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L'A et l'E de MEMORIAE et de AETERNAE au commencement du mot et à la fin, les deux N de ANN1S, l'V et le second A de IANVARINIA et de IANVAR1A, l'O et 1"R de MORTE liés en monogrammes.
Allmer et Dissard, Trion, p. 164. — Allmer. Revue èpigrapbique, II, p. 228.
Diis Manibus et memoriae aeternae Valerii Honorati, iuvenis optimi, qui vixit amiis XXIII, mense I, diebus XVI, natione Troiatiensis ; Ianiiarinia lanuaria, mater morte eitis orbata, filio pientissimo diilcissimoque posterisque suis ponendum curavit et sub ascia dedieavit.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Valerius <\ Honoratus, excellent jeune homme, né à Colonia Trajana, mort
« à l'âge de vingt-trois ans, un mois et seize jours; Januarinia « Januaria, sa mère, privée d'enfants par sa mort, a élevé ce « tombeau à son fils bien-aimé et à ses descendants et l'a dédié « sous Yascia ».
C'est simplement par suite d'une faute de gravure ou d'une corruption de langage que Valerius Honoratus, né à Colonia Trajana sur le Rhin, aujourd'hui Kellen, près Clèves (voir le numéro précédent), se trouve être transformé en un troyen d'Ilion ; il suffit pour le rendre à sa patrie véritable, de corriger Troiaiiensis en Traianensis.
Fils d'un ancien soldat de la légion XXXe cantonnée tout près de la colonie Trajane, il aura été amené à Lyon par son père lorsque, libéré du service, celui-ci, comme quantité d'autres vétérans des légions du bas Rhin, se sera retiré dans notre ville.
Sa mère se dit « privée d'enfants » par sa mort, et déclare cependant qu'elle destine le tombeau à ses «descendants»; mort à vingt-trois ans, peut-être était-il déjà marié et laissait-il de la postérité. La descendance pouvait être, en tout cas, représentée par des affranchis.
Épitaphe faisant mention d'un Trévère.
Arcade XXXI. — Petit cippe avec base et couronnement; « décou- « vert au commencement de ce siècle dans la rue SAINT-IRÉNÉE « où il servait de borne à la porte d'un cordonnier » (Comarmond); entré au Musée avant 1816. La figure d'une ascia occupe, entre les sigles D M de la première ligne, le milieu de la lysis qui
surmonte la corniche du couronnement. — Hauteur o m. 68, du dé o m. 34, largeur o m. 2).
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Artaud, Notice 18 16, p. 5; Musée lapidaire, arcade II. — De Boissieu, p. 519. — Comarmond, Description, p. 9; Notice, p. 4. — Monfalcon, Musée lapidaire, p. 2.
Diis Manibus et memoriae Aeliae Profutur ae, Aelii Profuturi filiae, quae vixit annis XVII (?), diebits XXV II ; Caius Vi..ius Ingéniais, civis Trever, coniugi dulcissimae ponendiim curavit et sub ascia dedicavit.
« Aux dieux Mânes et à la mémoire d'Aelia Profutura. fille « d'Aelius Profuturus, morte à l'âge de dix-sept (?) ans et vingt- « sept jours; Caius Vi..ius Ingenuus. de la cité de Trêves à son « épouse bien-aimée a élevé ce tombeau et l'a dédié sous Y ascia ».
Encore une épitaphe à joindre à celles précédemment vues que la présence du gentilice Aelius ne permet pas de reculer antérieurement aux premiers Antonins.
Aelia Profutura, fille d'Aelius Profuturus, portait sans change-
ment les nom et surnom de son père. Incomplet d'une seule lettre ou de deux lettres au plus, le nom de son mari est difficile à restituer; on a à choisir entre Vibius , Villius, Virius, Vireius, Vivius, Ulpius et autres encore.
Ce mari survivant de la jeune défunte était originaire de la cité des Trévères, cité dont le chef-lieu, colonia Augusta Treverontm, était dès le premier siècle une colonie de vétérans. Était-il pour cela citoyen romain? Il est avéré que Trêves fournissait non seulement au recrutement légionnaire, mais aussi au recrutement des troupes auxiliaires, composées, comme on sait, de non-citoyens. M. Mommsen, s'appuyant sur ce fait, émet, dans son Mémoire sur la Conscription, l'opinion que la colonie n'était peut-être que de droit latin et cite d'autres colonies d'origine militaire qui n'auraient eu aussi que la latinité. Nîmes, dont le droit latin n'est pas à mettre en doute, les colonies de Claude : Ara Agrippina, Celeia, Virunum, Savaria, la colonie de Trajan : Ulpia Trajana Sarmizegetusa, la colonie de Vespasien ou de l'un de ses fils : Pia Flavia Constans Emerita Aventicum, auraient toutes été dans ce même cas. M. Hirschfeld (Diffusion du droit latin dans l'empire romain, traduction de M. l'abbé Thédenat, 1885), conteste par des raisons qui paraissent péremptoires cette opinion. Des pérégrins peuvent être nés ou avoir été domiciliés dans des villes qui avaient le droit de cité romaine sans être eux-mêmes citoyens romains, ou bien encore ces villes ont pu être indiquées comme lieux de leur naissance ou de leur domicile préférablement à de petites bourgades de droit inférieur et de noms barbares inconnus qui en étaient plus ou moins voisines , et il termine sa démonstration, remarquablement savante et lumineuse, en concluant : « Que le droit latin est resté restreint aux provinces roma- « nisées en tout ou en partie, et qu'il n'a existé de commune « de droit latin ni dans les territoires d'occupation purement « militaire sur le Rhin et en Bretagne, ni dans les provinces « orientales de langue grecque ».
Cives pour civis est une faute conforme probablement à la prononciation vulgaire. Cette faute est des plus fréquentes sur les inscriptions de Bordeaux, où affluaient de nombreux étrangers des provinces du nord et notamment de Trêves. Aux portes même de Rome, les paysans du temps de Cicéron disaient vea pour via et avaient des imitateurs jusque parmi les sommités du barreau.
Epitaphe d'un Trévère.
Arcade XI. — Très grand bloc quadrangulaire, écorné à l'angle inférieur droit; « trouvé dans les fondations de l'église de VAISE » (De Boissieu); « en 1845 » (Comarmond). L'inscription était renfermée dans un encadrement de moulures. — Hauteur 1 m. 89, largeur 1 m. 30; hauteur de la partie encadrée 1 m. 42, largeur