‹ Inscriptions antiques (volume 2)Chapitre 12 sur 101 · CREAVIT • FILIO • 111 • ET EILIAM · texte numérisé non relu

CREAVIT • FILIO • 111 • ET EILIAM

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Artaud, Notice 1816, p. 28; Musée lapidaire, arcade XIX. — Millin, Voyage, I, p. 508. — De Boissieu, p. 427. — Comarmond, Description, p. 137, pi. 2; Notice, p. 48. — Spon, éd. 1857, p. 350. — Wilmanns, 2591. — Dissard, Catalogue, p. 123.

Dits Manibus et memoriae aeternae lulïi Alexsandri, natione Afri, civi Carthaginensi, homini optimo, opifici artis vitrine, qui vixit annos LXXV, menses V, dies XIII sine ulla laesione animi cum coujuge sua Virginia , cum qua vixsit annis XXXXVIU, ex qua creavit filios III et filiam, ex quibus bis omnibus nepotes vidit et eos superstites sibi reliquit. Hune tuuiulum pouendum curaverunt Numonia Bellia uxsor, et Iulius Alexsius filius , et Iulius Gallonius filius, et Numonia Belliosa filia, item nepotes ejus Iulius Au . . . us, Iulius Félix, Iulius Alexsander, Iulius Gallonius, Iulius Leoutius, Iulius Gallo...., Iulius Eonius, pupus Cyrio, et sub ascia dedicaveruni.

« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Julius Alex- « sander, africain de naissance, citoyen de Carthage, homme « excellent, artiste verrier, mort à l'âge de soixante-quinze ans, « cinq mois et treize jours, après quarante- huit ans de mariage <v en parfait accord avec sa femme, épousée vierge et dont il a eu « trois fils et une fille, qui tous lui ont donné des petits-enfants « qu'il a vus et laissés survivants. Ont élevé ce tombeau Numonia « Bellia sa femme, ses fils Julius Alexsius, Julius Félix, Julius « Gallonius et sa fille Julia Belliosa, et aussi ses petits-fils Julius « Au. ...us, Julius Félix, Julius Alexsander, Julius Gallonius, Julius

« Leontius, Julius Gallo Julius Eonius et l'enfant en bas âge

« Cyrio, et tous l'ont dédié sous Y ascia ».

L'industrie du verre est une de celles où les modernes sont restés très inférieurs aux anciens. L'Egypte paraît être le pays d'origine. Alexandrie, Tyr, Sidon, Carthage ont été, sous l'empire, les principaux centres de fabrication. Déjà du temps de Pline (XXVVI, 26), des verriers s'étaient établis en Gaule et en Espagne. Les nombreux échantillons recueillis à Trion suffiraient, à eux seuls, à donner une haute idée du degré de perfection atteint anciennement par ce bel art. Il s'y est rencontré non seulement des verres transparents unis ou côtelés: blancs, verts, bleus, jaunes, rouges, violets, mais encore des fragments variés de vases multicolores : veinés,

ondes, rubanés, zones; de vases blancs transparents feuilletés d'or; de vases avec ornements en blanc opaque sur fonds de couleur : blanc verdâtre, vert d'émeraude, vert de mer, jaune d'ambre, jaune sombre, bleu pâle, bleu foncé, violet clair, violet améthyste ; ou en jaune opaque sur fond vert de mer, vert tendre ou vert sombre. Des fragments imitent l'opale et l'onyx; d'autres sont opaques en blanc laiteux, en bleu turquoise, en bleu céladon, en bleu tendre, en jaune orangé et aussi en rouge pourpre, couleur que les moyens de l'art actuel sont impuissants à produire. Il en est de même d'un fragment d'une masse améthyste avec marbrures de rouge opaque et d'émail blanc (voir Trion, II, pp. 533 à 543).

L'épitaphe de l'artiste verrier Julius Alexsander, que nous supposons remonter au moins à la première moitié du troisième siècle, nous apprend que Lyon avait des fabriques de ces produits merveilleux. Nous ne savons pas s'il y a été l'importateur de son industrie, mais il est certain qu'elle a continué à y prospérer, puisqu'on voit dans Sidoine Apollinaire (Epist., II, 10) qu'une église, bâtie à Lyon au cinquième siècle en l'honneur des Macchabées, avait des fenêtres pourvues de vitraux de couleurs diverses.

Alexsander était africain de naissance et originaire de Carthage, c'est-à-dire de la colonie de citoyens romains, colonia Julia Junonia Carthago, fondée par Jules César sur l'emplacement de l'ancienne Carthage détruite depuis un siècle et demi par Scipion l'Africain. Aussi a-t-il donné à sa fille un surnom d'une forme toute africaine; elle s'appelait Belliosa du surnom de sa mère Bellia; des parents gaulois l'auraient appelée Belliola. La rareté du nom de sa femme ne permet pas de savoir si, comme son mari, elle était d'Afrique.

Les nombreuses incorrections de l'épitaphe, notamment artis vitriae pour artis vitrariae ou vitreariae ou vitriariae, mensen pour menses, sene ulia pour sine ulla,filio pour filios, e deos pour et eos, supestites pour superstites ne peuvent guère être imputées au graveur et donnent plutôt à penser que le rédacteur était lui-même un étranger peu familiarisé avec la langue latine.

Pupus ou pupa : « poupon, pouponne », était un terme dont on se servait en manière de prénom pour désigner un enfant en bas âge.

Epitaphe d'un argentier.

Arcade VI. — Petit cippe dont la base et le couronnement ont été brisés à fleur du dé; « tiré de la collection des GÉNOVÉFAINS » (Artaud); « trouvé à SAINT-IRÉNÉE en construisant le couvent « du Refuge Saint-Michel et apporté au Musée sous la mairie de « M. de Fargues » (Comarmond), c'est-à-dire de 1812 à 181 6. — Hauteur o m. 90, du dé o m. 60, largeur o m. 30.

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