‹ Inscriptions antiques (volume 2)Chapitre 11 sur 101 · II. p. 214. — Allmer et Dissard, Trioii, p · texte numérisé non relu

II. p. 214. — Allmer et Dissard, Trioii, p

Galerùis, Caii libertus, Félix, , ex testamento, arbitratu

Ga

« Galerius Félix, affranchi de Caius (Galerius) ; , a

« ordonné par son testament l'érection de ce tombeau, par les « soins de Ga ».

La syllabe finale RIVS, au début de la première ligne, est le reste d'un nom gentilice qu'il serait impossible de restituer si l'on ne savait par la copie d'Artaud que ce nom était Galerius. Faute d'avoir connu cette copie et d'avoir aperçu que les lettres CL qui viennent à la suite de ce débris de nom sont séparées l'une de l'autre par un point, on a proposé la lecture [Tibéjrius Cl(audius) Félix et cru pouvoir admettre comme certaine l'identification de notre défunt avec une des plus éminentes personnalités du premier temps de l'empire. Le Félix de notre fragment ne serait, d'après les Inscriptions antiques de Lyon, autre que le célèbre Félix cité par Suétone (CL, 28) comme un de ces opulents affranchis de Claude parvenus, grâce à la faiblesse du prince, au plus haut degré de la richesse et de la puissance ; les véritables gouvernants et les véritables maîtres à la place de l'empereur, lui, en réalité et par une ironique interversion des rôles, leur esclave. 11 était frère du fameux Pallas, le plus puissant de cet entourage d'affranchis redoutables, le ministre des finances de Claude, l'auteur de la fortune d'Agrippine et de Néron. Gouverneur de la Judée, Félix s'était, par sa rapacité, tellement fait haïr des Juifs qu'il n'échappa à une mise en accusation que par le crédit de ce frère omnipotent. Marié trois fois, il avait épousé trois reines. Sans doute ce fastueux et trois fois royal personnage, possesseur de richesses immenses, ne sera pas venu mourir obscurément à Lyon; la supposition que l'humble monument de Trion avec sa modeste épitaphe peut avoir été son tombeau est vraiment tout ce qu'il y a de plus inimaginable.

Notre affranchi, qui, d'ailleurs, s'appelait Galerius, non pas

Claitdius, n'a pas eu, il s'en faut de beaucoup, une destinée aussi haute ; la symétrie demandant que la première ligne ne soit pas terminée avec le mot Félix, tout au plus pourrait-on penser que peut-être il aurait été sévir augustal. Il devait avoir, comme son patron, le prénom de Caius. C'est sans doute à un affranchi qu'il a ordonné par une recommandation testamentaire l'érection de son tombeau ; la dernière ligne pourrait se lire : arbitratu Ga[nymedis), lib(erti) : « par les soins de Ganymède, son affranchi ». La belle forme des lettres, la formule arbitratu, nouvelle à Lyon, mais fréquente sur les inscriptions de Narbonne la plupart contemporaines d'Auguste, la circonstance que la pierre employée est celle de Seyssel abandonnée dès longtemps avant la fin du premier siècle, sont autant de témoignages qui s'accordent à ranger l'épitaphe de Galerius Félix parmi les inscriptions de Lyon les plus anciennes. Vraisemblablement le monument dont elle provient appartenait à cette rangée de grands tombeaux qui bordaient le côté gauche de la voie d'Aquitaine et dont les fouilles de Trion ont ramené à la lumière les plus rapprochés de la ville. Il était, paraît-il, de forme circulaire.

INSCRIPTIONS RELATIVES A DES GENS DE METIER NON ORGANISÉS EN CORPORATIONS

Nous avons vu au chapitre des Inscriptions municipales (ci-dessus,

II, pp. 437 et suiv.), des corporations de dendrophores, c'est-àdire de bûcherons en même temps prêtres de Cybèle, de fabri et de centenaires, formant toutes trois ensemble une association

publique de secours contre l'incendie, de négociants en vins, de bateliers du Rhône et de la Saône, de fabricants d'outrés, de fabricants de sayons, d'entrepreneurs de constructions et d'artistes stucateurs, de négociants dits Cisalpins et Transalpins, de marchands d'huile de la Bétique ; les inscriptions relatives à des métiers exercés isolément vont maintenant nous montrer des verriers, des argentiers, des forgerons, des fabricants de poterie, des graveurs de lettres, des brodeurs, des banquiers, des patrons de navires, des constructeurs de radeaux, des négociants, des marchands de blé, des marchands de farine, des marchands de comestibles, des marchands de saumures, des ordonnateurs de festins, des hôteliers, des marchands d'étoffes de laine, des marchands de toile, des fabricants de cosmétiques, des médecins, des femmes exerçant la médecine, des établissements de bains, des intendants de domaines ruraux, des gladiateurs; nous y ajouterons encore des étudiants.

Toutes ces professions, aussi bien celles qui étaient constituées en corporations que les autres, dénotent, comme déjà l'observation en a été faite, une population riche, dont les besoins ne se bornaient pas aux nécessités de la vie, mais étaient surtout ceux d'une existence raffinée et luxueuse.

Épitaphe d'un Africain de Carthage, artiste verrier.

Arcade I. — Cippe avec base et couronnement, incomplet en bas à droite; « découvert en 1757 chez les GÉNOVÉFA1NS » (Artaud), quartier SA1NT-1RÉNÉE ; entré au Musée avant 1816.

Les sigles D M, séparées par une ascia, occupent le bandeau de la corniche; lavant-dernière ligne est gravée au-dessous du dé sur la doucine de la base, la dernière sur la plinthe. — Hauteur o m. 90, du dé o m. 60, largeur o m. 44.

ET- MEMORIAE • AETERNE • IVL I- ALEXSADRI • NATION E-AFRI • CIVI CARTHAGINESI-OMINI-OPTIMO-OPIF 5 ICI-ARTIS-VITRIAE-QVI-VIX-ANOS-fcxv

MENSEN-V-DIES-XIII-SENE-VLIA LESIONE • ANIMI • C V M • COIVGE SVA • VIRGINIA • CVM • Q V A • V I X SIT • A N N I S • X X X X V I I I • EX- Q VA

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