racconigi Don Gabriel (i) dire au prince de ne pas paraître à la Cour. « On voit, écrit le nonce, que tout cela est fait pour tranquilliser le roi, mais les Piémontais sont tous
(i) Le 25, il ajoute que Don Gabriel avait trouvé le prince prêt à obéir de ne pas se présenter à la Cour. Hier, après l'arrivée des courriers de Paris, le duc tint deux conseils. On dit que le roi très -chrétien, à la suite de l'annonce du mariage, a rélégué à Nantes la princesse de Bade, sœur du Carignan, renvoyé le résident de Modène, et ordonné à la princesse de Carignan de ne plus paraître à la Cour; et il demande au duc d'exiler de ses Etats le prince et de déclarer son mariage nul. S, A. aurait répondu à l'ambassadeur qu'il était tout disposé à exiler le prince, mais que la nullité du mariage était une affaire de l'Eglise. Hier soir, on a envoyé à Racconigi l'abbé de Verua, malgré sa répugnance à communiquer l'exil au prince, lui conseillant de se retirer dans les Etats du pape afin que la France ne puisse soupçonner que tout cela est l'œuvre des autrichiens, quoique l'opinion publique soit qu'il existe un contrat entre le roi très-chrétien et Soissons. Il n'e^t pas invraisemblable que le roi s'aigrisse lorsqu'il saura que le comte Melgar a offert au prince la demeure à Milan. Et, le lendemain, il ajoute que le prince se retirera à Bologne.