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PRÉTENTIONS DE VENISE SUR LE GOLFE

Ottoboni. < S. S. a toujours répété, déjà au temps de Zeno, qu'un nouvel ambassadeur ne doit pas penser à user du Quartier ; c'est pourquoi la République ne peut prétendre à avoir à Rome ce qu'ont les ambassadeurs de France et d'Espagne. On ne doit pas continuer à dire à Venise que N. S. a peu envie d'arriver à un accommodement ; c'est au contraire S. S. qui peut dire que les Vénitiens ne veulent pas concéder des choses justes ; la restitution des huiles, des droits perçus et de la tartane française ; et, quant au Quartier, V. S. trouvera dans les Archives que le pape non seulement ne voulait pas Zeno, mais tout ambassadeur prétendant au Quartier •» (i). Mais, le 24, Jacobelli annonce que, parlant avec le patriarche, il lui a fait part du désir de Rome que l'ambassadeur de Venise y ait une situation analogue à celle que le nonce a à Venise, mais lui faisant observer que la difficulté était la prétention de la République au Quartier et que, même si l'on envoyait un ministre inférieur en grade, il serait accepté ; mais Monseigneur répondit que subsistera toujours la question des ambassadeurs de France et d'Espagne.

Le 9 mars, Cybo engage Jacobelli à ne pas croire au bruit qu'entre Rome et Venise existent des difficultés dans les rapports actuels (2).

(i) Le 31 janvier, Airoli informait Cybo que le comte gouverneur, en plusieurs conversations, a exposé au résident vénitien les dangers des temps actuels et la nécessité d'une ligue entre les princes pour leur défense réciproque ; le résident a répondu qu'il comprenait la valeur des conseils, mais que d'abord il est nécessaire que, à Milan, on mette les choses en situation de pouvoir prétendre aux secours et à les accepter. Et, le 7 février, il ajoute qu'on dit que de Madrid est arrivé l'ordre au gouverneur d'enrôler, mais on croit que les espagnols prendront peut-être quelque mesure, mais ce ne sera que pour pousser les princes voisins à former la ligue ; et quelque ministre a dit au comte Mélégar de faire du bruit, en amplifiant les espérances de Madrid.

(2) Et, le 13 avril, il lui écrit qu'il verra, d'après le feuillet qu'il lui a transmis, la vérité à propos de ce qui est arrivé au palais de S. Marc et si sont mensongers les rapports sur le card. Ottoboni et les procédés de

Le 2 mars, Jacobelli informe que dimanche le comte Délia Torre, ambassadeur impérial, lui a dit avoir reçu l'avis que des barques chargées de sel ont été arrêtées dans le golfe et que l'empereur lui avait ordonné de faire des démarches pour obtenir leur mise en liberté, agissant d'accord avec les ministres du^ pape. « J'ai répondu que c'est une des questions toujours ouvertes, et le comte répliqua que peut-être Radzivill par l'entremise de son roi pourrait obtenir l'accord, et il me demanda une copie du Concordat ; mais n'en n'ayant pas, j'ai indiqué la relation détaillée qu'en fait le P. Oderico Rinaldi dans ses Annales ; je prie même V. Em. de m'envoyer une copie du Concordat... Ce matin, ayant revu le comte à S* Marc, il m'annonça qu'il avait reçu l'avis que l'on avait relâché les barques » (i). Mais, le 30, Cybo lui annonce qu'on lui a fait savoir que les Vénitiens ont imposé un droit de 12 % sur toutes les marchandises qui passeront par le golfe et ne se dirigent pas directement à Venise ; et que l'ordre a été

cette Cour. Le 20, il ajoute que c'est un malheur pour Ottoboni que ces Messieurs ajoutent si facilement foi à ces rapports. Il est vrai qu'on a arrêté un domestique (scoppatore) de S. Exe. mais c'est par son ordre, et le cardinal dans l'incident du tabac et. dans les autres choses qui le regardent, n'en a jamais fait part aux ministres de S. S., par conséquent on ne peut pas dire qu'il y a eu atteinte au prétendu Quartier. Mais, à la même date, Jacobelli lui annonçait que dans le Pregadi on avait donné lecture des informations d'Ottoboni. On trouva que tout s'était passé régulièrement, et le Doge a dit que le cardinal est rétabli dans l'estime publique dont il a toujours joui, quoiqu'il ait des émules. « Le duc de Radzivill écrit-il, m'a dit qu'il espère beaucoup dans une alliance avec les Moscovites, et que, si elle se conclut, à son retour de Rome il compte réussir à en conclure une avec Venise, bien que des sénateurs aient soulevé des doutes, car de précédentes tentatives n'ont pas abouti, mais le duc a répondu que cela eut lieu, au temps du roi Casimir, parce que l'accord fut stipulé sans le consentement de la diète, qui le rompit, mais à présent la chose serait différente ».

(i) Le 23, Cybo lui répond que pour différentes raisons on a résolu de ne pas livrer la copie du Concordat de Jules II ; « et V.S. doit se désengager vis-à-vis du résident impérial. Du reste, le P. Oderico, dans sçs histoires, y a reproduit le texte du Concordat, qui se trouvait dans les Archives du château Saint-Ange et, pour mieux convaincre le lecteur, il cite Guicciardini ».

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