LE COUPLE CARIGNAN SE FIXE A BOLOGNE
de l'archevêque pour décider si, manquant au mariage l'assentiment.du souverain, le mariage est nul et si un prince laïque peut invalider un mariage. Les théologiens ont répondu négativement sur les deux points. Toutefois on assure que le résident de Savoie à Paris a écrit que le roi avait demandé une chose seule : l'exil ou la nullité du mariage (i).
Le 14, Cybo annonce à Ranucci, qu'à Bologne on attend le prince Philibert de Savoie, avec son épouse, venant du Piémont, et que le marquis Campori, ministre du duc de Modène, lui a trouvé le logement.
(i) Le 9, le nonce continue : le prince a écrit au duc qu'il se trouve hors du Piémont en route pour les Etats de l'Eglise. On a présenté à l'ambassadeur de France la délibération des théologiens;il s'est plaint de ce qu'on n'a cité ni S. Augustin ni S.Bernard, L'ambassadeur dit aussi que son roi avait demandé que le prince de Carignan fût déclaré incapable de succéder; qu'il soit privé ou suspendu de recevoir son apanage. Mais le duc a été instruit par le gr. Chancelier, qui a été toujours favorable à ce mariage, de répondre au roi, si S. M. lui répète cette demande, par l'exemple du prince Maurice auquel on a restitué l'apanage après la consultation des théologiens, lorsque son frère le lui a séquestré pour avoir comme cardinal accepté la protection de l'empire; et aussi parce qu'au fond ce serait l'affaire de l'empereur, duquel relèvent en grande partie ses Etats comme fiefs, et on donnerait au prince le motif pour en prendre l'investitu/e de l'empereur et à^S.M. de la concéder lorsqu'il croirait qu'on ne procède pas régulièrement. On a envoyé le comte de Partengo à Paris ; il a été bien accueilli par le roi et on attendait la réponse de S. M., toutefois on a noté que le duc d'Orléans a fait visite à la princesse de Carignan avec la permission du roi.
Innocent XI — III. 17